ANTONESCU Ion
Pitesti 1882 - Jilava 1946

| Matthieu BOISDRON | en ligne depuis : Octobre 2000 | © www.1939-45.org |

Né à Pitesti en 1882, Ion Antonescu devient chef d'état-major de l'armée roumaine en 1933, mais il en est exclu en 1937 du fait de son opposition au roi Carol. Il obtient en 1938 le poste de ministre de la guerre toutefois, il démissionne rapidement.

Antonescu est arrêté en juillet 1940 par la police politique de Carol II tandis que le royaume connaît une forte agitation politique. Mais le souverain est acculé, menacé par ses propres atermoiements politiques et la main mise sur l'économie du pays par le IIIe Reich. Dans une tentative de conciliation avec la Rue, et en signe de collaboration avec les nazis, il nomme Antonescu premier ministre le 04 septembre 1940. Dans la foulée, toujours sous la pression d'Adolf Hitler, le roi légalise le mouvement de la Garde de Fer. La Grande Roumanie bâtie par Ferdinand I cesse d'exister : La Transylvanie est donnée par l'Allemagne à la Hongrie et la Dobroudja est récupérée par la Bulgarie. Staline, allié de circonstances d'Hitler, exige aussi sa part. Le 06 septembre, Carol II désemparé, décrédibilisé et menacé abdique en faveur de Michel, son fils, puis quitte le pays. Ce même jour, Antonescu annonce officiellement que la Roumanie entre dans la zone d'influence de l'Axe, tournant ainsi le dos à ses alliés traditionnels. Peu de temps après Ion Antonescu se proclame "Conducator".

Le 07 octobre 1940, il autorise l'entrée de l'armée allemande en Roumanie. Cette opération est légitimée par une pseudo demande d'Antonescu de protection auprès de Berlin. Hitler met définitivement la main sur le pétrole, les céréales, le bois roumain et des bases de départ vers l'U.R.S.S ! Le 23 novembre la Roumanie rejoint le pacte tripartite. Le 28 janvier 1941, Antonescu remercie Horia Sima, le chef de la Garde de Fer qui quitte le gouvernement. Un plébiscite mené par Antonescu sur sa politique est un succès total. Le 12 juin, il se rend à Munich pour y rencontrer Hitler qui l'informe de l'attaque sur l'U.R.S.S.

Le 23 juin, la Roumanie entre en guerre contre l'U.R.S.S afin de récupérer la Bessarabie et la Bucovine du Nord, provinces cédées à Staline en 1940. Les Roumains souhaitent aussi annexer la Moldavie et le sud de l'Ukraine. Odessa tombe entre les mains des soldats de la IVe armée roumaine. Les divisions roumaines avance ensuite en direction de la Volga mais essuient de très lourdes pertes durant le deuxième hiver de l'offensive, en 1942-43. Antonescu est alors maréchal et commandant en chef de l'armée roumaine. Les premiers revers en U.R.S.S font douter l'ancienne droite nationaliste et la maison royale.

Les défaites successives de l'axe et les bombardements alliés sur les puits de pétrole de Ploesti poussent Antonescu à chercher une issue de secours. Des contacts sont établis à Stockholm et à Ankara. Les alliés exigent une reddition sans condition de la Roumanie. En Crimée, la situation devient critique pour l'armée roumaine. Le 31 janvier 1944, Antonescu s'adresse directement aux Etats-Unis. Le 02 avril, Molotov se veut rassurant et affirme que l'U.R.S.S, si elle récupère la Bessarabie et la Bucovine du Nord, n'a aucune volonté de conquête et de soumission de la Roumanie. Mais le 04 août, le Reichkanzler réussit à faire rester Antonescu dans le giron de l'Axe. Le 20, les troupes soviétiques entrent en Roumanie, le 23, Michel fait arrêter Antonescu. Le 31, les soviétiques entrent dans Bucarest. L'armistice est signée le 12 septembre, la Roumanie passe dans le camp allié et se retourne dans la foulée contre le Reich.

Ion Antonescu, un temps prisonnier des Soviétiques est livré au nouveau gouvernement communiste roumain. Condamné à la peine capitale par un tribunal populaire, il est exécuté le 01 juin 1946 à la prison de Jilava.

 

 

| A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z |

Retour à l'index