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MEMO SUR LA GUERRE SINO-JAPONAISE | Matthieu BOISDRON | en ligne depuis : Octobre 2000 | © www.1939-45.org |
LES
SOVIETIQUES ENTRENT DANS LA DANSE...
En 1931-1932, Staline s'inquiétait déjà des desseins japonais en Asie. C'est pourquoi en 1938 et 1939, quelques opérations frontalières (bataille du Kalkhin Gol) avaient dissuadées les japonais de progresser plus vers le Nord. Malgré ces tensions, en avril 1941 fut signé pour 5 ans un pacte de neutralité qui permettait à Staline de retirer ses forces de Mongolie, de Sibérie et sur les côtes pour les acheminer à l'Ouest. Le Japon se voyait allégé d'une menace et pouvait concentrer ses forces là où il en avait besoin. Hitler réclama le soutien japonais quand il fut bloqué par l'hiver russe. Mais le Japon qui cette aide, arguant auprès de Ribbentrop que leur stratégie était axée sur le Pacifique. Pourtant, et sur la pression des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, Staline accepta un protocole d'intervention en Chine dès novembre 1943 en expliquant qu'il commencerait les opérations lorsque le IIIe Reich serait battu, trois mois après la chute de Berlin. En janvier 1944, l'U.R.S.S fit savoir au gouvernement japonais qu'elle ne renouvellerait pas le pacte de neutralité. Le Japon s'attendait donc à une attaque soviétique mais pas avant avril 1946, date d'expiration du traité. Staline commença à renforcer ses forces orientales car au début de 1945, seulement deux groupes d'armée de 500.000 conscrits étaient présents : le front (NDLW : terme désignant un groupe d'armées dans l'Armée Rouge) Trans-Baïkal en Mongolie et le front d'Extrême-Orient vers Vladivostok. Ce théâtre d'opérations fut placé sous le commandement du maréchal Vassilievski. Le front Trans-Baïkal du maréchal Malinovski ne fut pas modifié mais le front d'Extrême-Orient fut remanié : scindé en deux, il était composé du 1er front d'Extrême-Orient (maréchal Meretskov) sur Vladivostok et du 2e front d'Extrême-Orient (maréchal Pourkaïev) derrière les fleuves Amour et Oussouri. Les 5e et 39e armées, les 53e et 6e armées de la Garde furent affectées à ce nouveau front. Ces forces représentaient 1.600.000 vétérans de la guerre en Europe et 5.500 chars, dont de nombreux T34/85, ISU 152 et autres blindés lourds.
DISPOSITIF JAPONAIS Face à ce dispositif soviétique se trouvait l'armée japonaise du Kwantung. Forte d'1.000.000 hommes début 1945 et anciennement plus forte armée nippone en Orient, elle comptait en 1945 un nombre important de conscrits mandchous et coréens douteux. Le commandant Yamada, qui dirigeait cette armée manquait d'expérience et se heurtait à d'importants problèmes de ravitaillement. La Mandchourie, entourée de bois et de montagnes se serait avérée facile à défendre si elle n'avait pas été si étendue :1.300.000 km². Cette armée avait été prévue pour attaquer l'U.R.S.S mais depuis septembre 1944, elle était cantonnée dans un rôle strictement défensif. Yamada pensait les montagnes infranchissables et concentra surtout ses forces sur les axes de pénétration dits traditionnels (Des manœuvres soviétiques destinés à lui faire croire cela furent menées pendant que les soviétiques préparaient leur attaque par les montagnes). Yamada fut aussi desservi par la qualité des rapports qui lui furent transmis par les services secrets impériaux.
DERNIERS COMBATS A l'aube de l'attaque, on peut considérer que 1.600.000 hommes, 5.550 chars, 28.000 canons et mortiers et 4.370 avions soviétiques s'opposent à 1.040.000 hommes, 1.155 chars (anciens ou peu performants), 5.360 canons et mortiers et 1.800 avions japonais. Le 08 août à 17h00 heure de Moscou, 23h00 heure de Mandchourie et de Tokyo, l'ambassadeur du Japon est informé que la guerre est déclarée. L'ordre de déclencher l'attaque à été donné à 00h10 heure de Mandchourie. Ainsi l'effet de surprise a été total. La 6e armée de la Garde avait atteint le Grand Khingan à l'aube et deux colonnes de T-34 en entreprirent l'ascension. Dans la nuit du 10 au 11 août, la colonne du sud de Pliev enleva le col de Khorokhon. La progression reprit le 13 dans la plaine après avoir été ravitaillé par airs en carburant. La 36e armée avait, entre temps, prise Hailar et se dirigeait vers Pokotu pendant que Pliev traversait le désert de Gobi. A l'est, Meretskov avait du faire face à plus de résistance. Toutefois, la 5e armée de Krylov avait percé au nord de Suifenhe le 09 août. Le 16 août Mou-Tan-Kiang était prise et des éléments du 1er front d'Extrême-Orient poussait vers Harbin. Le front Trans-Baïkal perçait en direction de Tsitsihar, au nord d'Harbin. Le 2e front d'Extrême-Orient de Pourkaïev réussit à fixer les forces japonaises dans le nord malgré sa faiblesse. L'Amour était franchit le 09 août par la 2e armée "Drapeau rouge", faisant jonction le 21 août avec le 1er front d'Extrême-Orient. Le sud de l'île de Sakhaline était envahit par l'infanterie de marine ainsi qu'une part majeure des îles Kouriles. Tsitsihar, Harbin Tch'ang tch'ouen, la Corée était envahie. Pliev avait franchit la muraille de Chine et entrait en contact avec la 8e armée de Mao Tsé Toung, au Nord de Pékin... L'empereur avait déjà annoncé la capitulation du Japon suite aux deux bombes atomiques qui avaient été largués le 06 et le 09 août respectivement sur Hiroshima et Nagasaki.
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