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CLAUBERG
Karl | Yannis KADARI | en ligne depuis : Août 2001 | © www.1939-45.org |
Karl Clauberg voit le jour en 1898 à Wuppertal à proximité d'Essen. Le futur médecin SS grandit dans une famille assez modeste qui tire ses revenus du travail d'artisan du père. Pendant la Première Guerre Mondiale, Clauberg sert dans un régiment d'infanterie de ligne. A son retour, il reprend le fil de ses études secondaires, passe brillamment son Abitur et entame sa médecine. Son cursus universitaire le conduit à Kiel, puis à Hambourg et enfin à Graz. C'est en 1925 qu'il devient docteur en médecine. Gynécologue et obstétricien, il est occupe le poste de chef de service à la clinique de Kiel. En 1933, il rejoint les rangs du parti national-socialiste, dont il devient un fervent militant. Ses efforts son bientôt récompensés par l'attribution d'un grade dans la SS ainsi que par la remise du badge nazi en or. Rappelons que cette décoration n'était réservée qu'aux militants les plus méritants. En 1937, notre homme devient professeur de gynécologie à la faculté de Königsberg. Il mène de nombreuses expériences médicales sur des animaux puis des humains, mettant notamment au point des traitements contre la stérilité féminine ainsi que le fameux "Test de Clauberg". Certaines de ses découvertes sont encore utilisées de nos jours. Parallèlement, il est chef de clinique dans les hôpitaux pour femmes de Knapp et de Sainte-Hedwig ce qui lui assure de confortables revenus. Sa notoriété prend encore plus d'ampleur avec la publication de plusieurs essais médicaux. Cette réussite professionnelle n'est pas sans conséquence sur le caractère de notre homme qui au fil des années devient de plus en plus arrogant. En septembre 39, Le IIIe Reich part à l'assaut de la Pologne. La Seconde Guerre Mondiale éclate. Officier de réserve dans la SS, le Doktor ne participe pas aux combats mais poursuit ses recherches en Allemagne. En 1942, il est contacté par le Reichsführer-SS Herinrich Himmler qui s'intéresse à ses travaux. Les deux hommes s'entendent parfaitement bien et s'apprécient mutuellement. Himmler propose à Clauberg de mettre au point un sérum pour stériliser les femmes. Karl Clauberg accepte. En décembre 1942, le Doktor part pour le camp d'Auschwitz. Sur place, il s'installe dans le Bloc n° 10 surnommé Bloc "Clauberg". Très vite les tests du médecin nazi commencent. Sans anesthésie, Clauberg et ses sbires (dont le Doktor Johannes Goebel) injectent d'importantes quantités de produits toxiques, notamment des acides, dans l'utérus de ses cobayes. Les effets du "traitement" sont affreux, ces femmes endurent les pires souffrances. Elles sont tziganes ou bien juives venant des Pays-Bas ou de Grèce, toutes mères de familles et âgées de 20 à 40 ans. La douleur est parfois telle qu'elles décèdent à la suite d'arrêt cardiaque mais souvent les malheureuses finissent dans les chambres à gaz du camp. Pour Clauberg le coût humain est négligeable et d'ailleurs, jour après jour, des convois ferroviaires lui amènent son lot de cobayes humains, des "Untermenschen"... Régulièrement, l'équipe de Karl Clauberg procède àl'ablation des ovaires de ses victimes afin d'étudier les effets des acides. Parallèlement, le professeur suit de près les travaux du Doktor Horst Schumann qui lui travaille sur la stérilisation grâce aux rayons X. Clauberg ne dédaigne pas à utiliser les installations de son confrère... Au sein même du camp, Clauberg est peu aimé, voire détesté par l'administration du KL et les autres médecins. Plusieurs témoins le décrivent comme étant vulgaire, sans scrupules, prétentieux et fort peu aimable. Au fil des mois et de ses expériences, il a de plus en plus souvent recours à la bouteille et se montre souvent violent. Mais voilà... il jouit d'une impunité presque totale, car il est fortement apprécié par le maître de l'Ordre Noir, Himmler en personne. En juin 1943, malgré ses échecs et la mort d'environ 300 femmes, Clauberg fait un rapport élogieux de ses travaux auprès de Himmler, assurant ce dernier qu'il est proche d'atteindre son but. En réalité, il en est très loin, ses cobayes survivant de plus en plus rarement à ses méthodes. A la fin de l'année 1944, le SS-Gruppenführer Clauberg quitte le Bloc n°10, fuyant devant l'avance de l'Armée Rouge. Lui et une partie de son équipe se replient sur le camp de Ravensbruck. Là, Herr Doktor poursuit ses expériences médicales. Mais la progression des armées alliées le contraint à fuir à nouveau. On retrouve Clauberg dans le Schleswig-Holstein, où il est interpellé par les alliés le 08 juin 1945. Le prisonnier est alors remis aux forces soviétiques. Ramené en U.R.S.S, il est jugé en 1948 et condamné à 25 années d'emprisonnement dans un goulag. Pourtant, en 1955, le professeur Clauberg bénéficie des accords germano-soviétiques portant sur le rapatriement des prisonniers. Notre homme rentre en RFA... libre comme l'air ! il s'installe alors à Kiel. Karl Clauberg ne fait preuve d'aucun regret quant à ses ignobles expériences. Il va même jusqu'à souligner l'intérêt scientifique de ces dernières pour le progrès médical. Néanmoins, en novembre 1955, la roue tourne pour Clauberg. Une association de juifs allemands dépose plainte contre lui. Arrêté par la police, il est à nouveau jeter en prison, attendant on procès. Malade, il est transféré dans un hôpital carcéral et décède en août 1957, quelques semaines avant de comparaître devant la justice ouest-allemande.
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