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ZELIA
CODREANU Corneliu
| Yannis KADARI | en ligne depuis : Octobre 2001 | © www.1939-45.org |
Corneliu
Zelia Codreanu, Cornelius Zelinski de son vrai nom, voit le jour le
15 septembre 1899 en Moldavie près de Iasi. Corneliu est le
fils aîné d'une famille qui comptera sept enfants, dont
quatre garçons. Sa mère Elisa, née Brauner, est
roumaine d'origine allemande, tandis que son père, Ion, a des
origines polonaises. Passionné par le métier des armes,
le garçonnet parvient à intégrer l'école
militaire de "Manastirea Dealului", ce dès son onzième
anniversaire. Il y reste jusqu'à ses seize ans, recevant une
éducation stricte où les aspects religieux sont loin
d'être négligés... Elève attentionné,
notre jeune homme acquiert un sens développé de l'honneur,
de la discipline et de la hiérarchie. Cette vision du monde
teintée de mysticisme religieux et de nationalisme exacerbé
sera quelques années plus tard le fondement même de la
Garde de Fer et plus globalement le moteur de la lutte politique et
idéologique de Codreanu.
En 1919 puis en 1920, Codreanu, alors étudiant, participe aux sanglantes répressions menées contre les mineurs grévistes des syndicats communistes. C'est toujours au début des années folles, que le futur chef de la Garde de Fer constitue le Parti National-Chrétien en vue de lutter contre les agitateurs bolcheviques. Très vite, Codreanu ajoute à la liste des adversaires à abattre les juifs, qu'il considère comme étant les véritables leaders des révoltes qui secouent et ravagent la nation roumaine. Si Corneliu Codreanu est de tous les combats, son organisation politique ne séduit pas et finit par disparaître. L'homme reprend alors le chemin de la faculté de droit. Sur les bancs de l'université, il reste un étudiant engagé, activiste, qui n'hésite pas à afficher son idéologie. Le jeune roumain organise des débats, pendant lesquels il monopolise la parole. Il ne perd pas l'occasion de faire le coup de poing contre d'autres étudiants. La situation est telle qu'il finit par être expulsé par le doyen de l'université ; mais c'est sans compter sur la sympathie que lui voue un ami de la famille Codreanu. Ce personnage, Cuza, se trouve justement être un professeur d'extrême-droite ainsi qu'un fervent antisémite. Il ne faut que peu de temps pour que l'étudiant soir réintégré. Codreanu passe ses examens avec succès et sort diplômé de la faculté de droit en 1922. La même année, il part pour l'Allemagne afin d'y passer une année d'étude. En 1923, il découvre de près un mouvement nationaliste et antisémite, le N.S.D.A.P. Il découvre ses méthodes, son organisation et son chef... un certain Adolf Hitler. D'aucuns affirment que Codreanu aurait assisté à un meeting du futur Führer du IIIe Reich et lui aurait même été présenté. La preuve de ce fait n'a jamais été apporté. De retour en Roumanie en 1923, Codreanu retrouve son protecteur, Cuza. Ce dernier décide alors de former un mouvement politique, baptisé "Ligue de Défense du Nationalisme Chrétien", dont Codreanu devient le secrétaire. Il organise aussi le bureau estudiantin du mouvement. La ligue de Cuza étale clairement sa haine des juifs, que ses leaders considèrent d'ailleurs comme étant leurs pires ennemis. La situation s'envenime, lorsque sous l'impulsion du roi Ferdinand I, le gouvernement modifie la constitution afin de garantir la citoyenneté roumaine aux juifs résidant dans le pays. Codreanu et Cuza organisent ensemble une cabale visant à assassiner plusieurs responsables politiques nationaux. En 1925, Corneliu Codreanu bascule dans le terrorisme et assassine le chef de la police de Iasi qui s'opposait à la campagne antisémite de la Ligue. Le réseau de Codreanu est rapidement démantelé par la police politique du roi. Arrêté, Codreanu est incarcéré avant d'être remis en liberté au début de l'année 1927. A l'instar d'un Hitler, c'est pendant son séjour derrière les barreaux que notre homme planifie sa future lutte pour la conquête du pouvoir et la construction d'un nouvel ordre roumain. Cordeanu arrive à la conclusion que seuls la foi et le travail apporteront la rémission au "cancer juif" dont souffre la nation. Ce mysticisme politique est considérablement renforcé par une vision de l'Archange Michel que Codreanu prétend avoir eu en prison. A peine