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BASTICO
Ettore | Yannis KADARI | en ligne depuis : Février 2002 | © www.1939-45.org |
Ettore Bastico naît à Bologne le 9 avril 1876. Adolescent passionné par l'histoire militaire et le métier des armes, il s'engage dans l'armée royale. Il devient sous-lieutenant au sein du 3e régiment de Bersaglieri en 1896. Lieutenant, il quitte l'école de guerre en 1906. En 1912 il embarque pour la Libye. Sur place, il participe à la sanglante pacification du pays et à la lutte contre les troupes turques ainsi que les bandes rebelles conduites par Al-Moktar. Il occupe un temps les fonctions d'observateur en dirigeable. Lors de la première Guerre Mondiale, il est rappelé en Italie. Pendant la Grande Guerre, il sert au sein des Etat-majors de plusieurs divisions d'infanterie dont les 50e, 25e, 28e et 32e DI. Nommé colonel, il est affecté à l'école navale de Livourne où il donne des cours d'histoire militaire. C'est à cette époque qu'il rédige son livre "L'évolution de l'art de la guerre". L'ouvrage ne paraîtra qu'en 1924 mais sera un franc succès. En 1923, il retrouve le commandement d'une unité de combat en prenant la tête du 9e régiment de Bersaglieri. Il reste à ce poste jusqu'en 1927, année de sa promotion au rang de général de brigade. Il commande alors la brigade d'infanterie "Gorizia". En 1932, Bastico devient le chef de la 1e Division de Cavalerie "Principe Eugenio di Savoia" puis de la toute nouvelle division motorisée "Pistoia". Relativement apprécié par Mussolini, notre homme est chargé par ce dernier de mettre sur pied la 1e division de Chemises Noires. L'unité est baptisée "XXIII Marzo" en l'honneur du premier "fascio italiano di combatimento" créé par Mussolini le 23 mars 1919. C'est avec ces hommes que Bastico part pour la campagne de "pacification" de L'Erytrée en 1935. Promu général de corps d'armée, il est nommé commandant du IIIe Corps spécial d'Afrique Orientale. En 1936, le futur maréchal se distingue tout particulièrement en Ethiopie et y gagne son surnom de "Bombastico". En remerciement des services rendus à la cause impériale italienne, il est élevé au rang de commandeur "dell'Ordine Militare d'Italia". Toujours en 1936, Ettore Bastico, nommé le 24 décembre à la tête du IIe Corps, se voit bientôt confier une nouvelle mission de confiance par le Duce. Notre homme prend en effet le commandement du "Corps des Volontaires Italiens en Espagne", unité créée ad hoc par les fascistes afin d'appuyer Franco dans la guerre civile ibérique. Bastico mène ses troupes dans les batailles de Santander et des Asturies avec un certain brio. Le 26 août 1938, il est promu général d'armée. Il commande la IIe armée stationnée dans la vallée du Po puis la IVe armée de réserve (1940). Entre temps, il a été élu sénateur en 1939 et est devenu Grand Officier "dell'Ordine Militare d'Italia". Malgré ses 65 ans, Rome le maintient en activité et le nomme gouverneur des îles italiennes de Mer Egée. Le 10 juin 1941, il retrouve la Libye où il est nommé gouverneur et commandant en chef des armées italiennes d'Afrique du Nord. Il remplace Italo Gariboldi. De part ses fonctions et compte tenu des accords passés entre Berlin et Rome, Bastico a sous ses ordres le général allemand Erwin Rommel avec lequel des dissensions naissent rapidement. Les deux personnages ont un caractère et une approche de la guerre radicalement opposés. Leur différend s'aggrave brutalement lors de la contre-offensive britannique de l'hiver 1941. Le point culminant de cette mésentente a lieu le 8 décembre 1941, lorsque Bastico est obligé de se rendre à Gazala afin d'y rencontrer Rommel qui a refusé de se présenter à la convocation de l'Italien. Dès lors, le "Renard du désert" ignore totalement Bastico qu'il juge incompétent et ne le tient même plus informé de ses projets ; ainsi, en janvier 1942, l'Allemand passe à l'attaque sans même en avertir Bastico. Cavallero et le maréchal Kesselring doivent arbitrer le litige et sauver les apparences. Malgré tout la situation s'envenime à nouveau au printemps 1942, lorsque Rommel bien trop confiant s'engage en Egypte sur les talons de la 8th Army britannique. Malgré des ordres stricts reçus de Bastico, le chef de l'Afrika Korps poursuit son avance jusque devant la ligne de défense fortifiée d'El Alamein. La suite on la connaît... En attendant, à Rome, Benito Mussolini convaincu de l'impossibilité d'une réconciliation entre les deux hommes retire son commandement à Bastico. Nommé maréchal en août 1942, il ne conserve que la direction des squelettiques forces italiennes de Libye. Rommel passe ainsi sous les ordres de Cavallero. La situation reste en l'état jusqu'en novembre 1942, époque où Bastico momentanément revenu en odeur de sainteté retrouve ses fonctions. Mais la situation est désespérée car entre temps, les débris des armées axistes se sont repliés sur la frontière Libye-Tunisie. Elles vont y livrer une dernier baroud d'honneur avant la défaite finale de mai 1943. Rentré en Italie avec un titre honorifique mais sans aucun pouvoir, Ettore Bastico est mis de côté par les fascistes puis "épuré" après l'armistice. En mars 1945, il est rayé des cadres de l'armée avant de se voir retirer son titre de maréchal. Notre homme devra attendre deux années pour être finalement "disculpé" de tous crimes par les commissions d'enquête interalliées. Retiré en famille, se tenant à l'écart de la turbulente vie politique latine, Bastico disparaît discrètement le 2 décembre 1972 à Rome.
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