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LE SS-FALLSCHIRMJAGER BATAILLON 500 | Yannis KADARI | en ligne depuis : Mai 2001 | © www.1939-45.org |
OPERATION "ROSSELSPRUNG" - JOUR J - Tandis que les convois routiers allemands s'ébranlent dans la nuit pour converger vers Drvar, les Fallschirmjägers SS embarquent à bord des Ju-52 et des planeurs d'assaut. A 05h00, la luftwaffe lance un raid sur Drvar et ses environs. A 06h50, les premiers parachutistes SS sautent sur l'objectif. Pour réduire les pertes du fait des tirs des défenseurs, les paras sautent à très basse altitude et leur descente vers le sol ne dure qu'une quinzaine de secondes. Le SS-Hauptsturmführer Kurt Rybka fait partie des premiers hommes à se poser. Tout se passe très vite, les SS qui ne rencontrent aucune réelle résistance sécurisent rapidement les zones d'atterrissage des planeurs.
Cependant pour ces derniers, les choses se passent nettement moins bien. Si la majorité des planeurs d'assaut se posent dans un champs à proximité de la zone de saut des paras, ils sont aussi nombreux avoir été pris sous le feu des mitrailleuses lourdes des partisans. Plusieurs officiers, sous-officiers et hommes du rang sont tués, d'autres agonisent dans les carcasses des planeurs détruits. L'évacuation des planeurs se fait dans l'ordre, mais sous un feu toujours croissant de la part des partisans. Les Fallschirmjägers ne peuvent que riposter qu'avec leurs armes automatiques, mais manquent cruellement d'armes lourdes pour faire taire les nids de résistance adverse. Rybka organise sa défense comme il le peut. Le PC du bataillon est installé dans l'épave d'un DFS 230. A 09h00, Drvar tombe enfin entre les mains des Allemands. Reste encore à capturer Josip Broz (Tito). Le SS-Hauptsturmführer décide malgré le feu d'enfer des partisans de prendre la grotte où Tito est en théorie installé. L'assaut tourne immédiatement au carnage... Les partisans bien retranchés bénéficient de lignes de tir idéales et "alignent" les paras qui cherchent en vain à s'approcher de l'entrée de la grotte. Cloués au sol, les SS doivent en plus affronter une contre-attaque menée sur leurs flancs par des élèves officiers titistes. La situation des hommes du SS-Fj.Btl.500 vire au cauchemar. Rybka, relance un second assaut tout aussi infructueux que le premier mais tout aussi sanglant. Les renforts de partisans arrivent de tous les côtés. L'attaque éclaire est un échec ! Pire, en ce début de matinée, personne chez les SS, ne sait si Tito est encore présent dans la grotte ! plusieurs sources se contredisent à ce sujet : pour certains Tito se serait enfuit dès l'arrivée des premiers paras SS, c'est à dire aux alentours de 07h00. D'aucuns affirment qu'il serait parti bien plus tôt, en pleine nuit et d'autres encore qu'il se serait échappé juste après le premier assaut de la grotte mené par les SS. Une chose est sure, Tito venait une fois de plus de s'échapper "au nez et à la barbe" des Allemands. Lui et son staff auraient emprunté un tunnel secret conduisant au sommet de la montagne. De là, il aurait rejoint une ligne de chemin de fer puis l'aérodrome de Kupresko Polje où un appareil soviétique l'aurait conduit à Bari en Italie. A aucun moment les stratèges allemands n'avaient prévu de couvrir tous les éventuels chemins de repli de Tito... Sur le terrain, la situation des SS apparaît très critique. Les pertes s'accroissent d'heure en heure, des dizaines de blessés attendent d'hypothétiques soins. De toutes les façons, leurs camarades sont dans l'impossibilité de leur prodiguer ces soins sous un feu si nourri. Pis, les partisans de la brigade "Lika" et du "corps dalmate" sont en train de gagner du terrain. Ils libèrent les abords de la grotte de Tito et commencent à repousser en force les Allemands. Le SS-Hauptsturmführer Rybka espère l'arrivée de la seconde vague de paras. Il scrute le ciel avec inquiétude à la recherche des Ju-52. Enfin, à 11h50, 200 nouveaux paras SS, menés par le SS-Hauptsturmführer Obermeier, sautent sur le chaudron de Drvar. Les SS subissent de lourdes pertes au cours de leur descente et surtout dès leur arrivée au sol. Ils sont immédiatement pris à partie