DIETRICH Josef "Sepp"
Hawangen 1892 - Luwingsburg 1966

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Josef Dietrich voit le jour dans une famille de paysans le 28 mai 1892 à Hawangen près de Memmingen en Bavière. Après quelques années à l'école, où la réussite n'est pas au rendez-vous, le jeune Josef commence à travailler. Il est employé dans une exploitation agricole où il s'occupe des étables et passe aussi beaucoup de temps à conduire un tracteur. Serait-ce là l'origine de sa passion pour les belles mécaniques ? En tout état de cause, tout au long de son existence, Dietrich sera passionné par les voitures, les courses et le pilotage... Après 1907, le jeune homme se réoriente vers les métiers de l'hotellerie. Apprenti, il voyage dans quelques pays européens, dont l'Italie, la Suède et l'Autriche, avant de revenir au pays. En 1911, le 18 octobre, il décide de s'engager dans l'armée royale bavaroise. Depuis son enfance le garçon réve de rejoindre la cavalerie légére et en particulier les célèbres Uhlans.

Engagé au Premier Régiment Bavarois de Ulhans, la jeune recrue se retrouve finalement incorporé au sein du 4ème régiment d'artillerie "König" à Augsburg. Il y sert dans la seconde batterie. Mais quelques semaines après son arrivée, le 17 novembre 1911, Dietrich fait une terrible chute de cheval, ce qui a pour conséquence son renvoi presque immédiat du régiment. De 1911 à 1914, il vivote grace à de petits travaux réalisés à droite et à gauche. Il va de ferme en ferme et oeuvre comme garçon à tout faire. Le 06 août 1914, trois jours après la déclaration de guerre allemande à la France, et le jour même de la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Russie tsariste, Josef Dietrich, pris par un élan patriotique, s'engage à nouveau dans l'armée.

Il retrouve l'artillerie. Après quelques semaines passées au 6ème Régiment Bavarois, il est muté au sein du 7ème d'artillerie baptisé "Prinzregent Luitpold". En novembre 1914, il est blessé et doit être évacué loin de la ligne de front. On le retrouve un peu plus tard, en janvier 1915. Peu de temps après son retour au feu il est à nouveau blessé. Remis il sert ensuite dans un bataillon d'assaut avant d'être transféré dans l'une des rares unités de tanks allemands de la Première Guerre Mondiale. Il combat au sein du 13ème détachement de Panzer. Novembre 1918 apporte la paix au monde. Josef Dietrich est alors rapellé au 7ème Régiment d'artillerie qu'il rejoint le 20 novembre 1918. Il quitte l'armée en mars 1919, décoré des Croix de Fer de Première et de Deuxième classes, du badge noir des blessés, de la médaille des tankistes en argent, de la médaille autrichienne de la bravoure et de la Croix bavaroise du mérite militaire.

C'est donc un ancien combattant méritant, à l'instar de millions d'autres jeunes Allemands, qui se retrouve démobilisé dans un pays en proie au plus total des chaos. En avril notre homme se rend en Bavière, à Munich, pour rejoindre la Landespolizei. Accepté, il y ferra carrière jusqu'en 1927. Entre-temps, il aura pris un congé sans solde pour s'engager dans le Freikorps "Oberland" et se battre contre les insurgés polonais de haute Silésie. En 1923, bien que n'étant pas membre du Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, le parti hitlérien, il aura aussi participé au putsch de Munich - Marsch zur Feldherrnhalle. Retrouvons Dietrich en 1927, lorsqu'il quitte la Landespolizei au grade de Hauptmann...

Après son départ de la police, il travaille dans une fabrique de tabac dans laquelle il est vendeur. Un peu plus tard il devient gérant d'un poste d'essence. Le 01 mai 1928, il prend la décision de rejoindre le parti nazi sous le numéro 89015, s'engageant dans la foulée au sein de la Allgemeine-SS (matricule : 1177). Affecté à Munich, il commande le 1. SS Sturm, bientôt rebaptisé 1. SS-Standarte. Jugé comme étant un meneur d'hommes exceptionnel, son ascencion dans l'Ordre Noir est très rapide. SS-Sturmführer en juin 1928, il est promu au rang de SS-Strurmbanführer le 01 août 1928, puis de SS-Standartenführer en septembre 1929. Nommé Gauführer Oberbayern, il prend le commandement de la SS-Brigade "Bayern" de septembre 1929 à juillet 1930. Parrallélement, Dietrich, athléte reconnu (boxer), assure la sécurité rapprochée du leader nazi.

