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L'AFFAIRE DU S/S ATHENIA | Nicolas BERNARD | en ligne depuis : Mars 2000 | © www.1939-45.org |
Avec l'accord naval de Londres de 1936 a été instauré une réglementation bien précise sur la guerre des convois. Tout navire de guerre doit en effet arraisonner les navires de commerce, armés ou non. La destruction doit être motivée par un examen opéré à bord desdits navires. Encore le navire de guerre (qu'il soit de surface ou sous-marin) doit-il au prélable s'assurer de la sécurité de l'équipage et des passagers... L'Amiral Dönitz a bien expliqué pourquoi ce tecte était difficilement applicable en temps de guerre. On notera qu'il se montre peu loquace sur cette attaque dans ses Mémoires. A la lumière du comportement des autorités allemandes en l'espèce, on comprendra aisément pourquoi. "D'une façon générale, les navires de commerce naviguaient sans feux la nuit, comme des bateaux de guerre. Le sous-marin avait alors de la peine à reconnaître s'il s'agissait d'un bâtiment auxiliaire ou d'un pur bâtiment marchand. Il devait donc s'approcher de très près pour distinguer les détails. Faisait-il usage d'une lampe Morse ou de son projecteur, l'éblouissement ainsi causé gênait son action alors que sa position se trouvait révélée. Dans le cas où il avait affaire à un bateau-piège, sa destruction était assurée. A ces mesures prises par l'ennemi qui rendaient difficile l'application de l'ordre sur les prises, vinrent s'ajouter des restrictions provenant de notre propre commandement, à la suite d'un incident [sic] survenu tout au début de la guerre. Le 4 septembre [re-sic] 1939, l'U-30 coula le paquebot Athenia qui, tous feux masqués, naviguait en zigzags autour d'une route moyenne inhabituelle. Le commandant allemand crut se trouver devant un croiseur auxiliaire. Le soir même, un message fut envoyé à tous les sous-marins : - Par ordre du Führer, aucun paquebot ne sera plus provisoirement attaqué, même s'il navigue en convoi. Les navires à passagers obtenaient donc un statut particulier, car le Droit international autorisait leur destruction à vue s'ils se trouvaient dans un convoi." (Grand Amiral Karl Dönitz - "Dix ans et vingt jours" - Union Générale d'Editions Paris 1963 page 44-45).
Incident ? Le paquebot a-t-il réellement adopté une conduite plus que suspecte ? Le commandant de l'U-30, Lemp, a prétendu par la suite (et ce jusqu'à sa mort en 1941) qu'il croyait que le navire n'était qu'un navire de guerre... Mais est-ce si sûr ? Pour s'en convaincre, voici le témoignage d'un membre de l'équipage du sous-marin, produit à Nuremberg. "Je soussigné, Adolf Schmidt, matricule N 1043-33 T de la Marine de guerre allemande, ancien membre de l'équipage du sous-marin U-30, déclare sous la foi du serment :
(cité dans Christian Bernadac - "La Kriegsmarine" - France-Empire Paris 1983, page 142-143 ; l'ouvrage de Bernadac constitue un recueil des documents et procès-verbaux du procès de Nuremberg). On ne saura jamais si Lemp savait qu'il s'attaquait à un paquebot. Toujours est-il que son comportement dans les jours qui ont suivi le torpillage est des plus suspects. Ce qui n'est rien comparé à ce que les autorités allemandes vont accomplir pour se laver aux yeux de l'opinion publique.
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