par les mitrailleuses adverses. Dans les cieux les Stukas de la Luftwaffe cherchent à appuyer au mieux les Fallschirmjägers et pilonnent les positions yougoslaves de la 1ère brigade prolétarienne... mais rien n'y fait, habilement camouflés dans les roches et les grottes, les partisans resurgissent inlassablement dès que la fumée des explosions des bombes des Ju-87 disparaît. Pour ne rien arranger les munitions des hommes du SS-Fj.Btl.500 commencent à s'épuiser et il leur est impossible de pouvoir repartir vers les épaves des planeurs pour y prendre de nouveaux chargeurs. Rybka, conscient du drame qui est en train de se jouer pour ses hommes, prend la décision de tenter le tout pour le tout. Il ordonne un nouvel assaut afin de s'emparer de la grotte qui abrite le Q.G. de Tito. Il mène lui-même l'attaque, les paras sortent de leurs abris comme des diables de leurs boites, les hommes courent puis zigzaguent pour éviter les balles yougoslaves. Plusieurs Fallschirmjägers s'effondrent, touchés à mort, tandis que les autres, Rybka en tête, atteignent les premières lignes des partisans. Les combattants se livrent à de sanglants corps à corps. Parmi les partisans de nombreuses jeunes femmes qui se battent avec acharnement et violence pour protéger leurs positions. Au cours de l'un d'eux, Rybka est gravement touché par des éclats de grenade. Les paras entrent enfin dans la grotte de Tito... Elle est vide ! Les "diables verts" ne peuvent que mettre la main sur l'un des uniformes tout neuf du "maréchal" Tito. Avant de quitte les lieux, les officiers d'état-major titistes ont tout emporté avec eux ou presque. Rybka, blessé, est ramené dans les "positions" allemandes. Les troupes titistes multiplient les contre-attaques et forcent les SS à retraiter vers la vallée, près de Drvar. Le SS-Hauptsturmführer Bentrup prend alors la tête du bataillon, ou du moins de ce qu'il en reste. Les SS décrochent vers la ville qui offrent de nombreux abris. Les blessés sont transportés tant bien que mal. Les restes du bataillon se regroupent au cimetière pour organiser la défense. Après tout le pire est derrière eux, car il est prévu que les grenadiers du Kampfgruppe "Willan" de la 373.Infanterie-Division (Kroat.) les relèvent en fin de journée. Mais au crépuscule, toujours rien ou presque. A la demande de Bentrup, un appareil léger Fieseler Storch se pose pour embarquer et évacuer Rybka dont l'état de santé se dégrade. Il restera en convalescence à l'hôpital SS de Prague pendant de longues semaines. Mais revenons à Drvar où personne parmi les SS ne sait que les Yougoslaves ont totalement encerclé la région et ralentissent par des embuscades à répétition la progression des colonnes motorisées allemandes. Les partisans lancent assaut sur assaut sur le cimetière. Ils mettent en batterie plusieurs mortiers et harcèlent en permanence les Fallschirmjägers. Même les habitants de Drvar sont mobilisés pour participer à la curée. La position est jugée intenable; les SS parviennent in extremis à briser leur encerclement et à progresser jusqu'à la grande Scierie à la périphérie de la petite bourgade. Une fois de plus, en pleine nuit, ils s'organisent pour tenir. Les blessés en état de se battre prennent position aux côtés des hommes valides. Les armes sont vérifiées, les munitions comptées, les dernière cigarettes fumées. D'ici quelques minutes les Yougoslaves de la 1ère brigade prolétarienne repasseront à l'attaque, encore et encore. La nuit est terrible. Au petit matin, le 26, les SS sont enfin rejoints par le bataillon de reconnaissance de la 7.SS-Freiwilligen-Gebirgs-Division "Prinz Eugen". Si le Quartier Général allemand pavoise dans son communiqué de presse, en annonçant la destruction du PC de Tito et des pertes yougoslaves supérieures à 6.000 hommes, il oublie de dire que le SS Fallschirmjäger Bataillon 500 ne compte plus que 200 survivants sur les 1.000 paras engagés. Les SS, délivrés des assauts des Yougoslaves, retournent examiner la grotte de Tito. En plus de l'uniforme trouvé la veille, ils u découvrent une jeep et de nombreux tracts de propagande appelant la population yougoslave à se révolter contre le IIIe Reich...