Le 11 juillet 1930, Dietrich est promu SS-Oberführer et prend en main le SS Gruppe "Süd", les troupes SS stationnées en Allemagne du Sud, poste auquel il remplace un certain Rudolf Hess. Le 18 décembre 1931, il devient SS-Gruppenführer. En octobre 1932 il commande au SS Gruppe "Nord". Entre-temps, il entre au Reichstag. Il restera parlemantaire jusqu'à la fin de la guerre. Puis la valse des mutations reprend avec le commandement du SS Gruppe "Ost". Mais les plus grandes responsabilités de Josef Dietrich ne se situe pas là, car depuis le 29 février 1932 il est à la tête d'une unité créée ad hoc pour assurer la sécurité du futur Reichkanzler. Le groupe de SS est baptisé SS Begleit-Kommando Der Führer. Ce groupe deviendra un peu plus tard la SS Stabswache Berlin. Quelques mois après la prise du pouvoir d'Hitler, début août 1933, la SS Stabswache Berlin deviendra à son tour le SS Sonderkommando Berlin, puis le SS Adolf Hitler Standarte et enfin la Leibstandarte.

Le 03 septembre 1933, notre homme est confirmé dans son rôle de Kommandeur de la Leibstandarte. L'unité est débaptisée pour devenir la Leibsdandarte SS Adolf Hitler ou LSSAH. Pour la première fois depuis la création du N.S.D.A.P, une entité nazie est financée par les fonds de l'Etat allemand. En effet, dès 1934, la LSSAH passe officiellement sous la responsabilité du Ministre de l'Intérieur du Reich.

En juin 1934, les hommes de la Leibsdandarte SS Adolf Hitler jouent un rôle important dans la "nuit des longs couteaux" - Nacht der langen Messer. Deux compagnies de SS, commandées par Martin Kohlroser, participent aux executions des SA à la prison Stadlheim de Munich. C'est un autre SS, le SS-Brigadeführer Theodor Eicke, qui abat le chef des Sturmabteilung, Ernst Röhm, dans sa cellule. Dès les prémisses de la purge, Dietrich accompagne fidelement son Führer qui part de Berlin pour se rendre à Munich. Comme pour Eicke et d'autres membres de la SS, cet engagement auprès de Hitler, et dans une moindre mesure du Reichsführer-SS Himmler, sera une preuve du dévouement de notre homme à ses chefs... le serment SS n'est il pas : Mon honneur se nomme fidélité ? avec le temps, les rélations Dietrich-Himmler iront en se ternissant, mais la position, la fonction même de "Sepp" Dietrich lui offriront toujours une relation privilégiée avec le Führer du IIIe Reich. Hitler, conscient de la dévotion de son subordonné, lui accordera toute sa confiance jusque dans pratiquement les derniers jours de sa vie en 1945. Cette relation de confiance conférera suffisament d'importance à Dietrich pour qu'il puisse, dans certains cas, s'opposer aux vues de Himmler sans en subir de trop lourdes conséquences.

Après l'Anschluss, en 1938, la LSSHA est transformée en régiment motorisé - Infanterie-Regiment Leibstandarte SS Adolf Hitler (Motorisiert). Mais elle conserve, au travers de détachements, sa mission traditionnelle de protection du Führer. En septembre 1939, l'unité sert en Pologne. C'est durant cette campagne que des SS commandés par Dietrich se distinguent, au mauvais sens du terme, pour la premiere fois. Un SS-Obersharführer servant dans l'unité de Feldgendamerie de la LSSAH et un autre Grenadier enferment une cinquataine de juifs polonais dans une synagogue avant de les passer par les armes. Envoyés devant un tribunal militaire, les deux SS echappent à la peine capitale et ne sont condamnés qu'à de légères peines de prison...

En 1940, Josef Dietrich, General der Waffen-SS depuis le mois de mars, prépare ses hommes à l'invasion du Benelux et de la France. L'entrainement est rude, mais Dietrich, comme tout au long de sa carrière, fait preuve d'honneteté et de camaraderie avec ses SS. Tenus en réserve d'armée, les SS sont d'abord engagés aux Pays-bas où le bataillon de motocyclistes fait sa jonction avec les Fallschirmjäger qui ont sauté sur Rotterdam. La petite Hollande succombe en quelques jours. La LSSAH combat ensuite dans la région de Dunkerque où les troupes anglaises et françaises rembarquent en catastrophe sous les attaques incessantes de la Luftwaffe. Dans la seconde phase de la campagne de France, Dietrich et son régiment motorisé sont rattachés au XIV Armee Korps qui combat près d'Amiens. Là les SS font face à une forte résistance française. Le XIV Armee Korps est réengagé un peu plus à l'Est. Dietrich passe la Seine puis la Loire. La France est vaincue, Hitler exulte. Josef Dietrich, qui au cours de la campagne à echapper de peu à la mort sous un bombardement britannique, est décoré de la Croix de Chevalier le 05 juillet 1940. C'est son Führer qui le décore personnellement.

