BUSCH
Ernst

Essen-Steele 1885 - Aldershot 1945

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Ernst Busch voit le jour le 6 juillet 1885 à Essen-Steele. Elevé dans une famille de la bourgeoisie moyenne, il signe son engagement à quinze ans comme cadet au sein de l'armée prussienne. A sa sortie de Gross Lichterfelde en 1904, il est promu Leutnant. Le jeune homme devient Oberleutnant en 1913 puis Hauptmann en 1915. Busch fait la Grande Guerre dans divers régiments d'infanterie et combat dans les régions d'Arras et de Verdun. De 1914 à 1918, il se distingue tout particulièrement par ses actions d'éclat, son courage et son sens de la tactique. Ses efforts lui valent notamment d'être décoré de la très prestigieuse Croix "Pour le Mérite" en octobre 1918.

Après l'armistice de novembre, le jeune officier décide de poursuivre sa carrière militaire dans la toute jeune Reichswher. En 1925, il dirige l'Inspektion der Verkehrstruppen à Berlin. En 1932, on le retrouve à la tête du Jäger-Regiment 9 dont il commandait préalablement le 3e bataillon. Comme de nombreux autres futurs maréchaux du IIIe Reich, Ernst Busch s'accommode assez rapidement de l'arrivée au pouvoir des nazis. Son net ralliement à la cause hitlérienne en 1933-34 lui permet d'obtenir honneurs et promotions. Jouissant de la confiance d'Hitler et de ses sbires, promu Generalmajor en 1935, Busch commande la toute nouvelle 23. Infanterie-Division (1. Welle / formée en octobre 1935). La grande unité est alors basée à Potsdam. Sa carrière se poursuit selon la même courbe ascendante jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1939, le General der Infanterie Busch part pour Breslau où il prend la tête du VIII. Armee-Korps qui doit intervenir lors de la prochaine attaque contre la Pologne. Rattachées à la 14. Armee, les troupes de Busch remportent plusieurs succès durant la campagne. C'est donc un homme auréolé de gloire et fidèle au régime, que Berlin choisit pour diriger la récente 16. Armee en février 1940.

Constituée dans la région de Königsberg, la 16. Armee est envoyée à l'Ouest, près d'Aachen, afin de prendre part à l'offensive contre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. Comprenant trois corps d'armée pour un total de treize divisions, l'armée est rattachée au Heeresgruppe A de von Rundstedt. Lors de la Campagne de France, Busch et ses troupes interviennent avec brio en Lorraine et contre la ligne Maginot. Ces opérations, menées non sans talent de la part de Busch, lui permettent d'obtenir une promotion au grade de Generaloberst en juillet mais aussi d'être décoré de la prestigieuse Ritterkreuz. Dès la fin du mois de juillet 1940, la 16. Armee fait mouvement dans le Nord de la France où elle est mise en réserve pour une hypothétique invasion de la Grande-Bretagne (Opération "Seelöwe"). Elle n'y reste que peu de temps. Elle est de nouveau transférée, cette fois-ci en Allemagne, afin de préparer l'opération "Barbarossa", l'invasion de l'Union Soviétique en juin 1941.

Busch et son unité sont rattachés au Heeresgruppe Nord commandé par von Leeb. L'offensive allemande est foudroyante ! La Blitzkrieg menée à un train d'enfer conduit Ernst Busch devant Leningrad via les pays Baltes. En 1942, notre homme préside toujours aux destinées de la 16. Armee. Promu Generalfeldmarschall en février 1943, il remporte un succès défensif éclatant en parvenant à évacuer la poche de Demiansk. En récompense, il reçoit les feuilles de chêne et prend la tête en octobre 1943 du Heeresgruppe Mitte (Groupe d'Armées Centre), poste auquel il remplace von Kluge blessé dans un accident de voiture. Il laisse le commandement de sa 16. Armee au General der Artillerie Christian Hansen. Bon chef d'armée, fin tacticien, Busch se révèle assez vite un piètre commandant de groupe d'armées. A sa décharge, l'on notera les conditions extrêmement difficiles qui sont les siennes lors de sa prise de commandement. Néanmoins, Busch ne prend aucune initiative et se contente d'appliquer à la lettre les consignes de son Führer. Ces dernières sont simples : ne pas reculer. Pire, Busch refuse toute souplesse à ses commandants d'armée et va jusqu'à annuler des ordres donnés par ses subordonnés. En infériorité numérique flagrante, le Groupe d'Armées Centre est littéralement laminé par les Soviétiques en juin 1944, perdant deux armées et plus de vingt divisions en seulement quelques jours. Les critiques concernant Busch et son attitude fusent de tous côtés. Le résultat est sans appel, en dépit de son attachement au national-socialisme, Ernst Busch est limogé et remplacé par Walther Model. A priori, Busch ne commandera plus de grandes unités. Il est versé à la Führerreserve de l'OKH.

A priori, seulement ! car en mars 1945, le Reichkanzler se ravise et rappelle Busch pour prendre la tête du Groupe d'Armées Nord-Ouest. Les consignes hitlériennes sont aussi simples qu'irréalistes : faire face aux troupes du 21st Army Group du maréchal Montgomery sans reculer. Mais à l'image du Reich millénaire désormais en ruines, les troupes de Busch sont en déliquescence, démoralisées et épuisées. Busch lui-même est terriblement malade. Il ne parvient pas à galvaniser ses Grenadiere. L'inévitable se produit le 4 mai 1945 avec la capitulation de ses troupes. Le Generalfeldmarschall rejoint alors Karl Dönitz, second et dernier Führer du IIIe Reich à son Quartier Général de Fleselburg. Busch est capturé par les Britanniques le 8 mai. Transféré en Grande-Bretagne dans le camp de prisonniers d'Aldershot, il décède quelques semaines plus tard, le 17 juillet 1945, d'une angine de poitrine.

 

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