![]() LE BRESIL EN GUERRE | Yannis KADARI | en ligne depuis : Mai 2001 | © www.1939-45.org |
LA 1° DIVISAO DE INFANTERIA EXPEDICIONARIA EN ITALIE : 1944-45 Ainsi le 6e I.R. arrive-t'il dans le Sud de l'Italie en juillet. Les hommes, dont de nombreux descendants d'immigrants italiens, sont laissés à l'arrière afin de s'habituer à la vie à proximité du front. Les journées s'écoulent au rythme des exercices et des manoeuvres. Les Brésiliens s'intègrent assez bien dans le dispositif américain et sont difficilement reconnaissables au milieu des colonnes de l'US Army. En août, le régiment fait mouvement pour rejoindre la vallée de l'Arno, où les Brésiliens multiplient les missions d'éclairage le long de la ligne de front. De nuit, de petits groupes dépassent les lignes alliées pour s'infiltrer dans le secteur allemand. RAS, hormis quelques petits accrochages nocturnes sans réelles conséquences. Le 15 septembre 1944, les fantassins du 6e I.R. reçoivent l'ordre de reconnaître le village de Massarossa. Les soldats brésiliens passent à l'action, mais lors de l'approche finale, à quelques centaines de mètres du bourg, ils sont accrochés par des Grenadiere allemands. Les violents combats qui s'ensuivent tournent à l'avantage des Brésiliens qui s'emparent de la localité. Pour leur baptême du feu, les hommes du 6 I.R. enregistrent leurs premières pertes. Dans la foulée, ils libèrent les bourgs de Bozzano et de Monte Prano. Néanmoins la situation des alliés n'est pas idéale. L'état-major prend la décision de percer la ligne de défense allemande baptisée "ligne gothique" avant l'hiver. Le IV US Army Corps, auquel est rattaché le régiment brésilien manoeuvre pour se préparer à l'assaut. Le 28 octobre, les Brésiliens attaquent les positions allemandes près de Castelnuovo di Garfagnana. La résistance allemande faiblit et le village de Sommocolonia tombe entre les mains du 6e I.R. Les Brésiliens doivent faire face à une contre-attaque de soldats italiens de la RSI, mais parviennent non seulement à tenir mais à reconquérir de nouvelles positions qui se transforment bientôt en un nouvel enfer. Quatre compagnies brésiliennes subissent un bombardement de mortiers tout au long de la matinée du 31 octobre. En début d'après midi, les hommes, isolés, à court de munitions, doivent faire face à une série de contre attaques allemandes ! on en vient bientôt au combat au corps à corps. En fin de journée les Brésiliens profitent de la pénombre pour décrocher puis se replier et regagner leur ligne. Le 6° I.R. se taille ainsi la réputation d'un régiment de valeur, dont les hommes deviennent des spécialistes des coups de mains. Les décorations étrangères ne tardent pas à fleurir sur les poitrines de ces valeureux soldats. Même les Allemands leurs rendent hommage à leur manière en programmant une émission quotidienne de propagande en portugais !
Début novembre, le régiment "Sampaio", le 11e I.R. et deux bataillons d'artillerie arrivent à leur tour au front. La 1° Divisão de Infantaria Expedicionária, enfin complète, est postée au Sud de Bologne. Elle est cantonnée en haute altitude, dans les montagnes. Les Brésiliens souffrent terriblement du froid et de la neige. De mémoire de montagnards, l'hiver 1944-45 fut particulièrement rude. Les cas de gelures se multiplient, les infirmeries ne désemplissent plus, ce qui n'empêche pas la division de monter à l'assaut des positions adverses à Monte Castello et Monte Belvedere. Les opérations succèdent aux opérations sans grand succès... Le moral est au plus bas. L'attaque du 29 novembre 1944 tourne au bain de sang... le général Mascarenhas de Moraes, ne tenant pas compte de l'avis unanime de ses aides de camp, insiste pour que ses hommes mènent une approche frontale des positions lourdement défendues par les Allemands. Malgré une météo affreuse et donc un manque de soutien aérien, Mascarenhas de Moraes confirme l'offensive au petit matin. Les troupes d'assaut partent de la plaine, puis gravissent les flancs escarpés du Monte Castello. Les Brésiliens se font décimer par les MG 42, les tirs tendus des canons légers de la Flak et les mortiers ennemis. Plus de 300 hommes de la 1ère compagnie du III bataillon - composant la premier vague d'assaut - se font tués sans parvenir à gagner le moindre mètre de terrain. L'attaque est un échec total et se transforme rapidement en bain de sang ! les troupes du IIIe Reich occupent toujours leurs positions. Une nouvelle tentative le 12 décembre 44 se solde elle-aussi par un carnage. En janvier 1945, la 1° Divisão de Infantaria Expedicionária reçoit pour mission d'appuyer la 10th US Mountain Division du général George P. Hays. Cette dernière est une nouvelle venue sur le front italien. C'est en fait la seule division d'infanterie de montagne de l'armée américaine. Américains et Brésiliens doivent à nouveau tenter de percer les défenses allemandes à Monte Castello et Monte Belvedere. C'est enfin chose faite à la fin du mois de février 1945. Après de pénibles et sanglants combats, les Brésiliens parviennent enfin à chasser les Grenadiere de la 232. I.D. du général von Gablenz et à s'emparer de Monte Castello. La division allemande ne compte plus que 2.600 hommes, ce qui en dit long sur la dureté des combats. Au Brésil, la nouvelle est accueillie avec une joie immense. Orchestrée par la propagande de Vargas, une campagne d'information radiodiffusée tenait en haleine les Brésiliens qui suivaient jours après jour les exploits de la 1° DIE à Monte Castello.
L'unité chemine ensuite vers la vallée du Pô où elle est engagée notamment à Montese. La prise de la ville coûte plus de 400 hommes à la division qui se rattrape quelques temps plus tard en capturant un important détachement de la 148. I.D. ainsi que les restes de la célèbre 90. Panzer-Grenadier-Division et de la division de la RSI "Italia Bersaglieri". En 24 heures, les Brésiliens font 13.500 prisonniers ! Le 01 mai 1945, la 1° DIE fait sa jonction avec la 92nd Infantry Division à Alessandria, à quelques kilomètres au Sud-est de Milan. Le lendemain, le Quartier Général allemand annonce un cessez-le feu général dans toute l'Italie du Nord, prémisse à la capitulation sans conditions. La mission des Brésiliens en Europe est terminée... Dans les semaines suivantes, ils embarquent à bord de troopships pour rentrer au pays. La 1° DIE défile au complet devant le président Vargas. Elle ramène avec elle une conception moderne de la guerre qui profitera dans les années suivantes à l'armée brésilienne. Paradoxalement, le retour triomphal de la division représente aussi le début de la fin pour le dictateur. Vargas, en envoyant les fils du Brésil se battre pour la liberté et contre les régimes totalitaires allemand et fasciste, venait d'offrir au pays un espoir d'obtenir la démocratie et d'en finir avec lui !
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