En avril 1941, les SS de "Sepp" Dietrich sont engagés dans la campagne des Balkans au sein de la 12. Armee. C'est l'opération "Marita", la conquete de la Yougoslavie puis de la Grèce. La Leibstandarte s'y distingue par sa combativité et son efficacité. On citera tout particulierement les manoeuvres du SS-Aufklärungsabteilung alors commandé par un jeune officier prometteur, Kurt Meyer, futur "patron" de la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend. Moins d'un mois plus tard, en mai, la LSSAH, ravitaillée et renforcée, devient une division. Renommée SS-Division Leibstandarte-SS Adolf Hitler, elle compte plus de 10.000 Grenadiere et s'annonce être un fantastique outil de combat. Comme de juste l'unité est engagée dans l'opération "Barbarossa", l'invasion de l'U.R.S.S, au sein du 54. Armee Korps - Heeres Gruppe Süd. Elle sera plus tard transférée auprès du Panzergruppe 1. Elle participe à la conquete de l'Ukraine puis contribue au gigantesque encerclement d'armées soviétiques dans ce que l'on nommera le chaudron - Kessel Schlachten - de Kiev. Par la suite, l'unité combat à Taganrog. C'est au cours de ces opérations que les Waffen-SS découvrent les corps de six de leurs camarades, prisonniers de guerre, mutilés puis tués par les Russes. En represaille, Dietrich ordonne qu'aucun prisonnier ne soit fait pendant les trois prochains jours. La division reprend ensuite sa course vers l'Est - Drang nach Osten ! - et s'empare de Rostov sur le Don le 21 novembre. Mais de vigoureuses contre-attaques soviétiques obligent les troupes allemandes à abandonner la ville le 29, puis à se replier vers le fleuve Mius. Sur place, Dietrich et ses hommes "s'enterrent" pour résister aux furieux assauts de l'Armée Rouge. depuis le début de la campagne, les combats sont durs et les prisonniers de guerre rares, d'un côté comme de l'autre... Le 31 decembre 1941, Josef "Sepp" Dietrich reçoit les feuilles de chene. Il a 49 ans.

Durant l'été 1942, la LSSHA qui a considérablement souffert sur le Front de l'Est est ramené à l'Ouest afin d'y être reconstituée. Dietrich et ses Grenadiere sont basés près de Paris, véritable paradis sur terre pour ces hommes qui reviennent de l'enfer russe ! le 09 septembre 1942, la division devient officiellement une Panzer-Grenadier-Division. Elle est en fait doté d'un Panzer-Regiment complet et possède donc une puissance de feu équivalente, voire supérieure, à une Panzer-Division de la Heer. Fin 1942, les SS participent à l'invasion de la zone libre jusqu'alors administrée par Vichy. Le raid est ordonné par Hitler consécutivement au débarquement des troupes anglo-américaines en Algérie et au Maroc - Opération "Torch".

En 1943, Dietrich et sa SS-Panzer-Grenadier-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler retrouvent les steppes soviétiques et les combats du Front de l'Est. La division participe aux batailles titanesques menées afin de reconquerir Kharkov ainsi qu'à l'operation "Citadelle" en juillet 1943. "Citadelle" donnera lieu à la plus grosse bataille de chars de toute la Seconde Guerre Mondiale. Dietrich est décoré des glaives le 16 mars 1943, mais depuis le 04 juin, il a quitté le commandement de la LSSAH, repris par le SS-Brigadeführer Theodor Wisch.

