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LE SS-FALLSCHIRMJAGER BATAILLON 500 | Yannis KADARI | en ligne depuis : Mai 2001 | © www.1939-45.org |
CONSTITUTION DU SS FALLSCHIRMJAGER BATAILLON 500 Avant le déclenchement des hostilités, en 1937, un premier embryon d'unité parachutiste SS avait été organisé. Un appel au volontariat avait permis de réunir un noyau dur de quelques dizaines d'hommes. Ils étaient majoritairement issus de la SS-Verfügungstruppe. Ce projet fut finalement reporté puis définitivement suspendu par Berlin en 1939... En 1943, le quartier général du Führer, qui a besoin d'une unité de parachutistes pour ses opérations spéciales, ordonne la constitution d'un bataillon SS ad hoc.
La moitié des effectifs du bataillon (1.000 hommes au total) est composée de SS volontaires. Le reste des hommes provient de camps disciplinaires, dont la prison militaire SS de Danzig-Matzkau, où ils purgent des peines de prison pour diverses raisons; parmi les chefs d'inculpation les plus courants, l'on trouve : l'insubordination, la désobéissance au feu, voies de fait envers ses supérieurs, etc. Les hommes coupables de peines mettant en cause le régime nazi lui-même ou ayant été coupables de marché noir sont quant à eux exclus de ce recrutement un peu spécial. En échange de leur incorporation dans le bataillon les détenus sont réintégrés à leur grade et bénéficient d'une annulation totale de leur peine. Contrairement à la légende qui l'entoure, le bataillon n'est donc pas une unité purement disciplinaire, uniquement composée de fortes têtes et de criminels. C'est en octobre 1943, à Chlum (Tchécoslovaquie), que le SS Fallschirmjäger Bataillon 500 (SS-Fj.Btl.500) est officiellement formé. L'unité est commandée par un ancien de la 10.SS-Panzer-Division "Frundsberg", le SS-Sturmbannführer Herbert Gilhofer. Elle se compose de quatre compagnies de combat et d'une compagnie de commandement. Dès le mois de novembre 1943, les hommes sont transférés en train jusqu'à la Luftwaffe Fallschirm-Schule Nr.3 de Mataruska-Banja, à proximité de Kraljevo en Serbie (Yougoslavie). Sur place, ils s'initient aux techniques du saut en parachute. L'entraînement physique auquel ils sont soumis est particulièrement éprouvant. Ainsi, les officiers multiplient-ils les marches forcées et les opérations en montagne afin de renforcer la cohésion du groupe. Janvier 1944 marque le départ du SS Fallschirmjäger Bataillon 500 pour la Hongrie où il ne restera que quelques semaines. Dès février, les parachutistes SS sont en effet engagés dans leur premier combat contre les partisans de Tito. Ils mènent une opération de ratissage (Bandenkampf) en Bosnie-Herzégovine en coopération avec d'autres troupes allemandes. De février à avril , les opérations contre les partisans communistes se succèdent à un rythme élevé, aussi bien en Serbie, au Monténégro, qu'en Macédoine ou encore en Bosnie. Néanmoins, dans ces missions, les SS ne sont utilisés que comme des fantassins d'élite et non pas comme des troupes aéroportées. Ils combattent notamment aux côtés des chasseurs de la 7. SS-Freiwilligen-Gebirgs-Division "Prinz Eugen". Fin avril 1944, le bataillon est retiré des premières lignes et regagne sa base. Herbert Gilhofer cède le commandement du bataillon au SS-Hauptsturmführer Kurt Rybka. Ce dernier reçoit bientôt ses ordres de Berlin. La prochaine mission du bataillon serait non seulement une opération aéroportée mais elle aurait un objectif très particulier : capturer ou bien éliminer un certain Josip Broz mieux connu sous le pseudonyme de "Tito" (1892-1980) !
