![]() LA NAISSANCE DE L'ARMEE DE L'AIR BRESILIENNE | C-J EHRENGARDT | en ligne depuis : Mai 2001 | © Aéro-Editions |
Début 1941, la guerre est encore très éloignée du Brésil. Pourtant, les événements graves qui se déroulent en Europe convainquent le gouvernement d'accélérer la création d'une force aérienne autonome en réunissant les éléments jusqu'alors contrôlés par l'armée et la marine. C'est chose faite le 22 mai 1941. Tout au moins sur le papier, car, pour le reste, c'est une autre affaire. Dans la corbeille de mariage, l'Aviação Naval da Marinha apporte 99 avions, parmi lesquels 36 Fw 44J, construits sous licence au Brésil, 16 Fw 58B et quelques DH.82, NA-46 et Fairey Gordon. La dot de l'Aviação Militar do Exército se compose de 331 appareils de 25 types différents, dont 30 North American NA-72, 29 Vought V-65B, 29 Waco EGC-7 et quelques modèles exotiques, comme trois Savoia-Marchetti S.79 et deux hydravions Consolidated Commodore, sans oublier une vingtaine de biplans Muniz de fabrication indigène. L'entreprise à laquelle est conviée la jeune Força Aérea Brasileira (FAB) est gigantesque. Tout - ou presque - est à créer. Il faut de toute urgence former pilotes et personnel technique.
LE COUP DE POUCE AMERICAIN L'entrée en guerre des Etats-Unis et le bénéfique effet de la loi "Lend-Lease" vont donner un sérieux coup de pouce à la FAB. Celle-ci reçoit plus de 300 avions d'entraînement entre 1942 et 1945, ce qui couplé avec l'ouverture des écoles de pilotage militaires américaines, permettra de former 829 pilotes pendant la guerre. Les Etats-Unis céderont en tout 1.288 appareils à la FAB. Les premiers arrivés seront 12 Curtiss P-36A, 2 Douglas B-18 "Bolo" et 6 North American B-25B. Par la suite, la FAB, recevra 22 PBY-5 et -5A "Catalina", 24 PV-1 "Ventura" et 27 A-28A "Hudson", principalement destinés à protéger les convois au large des côtes brésiliennes. LE "COULOIR DE LA VICTOIRE" Bien avant leur entrée en guerre, le Brésil et les USA ont décidé d'établir une chaîne d'aérodromes pour relier leurs deux pays. Des bases poussent alors comme des champignons sur la côte est, d'Amapa à Caravelas, en passant par Fortaleza, Natal et Recife. Ce "couloir de la victoire" jouera un rôle majeur non seulement dans la lutte aéronavale au large des côtes américaines, mais aussi dans le ravitaillement des forces anglo-américaines engagées en Cyrénaïque et en Afrique Orientale. PREMIER ACTE DE GUERRE Après décembre 1941, la situation évolue d'une manière dramatique dans les Caraïbes. Jusque là très discrets dans ce secteur, les U-Boote de Dönitz commencent à s'en prendre aux navires alliés et neutres. Le 28 janvier 1942, le gouvernement brésilien rompt ses relations diplomatiques avec l'Allemagne, l'Italie et le Japon, mais s'abstient encore de leur déclarer la guerre. La réaction allemande ne se fait pas attendre. Le 14 février le cargo brésilien "Cabedello" est attaqué au large des Etats-Unis. Le 18 mai, c'est entre Fortaleza et Natal que le "Commandante Lyra" est fortement endommagé par une torpille sous-marine. La guerre est arrivée jusqu'au Brésil. Le 22 mai, un B-25B de l'école de Fortaleza surprend un sous-marin en surface à quelques milles de l'endroit où le "Commandante Lyra" a été torpillé. Mais, comme le Brésil n'est pas officiellement en guerre, les avions ont l'orde de n'agir qu'en état de légitime défense. Ce n'est pas le cas des marins allemands qui ouvrent immédiatement le feu sur l'intrus. Le B-25B effectue une nouvelle passe et lance toutes ses bombes. Il doit, cependant, abandonner la lutte en raison du puissant tir antiaérien du sous-marin. C'est le premier acte de guerre de la Força Aérea Brasileira. LE BRESIL ENTRE EN GUERRE Entre le 15 et le 17 août 1942, pas moins de cinq navires brésiliens sont coulés, dont trois au large de Salvador de Bahia. Les pertes en vies humaines sont très importantes ; plus de 600 passagers et membres d'équipage sont tués ou portés disparus. L'opinion publique s'émeut. Le 22 août 1942, le Brésil déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Italie. Quatre mois plus tard le président Getulio Vargas décide de la création d'un corps expéditionnaire en Europe.
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