Après une courte permission pendant laquelle "Sepp" Dietrich se livre à son passe-temps favori, la chasse, notre homme travaille à la constitution de ce qui deviendra le 27 juillet 1943 le I. SS-Panzer-Korps. En septembre de la même année, il mène une mission spéciale consistant à superviser le désarmement de l'armée italienne qui vient de capituler et de rejoindre le camp allié. Il retrouve la LSSAH, envoyé dans le Nord de l'Italie pour lutter contre les partisans. C'est au cours de cet été 1943, que les SS de la Leibstandarte se distinguent à nouveau. Deux SS-Sturmbannführer servant sous les ordres de Joachim Peiper sont fait prisonniers par des partisans italiens dans le bourg de Bove. Peiper ordonne que la ville soit bombardée. 37 civils perissent. Un procès sera organisé en 1968 avec Peiper dans le box des accusés mais il n'aboutira jamais par manque de preuves. "Sepp" Dietrich, avec l'appui de Himmler, couvre de nombreuses autres exactions commises par les Waffen-SS, dont des vols, des pillages, des meurtres et d'importants trafics au marché noir. De terribles opérations de représailles sont aussi menées par les SS. Erwin Rommel, commandant en chef du front italien, multipliera sans succès les protestations auprès de Himmler et de Dietrich. Fin novembre 1943, Rommel partira pour la France afin d'ograniser le mur d'Atlantique, laissant son commandement à Albert Kesselring.

Au cours du mois de janvier 1944, "Sepp" et l'état-major du I. SS-Panzer-Korps s'installent en Belgique, puis au printemps à Paris. La seule unité disponible est alors la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend déployée près d'Evreux. Le 06 juin 1944, alors que les troupes alliées débarquent en Normandie, l'on retrouve Dietrich à Bruxelles où il visite la 1.SS-Panzer-Division SS Adolf Hitler ramenée de Russie et mise au repos à l'Ouest. Dans les heures qui suivent le débarquement, Dietrich rejoint Paris. Il chargé par le Commandant en Chef du front Ouest, le Generalfeldmarschall Gerd von Rundstedt, de préparer une contre-attaque sur les plages tombées entre les mains des alliés. Dietrich dispose alors de la Panzer Lehr Division, de la 21. Panzer-Division et bien sur de la Hitlerjugend. Mais la supériorité aérienne alliée réduit à néant l'ambition d'une contre-attque de grande ampleur à D+1. Dietrich et ses hommes sont contraints de se battre en défensive, notamment en interdisant aux blindés anglo-canadiens la prise de la ville de Caen. Une légende de la Panzerwaffe partcipe à ces combats : Michael Wittmann. Le 01 août 44, Dietrich est promu SS-Oberstgruppenführer und Generaloberst der Waffen-SS et reçoit le titre honorifique est unique dans l'histoire de la Waffen-SS de Panzer Generaloberst der Waffen-SS. Cinq jours plus tard, il devient le seizieme récipiendaire des brillants pour sa Croix de Chevalier. Le 09 août, notre homme prend la tête de la 5. Panzer Armee remplaçant ainsi Heinrich Eberbach et laissant son commandement à Georg Keppler. Mais notre homme semble avoir pris conscience de la situation désespérée du IIIe Reich. La guerre est perdue, à l'Ouest comme à l'Est. Dietrich s'était même rapproché de Rommel at aurait affirmé à ce dernier que si Hitler venait à disparaitre, il reconnaitrait le "Renard du désert" comme son unique chef...

En septembre 1944, Josef "Sepp" Dietrich reçoit l'ordre de Hitler de former la nouvelle 6. Panzer Armee (rebaptisée 6. SS-Panzer-Armee à partir du 31 janvier 1945). L'état-major est formée dès septembre, ses cadres venant des débris du XII. Armee Korps laminé en juillet près de Minsk en U.R.S.S. L'armée est quant à elle officiellement déclarée opérationnelle à la fin octobre 1944. A l'origine composée des I. SS-Panzer-Korps (Hermann Priess) et II. SS-Panzer-Korps (Wilhelm Bittrich), elle est renforcée par le LXVII. Armee Korps afin d'être engagée le 16 décembre 1944 dans la contre-offensive des Ardennes. L'opération est codée "Wacht Am Rhein". On y trouve la fine fleur des Panzer SS, dont la 2. SS-Panzer-Division Das Reich (SS-Brigadeführer Heinz Lammerding), la 9. SS-Panzer-Division Hohenstaufen (SS-Brigadeführer Sylverster Stadler), la 12. SS-Panzer-Divisions Hitlerjugend (SS-Brigadeführer Hugo Kraas) et bien sur la 1. SS-Panzer-Division SS Adolf Hitler (SS-Brigadeführer Wilhelm Mohnke). Chargée de l'effort principal vers le Nord, la 6. Panzer Armee devra ensuite se diriger vers la Meuse puis s'emparer d'Anvers, port alors capital pour le ravitaillement allié. Le fer de lance de l'armée est constitué par le Kampfgrüppe de Joachim Peiper. Au cours de la progression, plusieurs massacrent sont commis par des troupes SS, dont celui de Baugnez plus connu sous le nom de massacre de Malmédy, au cours duquel 86 GI's prisonniers sont massacrés par des unités de la 6. Panzer Armee... En janvier 1945, il faut se rendre à l'évidence, le coup de poker d'Hitler a raté. La 6. Panzer Armee a perdu plus de 24.000 hommes et une grande partie de son matériel. La 5. Panzer Armee est quant a elle ramenée sur ses lignes de départ.

