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LA BATAILLE DE MONTE CASSINO | Nicolas BERNARD | en ligne depuis : Octobre 2001 | © www.1939-45.org |
LE CONTEXTE ITALIEN Benito Mussolini, libéré le 12 septembre 1943 par un commando SS dirigé par Otto Skorzeny, est parti à Salo constituer le 23 septembre la République Sociale Italienne (RSI), entouré de fascistes notables tels que Pavolini et Rodolfo Graziani. La "Petite République" comme l'appelleront les Italiens contrôle le nord de la "botte", mais dans les faits, Mussolini n'est qu'un Gauleiter entre les mains hitlériennes. Les Allemands sont les seuls maîtres de l'Italie fasciste. Le Duce a pour obligation de lever quatre divisions de Chemises Noires, tandis que des Italiens pro-nazis s'engagent dans la Waffen-SS notamment au sein de la 29. Waffen-Grenadier-Division der SS (italienische Nr.1). Quant aux ouvriers italiens en Allemagne, ils sont purement et simplement réquisitionnés par le Reich lors de la capitulation italienne. Assimilés à des traîtres on les surnomme bien vite les "Badoglio". Monarchie constitutionnelle pro-alliée au Sud. République fasciste pro-allemande au Nord. Dans le tas, le Parti communiste italien. Une guerre civile est inévitable. Elle ne s'achèvera qu'à la mort du Duce.
LES FORCES EN PRESENCE Entre-temps, la seconde guerre mondiale se poursuit... Débarqués à Salerne le 08 septembre 1943, les alliés sont entrés dans Naples le premier octobre. La population y a pris les armes contre la Wehrmacht et la moitié de la cité est en ruines. Albert Kesselring se replie avec ses forces, presque intactes, derrière la Ligne Gustav et bloque la route de Rome. Cette Ligne Gustav est une ligne de défense improvisée qui longe le Garigliano et le Rapido pour se poursuivre le long du Sangro, mais elle présente l'avantage de se situer en montagne (chaîne des Appennins) et couvre un front assez étroit. De plus, la tâche des défenseurs est facilitée par le mauvais temps qui cloue l'aviation au sol et démoralise les soldats alliés. "Il a plu pendant deux jours, commente un général, et d'après ce que prévoient les météorologistes, nous en aurions encore pour deux autres jours. De plus, il fait un froid de canard... Je ne comprends pas comment nos hommes peuvent résister". Montgomery, après une très lente conquête de la Calabre, n'est plus chef de la VIIIe armée. Il est parti pour Londres, où il dirigera le 21e Groupe d'Armées allié, celui qui débarquera en France. Parti lui aussi, "Ike" Eisenhower a laissé sa place à Alexander. Pire : bon nombre de troupes et d'équipements (notamment du matériel amphibie), sont réquisitionnés pour le futur débarquement en France.
Le front allié de Méditerranée se voit donc privé de moyens importants pour s'emparer de Rome. Même situation dans le camp allemand, où Kesselring se voit retirer trois divisions (dont les puissantes 24. Panzer-Division et 1. SS-Panzer-Division SS Leibstandarte Adolf Hitler). Cependant son Heeresgruppe C (Groupe d'Armées C) reçoit quatre divisions en renfort, venues du Front de l'Est, ainsi que neuf divisions du Groupe d'Armées de Rommel, lui aussi parti pour la France, afin de repousser un éventuel débarquement. Une excellente unité, la 90. Panzergrenadier-Division, est rapatriée de Corse. Le général Mark Wayne Clark, chef de la 5th US Army (constituéeà 35 % d'Américains, soit dit en passant), reçoit quant à lui le Corps Expéditionnaire Français (CEF) du général Alphonse Juin, constitué des 1e et 2e Divisions d'Infanterie de Marche (DIM), de la 3e DIA, de la 4e Division de Montagne, et des goums. La plus grande partie de ces soldats sont issus des colonies : pieds-noirs, spahis algériens, tabors marocains et tunisiens, etc. Il est à noter que l'armée alliée d'Italie est composée de soldats venus de 26 nations différentes : Américains, Britanniques, Français, Italiens, Polonais, Nippo-Américains, Néo-Zélandais, Indiens, Brésiliens, brigade juive...
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