OBJECTIF : ELIMINER TITO ! Car en ce début d'année 1944, Tito représente bel et bien un objectif prioritaire pour le commandement allemand dans les Balkans. Non seulement, ce leader communiste est parvenu à organiser et à constituer une redoutable armée de plus de 300.000 partisans baptisée NOVJ, mais en plus, il est officiellement reconnu par les nations alliées comme étant leur unique interlocuteur dans cette partie des Balkans. Anglais, Américains et Soviétiques (en 1944 pour ces derniers) ont même constitué des missions de liaisons permanentes auprès de Tito. Retranché de manière inexpugnable dans le coeur des montagnes yougoslaves, Tito mène depuis 1941 des opérations de plus ou moins grande envergure contre les forces d'occupation de l'Axe. Si les Allemands tiennent fermement les noeuds routiers et les agglomérations, il n'en va pas de même dans les zones rurales et les montagnes. Cette situation de lutte permanente, ce "jeu du chat et de la souris", est un réel problème pour la Wehrmacht qui se retrouve engluée dans une forme de lutte qu'elle ne maîtrise presque pas. La guerre contre les partisans draine de nombreuses forces et provoque une attrition rapide des troupes qui se battent contre les Yougoslaves. Les représailles des uns, succèdent aux représailles des autres, ce qui radicalise totalement le combat avec pour conséquence qu'en Yougoslavie, en 1944, personne ne fait plus de prisonniers... Les communistes entretiennent ainsi une guérilla implacable qui rend la vie des Allemands en Yougoslavie particulièrement difficile ! La topographie du terrain, la présence d'importantes montagnes, de ravins, ces grottes qui forment des abris précieux pour les partisans, ces pistes très étroites qui ralentissent la progression des colonnes motorisées allemandes, rendent la traque de Tito extrêmement délicate, voire presque impossible. D'autant plus délicate que le IIIe Reich doit faire face à l'Est contre les soviétiques, mais aussi en Italie contre les troupes des alliés occidentaux. La Wehrmacht, exsangue, n'a pas les moyens d'organiser une fois de plus, une vaste opération de nettoyage des Balkans. Seuls les montagnards de la 7. SS-Freiwilligen-Gebirgs-Division "Prinz Eugen" mise sur pied par Artur Phelps, assistés par quelques unités régulière et des volontaires serbes, albanais et bosniaques, poursuivent la traque de Tito. Malgré tout, vers la fin du mois de février 1944, un commando de Brandebourgeois, commandé par le major Benesch, est enfin parvenu à localiser le Q.G. de Tito à Drvar (Ouest de la Bosnie), petite ville encaissée au fond de la vallée de l'Unac. La nouvelle est de taille ! plusieurs plans pour éliminer Tito sont immédiatement imaginés, mais seule une opération aéroportée semble avoir une chance de réussir. Cette mission d'assaut, ce sont les hommes du SS-Fj.Btl.500 qui la mèneront.
OPERATION "ROSSELSPRUNG" - LES PREPARATIFS L'opération, baptisée "Rösselsprung", est prévue pour le 25 mai 1944, jour de la Pentecôte. Pour capturer le chef des partisans, l'état-major allemand imagine une vaste manoeuvre d'encerclement de la ville de Drvar et de ses environs immédiats. Plusieurs colonnes motorisées soutenues par la Luftwaffe devront cheminer depuis les centres urbains de Bihac, Livno, Jajce, Krupa, Bosan et Kulen puis se rabattre afin de converger vers Drvar. Ces troupes proviennent de plusieurs unités : les 7.SS-Freiwilligen-Gebirgs-Division et 1.Gebirgs-Division auront pour mission d'assiéger Drvar elle-même. Le dispositif prévoit aussi l'intervention de Kampfgruppen de la 373.Infanterie-Division (Kroat.) et de volontaires serbes, albanais et bosniaques. Afin de parer à une éventuelle fuite de Tito et de son état-major, les stratèges allemands décident de faire sauter le SS Fallschirmjäger Bataillon 500 sur le Q.G. des partisans yougoslaves. Cette opération représente donc pour le bataillon le premier assaut aéroporté en opération. La mission des paras SS est simple mais s'annonce très difficile. Ils devront capturer ou tuer Tito, détruire son Q.G. et éliminer les officiers de liaison britanniques, américains et soviétiques rattachés aux partisans yougoslaves. 654 parachutistes sont mobilisés pour la première vague de cette attaque surprise. Ils sont accompagnés par un commando d'une vingtaine d'hommes baptisé "Abteilung Savadil". Ce détachement, composé de Brandebourgeois, de spécialistes des transmissions et d'interprètes de la divisions SS "Prinz Eugen", aura pour mission de détruire les installations de transmissions ennemies et de s'emparer des codes radios secrets des hommes de Tito. A défaut d'éradiquer les partisans, les Allemands espèrent les décapiter et les priver de leur chef.
