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LA NAISSANCE DE LA WAFFEN-SS | Yannis KADARI | en ligne depuis : Juin 2000 | © www.1939-45.org |
1923 - 1933 : LA NAISSANCE DE L'ORDRE NOIR En 1923, le parti National Socialiste Allemand, le N.S.D.A.P. dirigé par Adolf Hitler est engagé dans une lutte violente pour la conquête du pouvoir en Allemagne. Pour Hitler et ses camarades de combat, tous les moyens légaux ou non, sont bons à mettre en œuvre pour arriver à leurs fins. Dans cette optique, les Nazis s'appuient sur les Sections d'Assaut (SA pour Sturmabteilung), sorte de milices armées paramilitaires présentes dans nombre de grandes villes allemandes.
Les SA, constituées par Ernst Röhm et Hans Ulrich Klintzsch avaient pour rôle d'assurer la protection des meetings du N.S.D.A.P, mais aussi de multiplier intimidations, violences et brutalités à l'encontre des opposants aux nazis. Les hommes des SA prenaient leurs ordres auprès de leur chef, Klintzsch et ne dépendaient en rien de Hitler, qui n'avait aucun contrôle hiérarchique réel sur eux. En 1923, Ce dernier considéra qu'il avait besoin de sa propre unité de protection et décida la création d'un groupe d'élite de 200 hommes qui lui seraient totalement dévoués. Ces hommes, sorte de gardes du corps, avaient pour principal rôle d'assurer sa protection rapprochée. Cette "garde prétorienne" prit le nom de Stabswache, et fut basée à Munich. L'uniforme noir fut choisi, ainsi que l'emblème à tête de mort (Totenkopf). C'est ici que se situent les origines de la Waffen-SS ou "SS combattante", branche de la SS Allgemeine (ou SS Générale). L'Ordre Noir venait de naître... A la suite du putsch raté du 09 novembre 1923 à Munich (Marsch zur Feldherrnhalle) Hitler et ses complices furent arrêtés puis emprisonnés à la forteresse de Lansberg, dans laquelle Hitler écrivit son ouvrage Mein Kampf (Mon Combat en français). Les SA furent dissoutes par la République de Weimar et mises hors la loi. Après sa remise en liberté en décembre 1924, le futur Führer du Reich s'attela à la reconstruction du N.S.D.A.P. En avril 1925, il re-activa sa Stabswache, commandée par Schreck et rebaptisée Schutzstaffel (d'où le sigle : SS), selon une suggestion du fidèle Hermann Goering. Le sigle de la SS fut choisi, un double S stylisé sous forme de rune. La SS évoluait encore dans le giron des SA, mais ne recevait ses ordres que de Hitler. Parallèlement, Adolf Hitler chargea Röhm de la reconstitution rapide des SA, bras armé du Parti et outil nécessaire pour la prise du pouvoir. Cependant en 1925, un désaccord brouilla les deux hommes et conduisit Ernst Röhm à démissionner puis à quitter l'Allemagne, pour devenir conseiller militaire en Bolivie. Cela n'empêcha pas les SA d'émerger à nouveau dès 1926. En 1929, les SA étaient encore la force armée la plus puissante du parti nazi, sorte de véritable petite armée privée au sein de l'état ; mais déjà les SS prenaient de plus en plus d'importance, même s'ils ne représentaient que quelques milliers d'hommes. Hitler souhaitait que les choses se poursuivent ainsi, et il nomma à la tête de la SS, Heinrich Himmler qui devint par la même le chef suprême des SS, le Reichführer SS. Sa mission était simple, faire de la SS une force armée puissante, composée de soldats d'élite et capable de contre balancer le poids grandissant des SA. Hitler voulait "une organisation d'élite constituée de troupes issues du Parti et sûre en toutes circonstances" . Afin de remplir l'objectif assigné par Hitler, Himmler mit en place un système de recrutement qui reposait sur des critères drastiques. Seuls les hommes en excellente condition physique, aux origines raciales pures et adeptes convaincus des thèses nazies pouvaient être recrutés dans la SS. En 1933, l'effectif de la SS s'élevait déjà à 52.000 hommes. Même si ce chiffre semble être important, il n'était rien au regard des presque 3 millions de membres que comptaient les sections d'assaut (SA) en cette même année 1933... depuis 3 ans Röhm, chef agressif et bagarreur, était revenu de Bolivie à la demande de Hitler et occupait le poste d'Oberster SA Führer - OSAF ou chef des SA. |