LES PARAS SS ENGAGES A L'EST
Pour les 200 survivants de l'opération "Rösselsprung", il n'est pas question de permissions et détente. Ils sont presque à nouveau immédiatement engagés dans la traque des partisans de Tito, notamment dans la région de Petrovac pour y la 26e division de la NOVJ. En juin 1944, le SS Fallschirmjäger Bataillon 500 est retiré des premières lignes et rejoint ses quartiers de Ljubljana. En cours de réorganisation et malgré les renforts, il ne compte plus que 292 hommes, officiers compris. Le bataillon est désormais commandé par le SS-Hauptsturmführer Siegfried Milius. Fin juin, les Fallschirmjägers SS traversent l'Europe pour rejoindre les rives de la mer Baltique. Berlin compte confier aux paras une nouvelle mission spéciale : sauter sur l'île d'Aaland afin de la protéger de l'avance soviétique. Mais l'assaut aéroporté est annulé. Le SS-Fj.Btl.500, qui a reçu quelques volontaires, part alors pour l'Estonie, puis pour Kaunas en Lituanie, où il est mis à la disposition du Groupe d'Armées Centre. L'unité est amalgamée dans un Kampfgruppe avec les restes du I./Panzer-Regiment Grossdeutschland et d'autres troupes. Le Kampfgruppe a pour mission d'assister les troupes allemandes en passe d'être encerclées par l'Armée Rouge dans les ruines de Vilnius. Pendant deux semaines, les paras SS s'opposent aux T-34 russes qui cherchent à conquérir la capitale lituanienne. Un "couloir" est ainsi maintenu ouvert, permettant l'évacuation des blessés et le ravitaillement des défenseurs de la cité. Après la bataille de Vilnius, le bataillon est chargé de ralentir l'avance des divisions soviétiques des 11ème et 33ème armées de la Garde. Les Fallschirmjägers se battent pendant le mois d'août 1944 aux côtés d'éléments éparses de la 7.Panzer-Division et des restes de plusieurs Infanterie-Divisionen. En octobre le bataillon est rattaché au célèbre Grossdeutschland Panzer Korps. Les paras SS ne sont même plus une centaine ! Pendant le mois de novembre, les survivants sont rappelés dans le Grand Reich, en Autriche, pour devenir le noyau dur d'une nouvelle unité : le SS Fallschirmjäger Bataillon 600. Il s'agit en fait d'amalgamer les survivants du 500 avec de nouveaux volontaires. Parmi ces hommes, on ne compte plus de repris de justice. Le bataillon perd son statut d'unité "disciplinaire". L'entraînement est principalement basé sur la lutte antichars et les opérations commandos. Le nouveau bataillon n'est plus une réelle unité parachutiste. Elle dépend désormais du spécialiste SS des "coups tordus", le SS-Sturmbannführer Otto Skorzeny. C'est lui qui engage deux compagnies du SS Fallschirmjäger Bataillon 600 au sein de la célèbre 150 Panzer-Brigade dans le cadre de l'opération "Greif" pendant la bataille des Ardennes. Les paras SS En 1945, les 1.000 hommes du SS Fallschirmjäger Bataillon 600 partent vers l'Est. De nouvelles recrues provenant de la Wehrmacht et de la Kriegsmarine renforcent l'unité. La nouvelle mission confiée aux paras SS tient en quelques mots : ralentir coute que coute l'avance des Sovietiques. Le bataillon se bat sur le front de l'Oder près de Schwedt. Le premier avril 1945, les débris du SS Fallschirmjäger Bataillon 600 retraitent vers le Nord de l'Allemagne, où ils poursuivent le combat contre les alliés occidentaux. La capitulation du IIIe Reich met fin à leur lutte. Les rares survivants parviennent à se faire capturer par les troupes de l'US Army.
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