SYNTHESE SUR LES CRIMES DE GUERRE JAPONAIS

| Matthieu BOISDRON & Yannis KADARI | en ligne depuis : Février 2000 | © www.1939-45.org |

 

De 1933 à 1945, le Japon mena d'affreuses expériences sur des cobayes humains (les marutas) de diverses nationalités .

Les civils Chinois mais aussi les prisonniers de guerre britanniques et américains constituèrent en des termes violents, les "rats de laboratoire" des chercheurs nippons. En effet, les japonais considérant la reddition comme le déshonneur suprême, les forces militaires japonaises appliquaient ce même type de raisonnement à leurs ennemis. Un prisonnier de guerre n'était plus rien ! Bien qu'aujourd'hui bon nombre de japonais continuent de nier l'existence de telles pratiques et mettent même en doute le monstrueux sac de Nankin, les crimes japonais n'ont finalement rien à envier à ceux perpétrés par les médecins nazis, tel Mengele, dans les camps de la mort allemands. Quant à Nankin, des milliers de chinois y trouveront la mort tandis qu'un nombre incalculable de femmes y furent violées puis assassinées en compagnie de leurs enfants.

A partir de 1931, en Mandchourie, un centre d'expérimentation sur l'utilisation militaire d'armes bactériologiques fut créé. Deux années plus tard, une équipe, dirigée par la médecin Shiro Ishii, commença à utiliser des cobayes humains pour ses expérimentations. Cette unité, dite 731 marque un bien triste record : elle généra la mort d'environ 3.000 personnes dans d'horribles conditions.

Dans le Mandchoukuo (l'état fantoche créé par les japonais en Chine avec à sa tête Pou Yi, le dernier empereur de Chine), à Pingfan, dans le sud de Harbin, se trouvait un grand centre. Un complexe de 150 bâtiments, divisé en 8 services travaillaient en concurrence pour trouver la "meilleure" arme. Au coeur de ce complexe, se trouvait le "bloc Rô" où s'opéraient des expériences sur des êtres humains. Toutes les personnes arrêtées arbitrairement à Harbin devenaient alors des marutas. Marutas signifiant en japonais bouts de bois ou bâtons, on peut aisément imaginer la considération que les chercheurs japonais et leurs séides portaient à ces malheureux hommes...

A titre d'exemple, certaines expériences consistaient à faire exploser des "bombes à gangrènes" ou porteuses de bacilles de maladies à proximité de cobayes. Les victimes étaient attachées à des poteaux, la tête et le dos protégés afin d'éviter une mort immédiate due à l'explosion elle même... On testait également des shrapnels porteurs de maladies, la résistance au froid, l'exposition aux rayons X, la suppression atmosphérique (on augmentait ou abaissait la pression de l'air), la vivisection... L'horreur était quotidienne. A 500 km de Pingfan, existait le camp de Moukden : un camp de 1.485 prisonniers de guerre alliés. Des expériences étaient menées sur eux afin d'en constater les effets sur les occidentaux. Les résultats étaient ensuite envoyés à Pingfan pour analyse.

Au Japon cette fois ci, à côté de Tokyo, un groupe de recherche mixte fut constitué de scientifiques et de militaires. Ils utilisèrent eux aussi les résultats des affreuses expériences réalisées en Chine occupée. En coopération avec le haut commandement, ce groupe devait réfléchir à l'utilisation d'armes bactériologiques et/ou chimiques contre les populations civiles américaines ! En effet, dès la fin de l'année 1942, les Nippons avaient imaginé une multitude de solutions plus ou moins fantaisistes pour porter le conflit sur le territoire des USA. D'aucuns par exemple, avaient prônés l'envoi de sous-marin géants, transporteurs d'hydravions, au large des côtes californiennes. Objectif : mener des raids aériens nocturnes. Cela restait d'une efficacité plus que douteuse sur un plan strictement militaire... Mais en 1943, une terrifiante idée germa au sein du Grand Quartier Général des forces impériales japonaises.

Cette fois-ci l'on avait imaginé le moyen imparable de détruire massivement les infrastructures Californiennes et surtout de tuer de nombreux civils américains. Si cela fonctionnait, on priverait les États-Unis d'une partie de leurs industries de guerre et l'on permettrait au Japon de se renforcer. L'idée était simple : expédier des ballons, par delà l'océan Pacifique vers les USA... Utilisant les vents du Pacifique, les Japonais avaient mis au point, ou du moins le croyaient-ils, un ballon de 9 à 10 mètres de diamètre, gonflé à l’hydrogène, fait de papier rendu étanche ou de soie caoutchoutée, et porteur d'une petite nacelle. Le ballon doté d'un émetteur radio était capable en théorie de fournir quotidiennement sa position et restait indécelable au radar. Ils étaient lâchés depuis l'île de Honshu et volaient à très haute altitude et à plus de 500 kilomètres heure. Un système de sacs de sable permettait au ballon à l'approche de sa cible de chuter progressivement. Dans la nacelle se trouvaient des bombes incendiaires, afin de mettre le feu aux forets et aux villes de l'ouest américain. Le but était d'obliger l'Amérique à mobiliser de nombreuses ressources, y compris humaines, pour venir a bout des terribles incendies.

Mais les Japonais allèrent encore plus loin et joignirent aux bombes incendiaires des bombes contenant des armes bactériologiques, fabriquées selon les instructions des chercheurs basés en Chine. Au total de novembre 1944 à mars 1945, plus de 6.500 ballons des deux types furent lâchés. Très très peu, parvinrent jusqu'aux USA, l'immense majorité s'abîmant en mer. La cause ? Les conditions météorologiques finalement défavorables et de nombreuses erreurs de conception. Les seules victimes de "l'arme miracle" japonaise furent un malheureux fermier du Nouveau Mexique et ses deux fils, qui manipulèrent un ballon explosif tombé à proximité de leurs fermes. Le pire fut évité, et aucun ballon "chimique" ne parvint sur le territoire US.

malgré le caractère abominable de ces crimes, très peu de japonais furent poursuivis. Quelques chefs de guerre tout de même furent jugés par les alliés américains et britanniques pour crimes de guerre, d'autres par les Soviétiques.

 

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