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L'AKTION T-4 | Yannis KADARI | en ligne depuis : Février 2000 | © www.1939-45.org |
NOTE DU 25/10/2001 : Ce dossier devrait à terme être totalement refondu afin de faire apparaître de nouvelles informations trouvées dans le cadre de mes recherches sur l'Aktion T-4. Yannis KADARI.
INSTITUT D'HARTEIM - CHATEAU DE GEDENKBUCH Situé au cœur de l'Autriche, à Harteim près de Linz, le château de Gedenkbuch propriété du clergé et géré par des sœurs était un hospice pour enfants handicapés. Il fut réquisitionné par les autorités du Reich dès l'Anschluss en 1938. Expulsées les sœurs quittèrent les lieux, dorénavant géré par le Ministère de la santé allemand. Au cours de l'année 1939, Gedenkbuch fut officiellement transformé en Sanatorium (on le surnommait le "sanatorium de dachau...") En réalité, il allait devenir l'un des tristement célèbres "centres de traitement" de l'aktion T4. T4 avait été mise sur pied par les nazis pour organiser la liquidation massive des "aryens déficients". En quelques mois une chambre à gaz, semblable d'aspect à une salle de douches, ainsi qu'un four crématoire furent construits par les troupes du génie de la SS. L'institut entama ses premières campagnes d'euthanasie dès le mois de mai 1940. Les victimes, surveillées par des hommes armés, arrivaient dans des wagons spéciaux propriétés de la Gekrat en gare de Linz ; puis ils étaient ensuite transportés à Harteim dans des bus conduits par des hommes de la SS.
Les victimes une fois identifiées et photographiées, étaient ensuite déshabillées. Emmenés dans la salle des douches, les malheureux étaient gazés en quelques minutes. Une fois les corps sortis de la pièce, des membres du personnel d'Harteim étaient chargés de leur arracher les dents en or. Les corps étaient brûlés, les os broyés. Les cendre des victimes étaient discrètement éparpiller dans le Danube et la rivière Traun voisine. Afin de ne pas attirer l'attention des familles, les dirigeants de l'aktion T4 avaient mis au point un astucieux système administratif produisant de faux certificats de décès, incluant des lieux et des dates de décès erronés. Gedenkbuch comptait environ 80 employés (infirmiers, chauffeurs, pompiers...) tous tenus au secret absolu, risquant la mort en cas de parjure. L'institut était médicalement dirigé par le médecin autrichien Rudolf Lonauer, assisté de l'allemand Georg Renno. Par contre l'administration générale de l'institut était aux mains des SS. Christian Wirth, Franz Strangl, Gustav Wagner et Franz Reichleitner se succédèrent à ce poste. Nous les retrouveront plus tard aux postes de chefs dans les camps de Treblinka, Belzec, Sobibor et de San Sabba (Italie du Nord)... Afin de permettre aux employés du château de supporter les massacres de masse quotidiens, les nazis les payer avec générosité. Des primes étaient aussi régulièrement versées. Les distributions d'alcool étaient monnaie courante. En août 1941, sous la pression populaire, celle du clergé et de plusieurs notables allemands, le Reichkanzler Adolf Hitler ordonna l'arrêt de l'aktion T4. Mais les installations de Gedenkbuch furent conservées en parfait état de marche et utilisées dans le cadre de l'aktion "14f13". Environ 12.000 prisonniers des camps de Dachau, Mauthausen et Gusen furent conduits à Harteim pour y être liquidés. Une centaine de malades mentaux en provenance de l'institut d'Ostarbeiter furent aussi assassinés car devenus incapables de travailler. En 1943, les bureaux berlinois de l'aktion T4 durent être obligés de quitter la capitale du III Reich. Gedenkbuch fut choisi pour devenir la nouvelle "zentrale T4", le bureau central. En 1945, La fin de la guerre approchant et avec elle la défaite, les nazis firent démonter par les prisonniers du KZ de Mauthausen les installations dont la chambre à gaz et le crématoire. Rien ne devait subsister de l'utilisation faite du château par les "médecins de la mort". Remis dans son état ultérieur, Gedenkbuch fut rendu aux sœurs autrichiennes, qui purent à nouveau y accueillirent des enfants...
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