Néanmoins la Luftwaffe n'est plus ce qu'elle était en 1940 ou en 1941 aux temps des raids sur Eben-Emael ou sur la Crète. En ce début d'année 1944, les appareils de transport, les fameux trimoteurs Ju-52, font gravement défaut. 314 parachutistes devront sauter depuis les Ju-52, tandis qu'un autre groupe de 340 SS devra se poser en planeurs DFS 230. ces derniers seront fournis par les II/LLG1 et le III/LLG1 et seront tractés par des Ju-87, des Hs 126 et quelques Avia. Le bataillon parachutiste SS est divisé en plusieurs groupes tailles inégales. Les 340 hommes des planeurs sont divisés en six groupes : le plus important, le groupe "Panther", comprend 110 hommes. Ils auront pour mission de s'emparer de la "citadelle", de Tito et de ses officiers d'état-major. Trois groupes ("Greifer", "Sturmer" et "Brecher"), d'une cinquantaine de parachutistes SS devront parvenir à liquider les missions militaires alliées. Les commandos "Daufnanger" et "Beisser", fort de 50 Fallschirmjägers et renforcé par les éléments du "Abteilung Savadil", se voit quant à eux confier la mission de capturer les codes radios yougoslaves et de détruire les installations adverses. Quant aux 314 Fallschirmjägers qui sauteront, ils sont ventilés dans trois groupes : "bleu" (100 SS), "vert" (95 SS) et "rouge" (85 SS). C'est avec ce dernier groupe que le patron du SS Fallschirmjäger Bataillon 500, le SS-Hauptsturmführer Kurt Rybka, sautera. Quelles sont les consignes de ces Kampfgruppen ? Dans un premier temps, sécuriser les zones d'atterrissage des planeurs, puis dès l'arrivée de ces derniers décrocher pour aller encercler la bourgade de Drvar. L'objectif des parachutistes est de cadenasser la ville, de la couper de tout renfort potentiel en provenance de l'extérieur. Tito ne dois pas sortir vivant de Drvar ! De son côté, comment Tito et ses troupes se sont-ils organisés ? malgré les précautions prises par les Allemands, les partisans Yougoslaves se doutent de l'imminence d'un raid. S'ils ignorent même la présence du SS Fallschirmjäger Bataillon 500 dans le pays, et le risque induit par cette unité d'une attaque aéroportée, ils sont en alerte maximale. Plusieurs bombardements de la Luftwaffe sur Drvar, objectif par ailleurs stratégiquement insignifiant, ont attiré leur attention. Tito a fait renforcer sa garde rapprochée. De jeunes Yougoslaves, hommes et femmes, équipés d'armes automatiques et de grenades, veillent sur leur chef jour et nuit. Un bataillon d'infanterie, un bataillon du génie, un groupe de 150 élèves officiers et diverses troupes sont à Dvrar. Le leader communiste ne loge plus dans l'une des maisons de la bourgade, mais dans une baraque en bois édifiée à l'intérieur d'une grotte à même le flanc de la montagne. Son état-major et lui y sont à l'abri des appareils allemands. De nombreux postes de garde sont camouflés aux abords de la grotte et tout au long des chemins d'accès. Des mitrailleuses antiaériennes sont disposées dans les alentours. Les titistes ont aussi rameuté trois blindés légers Fiat Ansaldo L6/40 capturés pour prendre position dans Drvar. La cloche de l'église du village est démontée et installée dans la montagne afin de servir de signal d'alarme en cas d'attaque. Même les missions alliées ont été éloigné à Potoci (à l'Est de Drvar) par mesure de précaution. Au soir du 24 mai, seuls quatre correspondants de guerre alliés sont encore avec Tito. Comme l'on peut s'en rendre compte, les Yougoslaves sont prêts à "accueillir" les troupes allemandes. Du 21 au 24 mai, les parachutistes sont transportés en camions et en trains depuis leurs quartiers de Kraljevo et de Mataruska Banja. Ils partent rejoindre les terrains d'aviation de Zrenjanin, Banja Luka et Zagreb. Depuis plusieurs jours, ils ont reçu de strictes consignes de silence quant à leur future mission. Afin d'éviter toute indiscrétion, les équipements de saut (casques, parachutes, etc.) sont soigneusement camouflés. Toutes les précautions sont prises pour que les espions titistes ne se doutent de rien et ne puissent pas identifier les Fallschirmjägers. Même les insignes de l'unité ont disparu des uniformes !
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