L'AUTRICHE ET LE IIIe REICH - L'ANSCHLUSS

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RAPPEL SUR LA SITUATION

Suite à l'échec du coup d'Etat de juillet 1934 qui s'était soldé par l'assassinat du Chancelier Autrichien Dolfuss, le Führer a temporairement suspendu son projet de conquête de l'Autriche et entamé avec elle une politique de rapprochement destinée à endormir la méfiance des opposants du gouvernement de Vienne. Le 11 juillet 1936 est conclu un protocole austro-allemand par lequel : "Les gouvernements du Reich allemand et de l'Etat fédéral autrichien ont décidé de rendre à leurs relations une forme normale et amicale. Ils ont déclaré à cette occasion :

  • 1/ Dans l'esprit des déclarations faites par le Führer et Chancelier du Reich le 21 mai 1935, le gouvernement du Reich allemand reconnaît la pleine et entière souveraineté de l'Etat Autrichien.
  • 2/ Chacun des deux gouvernements considère le régime politique intérieur existant dans l'autre pays, y compris la question du National-Socialisme Autrichien, comme une affaire intérieure sur laquelle il n'exercera aucune influence, ni directement, ni indirectement.
  • 3/ La politique du gouvernement fédéral Autrichien, vis-à-vis du Reich allemand, s'inspirera toujours, en général comme en particulier, de l'idée fondamentale que l'Autriche se considère comme un Etat allemand. "

 

1934-1938... LE TRAVAIL DE SAPE

La contrepartie ? Le gouvernement autrichien dirigé par Kurt Schuschnigg s'est engagé à accorder l'amnistie politique aux "personnalités politiques jouissant de la confiance personnelle du Chancelier allemand". De sorte que Schuschnigg consent à nommer Arthur Seyss-Inquart, le chef des nazis autrichiens, Secrétaire d'Etat. Le loup dans la bergerie... En effet, le Reich mène un insidieux travail de sape de l'Etat autrichien. Alors que les Chemises Brunes autrichiennes montent des attentats (avec du matériel envoyé par les services secrets nazis), s'attaquent aux magasins juifs, troublent l'ordre public, tout en scandant des "Heil Hitler !" et "A bas Schuschnigg !", l'envoyé spécial du Reich à Vienne, Franz Von Papen, joue à la fois le rôle de sondeur et d'espion, recommandant dans un rapport de 1936 adressé au Führer d'exercer "une pression des plus violentes" sur le Chancelier autrichien.

Fin 1937, Hitler estime l'occasion favorable pour agir. Contrairement à la situation de 1934, l'Italie, qui avait sauvé le régime autrichien lors de l'assassinat de Dolfuss, n'est pas hostile aux visées allemandes. La guerre d'Espagne mobilise les attentions de la Grande-Bretagne et de la France. L'annexion de l'Autriche permettra à l'Allemagne de résoudre certaines de ses difficultés économiques, par exemple le manque de main d'œuvre. De plus, la Tchécoslovaquie sera prise à revers, ce qui présente un intérêt évident puisque Hitler a décidé de lui régler son compte le plus tôt possible.

- LES PRINCIPAUX ACTEURS DU DRAME AUTRICHIEN -
DE G. A D. : DOLFUSS - SCHUSCHNIGG - SEYS-INQUART - HITLER
Crédit Photo : Inconnu - DR -

 

12 FEVRIER 1938 : CHANTAGE ET INTIMIDATION

Le 12 février 1938, sur l'invitation de Von Papen, Schuschnigg part pour Berchtesgaden, la résidence secondaire de Hitler installée dans les Alpes afin de discuter des "malentendus et les points de friction qui subsistaient" depuis la signature du protocole de 1936. En vérité, c'est à une véritable séance de torture verbale que le Chancelier autrichien va être soumis. Le Führer, pour intimider le Chancelier, a fait venir le général Keitel, nouveau chef de l'Etat-Major Suprême depuis la démission forcée de Von Blomberg le même mois, ainsi que les généraux Von Reichenau et Sperrle, commandants respectifs de l'armée de terre et l'aviation pour la région Sud. Une fois dans le bureau du Chef d'Etat allemand, Schuschnigg croit bon de détendre l'atmosphère en évoquant le magnifique paysage qui entoure le Berghof . Réplique immédiate de son interlocuteur nazi : "Nous ne sommes pas ici pour admirer le panorama ou parler du temps qu'il fait." Et Hitler, à la consternation de Schuschnigg, de lui formuler un véritable ultimatum : l'Autriche doit aligner sa politique étrangère sur celle de l'Allemagne, le chef de l'état major autrichien, le général antinazi Jansa, doit démissionner, et surtout lui, Schuschnigg, doit confier les pouvoirs de sécurité et de police à Seyss-Inquart. Pris au piège, Schuschnigg cède. Hitler n'a-t-il pas menacé son pays d'une invasion militaire ? Vienne n'est pas en état d'imposer ses vues. Le 16 février, la nomination de Seyss-Inquart est rendue publique. Le nouveau Ministre part immédiatement pour Berlin pour y recevoir ses instructions...

 

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