L'AUTRICHE ET LE IIIe REICH - L'ANSCHLUSS

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FEVRIER MARS 1938... L'AGONIE

La première phase est remplie. Hitler décide d'aller plus loin. A cet effet, les manoeuvres militaires se multiplient à la frontière austro-allemande. Le 20 février, Hitler tient un discours incendiaire au Reichstag : "Plus de dix millions d'Allemands vivent dans deux Etats qui ont une frontière commune avec nous. Il est un point sur lequel je ne veux laisser subsister aucun doute : la séparation politique d'avec le Reich ne saurait impliquer la privation de droits - c'est-à-dire les droits généraux de l'autodétermination. Pour une puissance mondiale, il est intolérable de savoir qu'à ses côtés des frères de race subissent à chaque instant les plus cruelles souffrances parce qu'ils se sentent solidaires de la nation toute entière, en union avec elle, avec sa destinée, avec son Weltanschauung. C'est au Reich allemand de protéger les peuples germaniques qui ne sont pas en mesure d'assurer, par leur propre effort, le long de nos frontières, leur liberté politique et spirituelle."

Auto-détermination, nationalisme, pangermanisme : le discours est hypocrite mais révélateur des intentions du Führer. Et en Autriche, les troubles fomentés par les nazis se multiplient. A Graz, le 24 février, une foule de 20.000 sympathisants nationaux-socialistes s'est emparée de l'Hôtel de Ville et y a hissé le drapeau à croix gammée. La police, dirigée par Seyss-Inquart et de ce fait infiltrée par les hitlériens, laisse faire.

Un peuple, une nation, un chef...
Crédit Photo : L'Illustration. Coll. YK.

LA LIQUIDATION : 11 MARS 1938

Schuschnigg est incapable de résoudre la situation. Il se décide à jouer sa dernière carte : le 09 mars, il annonce un plébiscite sur l'union austro-allemande prévu dans quatre jours. Hitler, averti par un émissaire du parti nazi autrichien, décide de le prendre de vitesse. Le 10, il déclare à son Etat-Major : "J'ai décidé d'en finir un fois pour toute avec le problème autrichien. Veuillez me soumettre vos propositions pour l'invasion de l'Autriche, au cas où cette opération deviendrait inévitable."

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L'opération "Otto" est organisée en catastrophe. Le 11 mars, le général Von Manstein passe cinq heures à élaborer les plans d'invasion, et l'ordre n'est transmis qu'à 18h30. Hitler a en outre dépêché le Prince Philippe de Hesse à Rome pour avertir Mussolini, tout en lui mentant sciemment en faisant valoir que l'Autriche sombre dans l'anarchie et que Vienne et Prague complotent le retour des Habsbourg... Dans la même journée, Göring multiplie les coups de téléphone à Vienne en vue de coordonner les efforts des conspirateurs nazis locaux, tels Seyss-Inquart, en vue de prendre le pouvoir. A midi, Schuschnigg reçoit une lettre de ce dernier lui demandant une réponse favorable dans l'heure qui suit sur l'organisation d'un plébiscite par les nazis. Dans la rue, la foule manifeste de plus en plus bruyamment ses sentiments pro-allemands. Devant l'effondrement des institutions, Schuschhigg se résigne à démissionner. A 23h14, les Autrichiens apprennent à la radio que Seyss-Inquart a été nommé Chancelier fédéral. Deux heures et demie plus tôt, Hitler a ordonné à la Wehrmacht d'entrer en Autriche le lendemain. Surtout, à 22h25, il a reçu un coup de téléphone... de Rome.

Quelques minutes plus tard, Hitler apprend que la Grande-Bretagne a lâché Schuschnigg à son tour. La France, privée de gouvernement, a bien tenté de former une "opposition résolue" avec l'Angleterre, mais le Ministre britannique des Affaires Etrangères, Lord Halifax, a fait savoir le 25 février que la Grande-Bretagne ne saurait soutenir militairement Schuschnigg... Paris, abandonné par Londres puis Rome, renonce à protester.

 

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