En mars 1945, on retrouve "Sepp Dietrich" et sa 6. SS-Panzer-Armee en Hongrie, où il tente de ralentir l'avance de l'Armée Rouge près du lac Balaton. Malgré les efforts allemands et quelques succès préliminaires, l'opération ralentie puis stoppe. C'est un echec. Ce IIIe Reich que Hitler voulait millénaire est à l'agonie. Fin mars, début avril, Dietrich se replie sur Bratislava avec les débris de son armée blindée. L'homme doit en plus faire face à une perte de confiance totale de la part de son Führer. Hitler considére que les SS sont en train de le trahir, qu'ils manquent d'entrain à se battre. Il ordonne que les Grenadiere de la 1. SS-Panzer-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler, mais aussi de la Totenkopf et de la Hitlerjugend, arrachent leurs bandes de bras distinctives. Le Führer annonce que toutes les promotions sont désormais gelées... Dietrich ignore l'ordre du dictateur, n'informant seulement que ses chefs de divisions. Il leur déclare : "Voici donc la récompense finale pour tout ce que vous avez fait ces cinq dernières années...". Faché avec Heinrich Himmler, ayant totalement perdu la confiance du Führer, Dietrich parvient à replier les débris de ses divisions en Autriche. C'est là, le 08 mai 1945, que Sepp Dietrich se constitue prisonnier, accompagné de son épouse, auprès du général George Smith Patton.

Apparternant à la SS, Dietrich est gardé prisonnier. En décembre 1946, un procès concernant le massacre de Malmédy est organisé à Dachau. Les principaux responsables ou présumés responsables du crime sont jugés, dont Peiper et Dietrich. Sur les 74 Waffen-SS jugés, 43 sont condamnés à mort, 22 à la prison à perpétuité, et 8, à des peines variables. Jugé coupable, car responsable supérieur de la 6. Panzer Armee, "Sepp" Dietrich est condamné à la réclusion à perpétuité avec 25 ans incopressiblme. Il n'en purge que neuf à la forteresse de Landsberg avant d'être finalement remis en liberté en octobre 1955. Quelques mois plus tard, il est à nouveau interpellé et remis derrière les barreaux. On l'accuse de meurtres et de complicité de meurtres dans le cadre d'une enquete sur la "nuit des longs couteaux" et l'assassinat de plusieurs leaders des Sturmabteilung dont Ernst Röhm. A nouveau jugé, il est à nouveau condamné, cette fois-ci à 18 mois de prison. Il bénéficie d'une mesure de clémence en février 1959, due à son état de santé et ses problèmes cardiovasculaires.

"Sepp" Dietrich s'installe à Luwingsburg avec sa famille et passe les dernières années de sa vie à chasser et à recevoir ses ex-subordonnés. Il est aussi trés actif dans l'association des anciens combattants de la Waffen-SS, le HIAG. Le 21 avril 1966, à l'âge de 74 ans, il décéde à son domicile d'une attaque cardiaque. Plus de 6.000 anciens de la Waffen-SS, tous grades confondus, assistent à ses obsesques tandis que son éloge funebre est lue par Wilhelm Bittrich. Il est inhumé au Neuer Friedhof de Luwingsburg. Souvent décrié par les autres officiers généraux, (von Rudenstedt dira de lui : "il est correct mais c'est un crétin"), manquant d'éducation, parfois très porté sur la bouteille, n'ayant pas fait d'études, Dietrich semble être le parfait modéle du personnage qui doit tout ou presque à sa fidélité envers son Führer. Néanmoins, cette loyauté n'explique pas tout, et force est de reconnaitre que Dietrich, bien que n'ayant pas suivi de cours de stratégie militaire, était doté d'une sorte de sixiéme sens pour la chose militaire. Bien souvent ce "talent" lui a permis d'emporter la décision sur les champs de bataille. Il doit être considéré comme l'un des leaders parmi les plus importants de la Waffen-SS, au même titre que des hommes comme Paul Hausser ou Felix Steiner.

 

 

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