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LA BATAILLE DE MALTE : 1940-1943 | Yannis KADARI | en ligne depuis : Mai 2001 | © www.1939-45.org |
LE DUCE VEUT MALTE ! | VOIR LA CARTE DES AERODROMES ITALIENS EN SICILE [38 ko] |
Le lundi 10 juin 1940, l'Italie déclare la guerre aux nations alliées. Dès le lendemain à 06h49, les sirènes d'alerte maltaises rugissent à l'occasion du premier raid de l'aviation italienne sur l'île. Escortés par les chasseurs Macchi C.200 du 6e Gruppo Autonomo, les Savoia-Marchetti S.79 du 34e Stormo bombardent l'aérodrome de Hal Far. Une vingtaine d'appareils des 34e et 11e Stormo s'en prennent aussi à l'arsenal de Burmola, tandis que les S.79 du 41e Stormo attaquent la base des hydravions de Kalafrana. Les raids se succèdent... La garnison ne peut alors opposer que quatre vieux biplans Sea Gladiator : "Foi" (n°5520), "Espérance" (n°5531), "Charité" (n°5519) et l'appareil portant le numéro 5524. Pour renforcer la défense aérienne de l'île, Londres monte l'opération "Hurry" : 12 chasseurs Hurricane s'envolent du porte-avions HMS Argus et se posent à Malte le 12 août. Les raids se poursuivent implacablement jusqu'au mois d'octobre 1940, obligeant l'Amirauté britannique a retiré le gros des bâtiments de la Navy. Seuls restent à Grand Harbour, quelques vieux destroyers, sous-marins et chasseurs de mines. Entre temps, la marine italienne mène au large de l'île, d'août à septembre 1940, une intense campagne de mouillage de mines. Le premier barrage est posé le 23 août entre la Sicile et Malte. Ces mines provoquent la destruction du destroyer HMS Hostile parti de Malte et naviquant vers Gibraltar. Dans la nuit du 05 au 06 septembre, une flottille de 4 torpilleurs italiens (Altair, Alcione, Ariel et Arctusa), aux ordres du commandant Del Cima, mouille un total de 224 mines au Nord-ouest et Sud-est de Malte. Moins d'un mois plus tard, c'est la flottille n°14 de destroyers, commandée par le Capitaine Galati, qui dresse un barrage de 174 mines au Sud de l'île. L'objectif des Italiens est simple : isoler puis assiéger Malte en compliquant son ravitaillement. Cela étant, l'invasion italienne ne vient pas. Les Britanniques ont le temps de fortifier les points forts de l'endroit et de ravitailler Malte en octobre ; et le Duce de penser que l'Angleterre aura capitulé bien assez tôt et que Malte tombera entre ses mains comme un fruit mur. Le 10 novembre 1940, une flotte composée du cuirassé HMS Barham, des croiseurs Glasgow et Berwick et de 6 destroyers parvient à débarquer à Malte 2.000 hommes ainsi que des canons anitaériens de 40mm Bofors. Le soir même, dans la nuit du 11 au 12 novembre 1940, 20 Fairey Swordfish de la Fleet Air Arm britannique se rappellent au bon souvenir du dictateur italien en torpillant trois cuirassés au mouillage dans le port de Tarente. Les dégâts sont lourds : le Conte di Cavour est coulé et ne reprendra plus jamais la mer, le Littorio et le Caio Duilio sont quant à eux immobilisés pendant plusieurs mois. Deux croiseurs sont aussi touchés. Ce coup d'éclat anglais n'empêche pas l'aviation italienne de poursuivre ses bombardements sur Malte. En mer la situation n'est guère meilleure; le convoi anglais "Collar", parti de Gibraltar pour Malte et Alexandrie, est attaqué par la flotte italienne au large du cap Spartivento. Le croiseur HMS Berwick est fortement endommagé par un cuirassé italien.
Sur Malte, dans les rangs des pilotes britanniques, l'érosion est très forte. Les hommes sont épuisés et le matériel souffre de cet état d'alerte permanent. Le 17 novembre, un nouveau Squadron de 12 hurricane décolle du porte-avions HMS Argus afin de renforcer les bases Maltaises. Mais les appareils rencontrent de violents vents contraires sur leur route de plus de 600 Km. Huit chasseurs s'abîment en mer, réservoirs à sec ! Seuls quatre hurricane parviennent à se poser à Malte in extremis. Cet échec est retentissant et le morale des Maltais s'en ressent fortement. En décembre se sont 16 bombardiers moyens Vickers Wellington qui se posent à Luqa pour accroître la dimension offensive de l'île . Les Anglais semblent être en passe de remporter leur bras de fer contre Mussolini... mais c'est sans compter avec les appareils allemands.
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