libéré, Codreanu imagine avec son camarade Ion Mota un nouveau groupuscule d'activistes. Les "Frères de la Croix". C'est une organisation qui vise à encourager et à mobiliser la jeunesse roumaine dans la lutte contre ses adversaires : les communistes et les juifs. Les mots d'ordre sont simples : sens du sacrifice, camaraderie, loyauté et courage. En réalité c'est la violence et la terreur qui sont au rendez-vous. Codreanu qui rêve d'une organisation paramilitaire dans le style des Sturmabteilung nazies entre en lutte ouverte avec Mota. Le mouvement s'effrite puis s'effondre. Mais Codreanu n'est pas le style d'homme à renoncer... Pendant l'été 1927, Codreanu constitue dans la plus totale des illégalités une nouvelle organisation : "La Légion de l'Archange Michel". Cette dernière repose sur quelques grands préceptes immuables : Foi en Dieu, foi dans la mission sacrée, amour de la patrie et amour fraternel (sic). Codreanu s'autoproclame "Capitaine" de ses troupes (les légionnaires) majoritairement formées d'étudiants chrétiens et pratiquants. Si l'homme ne cache pas son admiration pour Mussolini et Hitler, il souhaite malgré tout que le fascisme roumain soit unique. Sa mission sacrée sera justement de tracer la voie de développement du mouvement et peu importeront alors les moyens utilisés pour conquérir le pouvoir. La violence est omniprésente ; l'agitateur n'hésite pas à organiser avec ses militants des pogroms ou bien à s'en prendre à des synagogues, comme à Oradea où le lieu saint est incendié après avoir été dévasté. Avec la disparition de Ferdinand I dit "Lealul" ou "Intregitorul", la Roumanie entre dans une terrible période d'instabilité politique, matérialisée (et aussi causée) par les atermoiements et la vie de satrape du nouveau roi Carol II. Pour Codreanu, le moment semble enfin être venu de forger une outil politique capable de lui permettre de s'emparer de tous leviers du pouvoir. C'est en 1930, qu'il crée la "Garda De Fier" (Garde de Fer), vitrine politique mais aussi paramilitaire de la Légion. Codreanu ratisse large et trouve dans le monde rural ainsi que parmi les intellectuels un important soutien. Très vite il bénéficie d'un fort "capital sympathie". Parallèlement les délires paramilitaires de Codreanu s'accentuent... Imitant la SS hitlérienne, la Garde de Fer n'accepte que de jeunes volontaires, âgés de moins de trente ans, tous en parfaites conditions physiques. Une discipline implacable est instaurée. Le succès est au rendez-vous, le mouvement multiplie par six le nombre de ses adhérents, ce en moins de sept années. Le roi lui même encourage la croissance de la "Garda De Fier" et l'utilise afin de museler ses adversaires politiques. Mais c'est sans compter sur la hargne de Codreanu qui s'en prend directement à la vie personnelle du souverain en dénonçant sa liaison avec Magda Wolff connue sous le pseudonyme de "Elena Lupescu"... La jeune femme est "soupçonnée" d'être juive ! Ces révélations mentent en péril la déjà très fragile légitimité du roi vis à vis de son peuple. Cette montée en puissance de la Garde de Fer effraie Carol II qui ordonne en 1938 la décapitation du mouvement. Corneliu Codreanu et douze de ses camarades sont arrêtés et jeter en prison. Notre homme est condamné à dix ans de travaux forcés. L'assassinat d'un influent politicien roumain offre au roi le prétexte tant attendu pour se débarrasser définitivement des leaders fascistes, Codreanu en tête. Ces derniers sont liquidés et inhumer dans une fosse commune au mois de novembre 1938. L'annonce de l'exécution de Codreanu provoque des réaction violentes de la part de ses hommes, d'autant que le gouvernement prétend que le leader de la Garde de Fer a été abattu en tentant de s'évader. Le stratagème est très vite éventé ce qui ajoute encore plus à l'agitation entretenue par les légionnaires. Carol II réplique en faisant tuer des centaines de légionnaires, décimant ainsi le mouvement. Ce n'est qu'en 1939, que la Garde de Fer renaît de ses cendres et parvient à retrouver une place importance dans le panorama politique roumain. Elle est alors dirigée par Horia Sima qui bénéficie du soutien des "barbouzes" nazies... Codreanu est quant à lui élevé au rang de martyr et de nos jours reste encore adoré par quelques extremistes roumains.
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