JOUBERT DES OUCHES
Jacques
Henri
Meudon 1920 - Manche 1944

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Jacques, Henri, Joubert des Ouches naît en mai 1920 à Meudon en Seine et Oise. Il grandit dans une famille fortement marquée par le métier des Armes. Nombreux sont les membres de sa famille, paternelle comme maternelle, à être officiers ou sous-officiers. Le jeune Jacques passe une grande partie de son enfance au contact de militaires, en France puis au Maroc, où il côtoie tirailleurs et légionnaires. Il y apprend à monter à cheval et passe même un brevet de pilotin de la marine de commerce.

En 1939, à 19 ans, il annonce à sa mère sa volonté de s'engager dans l'armée de l'Air. Il entre en service comme élève pilote en février 1940. Passionné par l'aviation, Jacques avait déjà appris à voler. La prédiction faîte à son baptême par son parrain, le Capitaine Henry Roget, as de 1914-18, compagnon de Nungesser et de Coli, devait donc se réaliser : "Jaques sera aviateur".

En juin 1940, il est en formation à l'école de pilotage n° 23 de Morlaix-Ploujean en Bretagne. C'est avec son école qu'il quitte la France le 19 juin 1940 à 23h15 en embarquant à Douarnenez sur le langoustier de 500 tonnes "Le Trébouliste". Avant de quitter la France, il griffonne à la va-vite une lettre à ses parents où il écrit notamment : "Les boches avancent en Bretagne. Je ne me laisserai pas prendre par ces démons, j'irai dans un pays où l'on se bat encore contre eux". Son courrier n'arrivera que dix-huit mois plus tard au domicile de ses parents, au Maroc.

Arrivé en Grande Bretagne, il s'engage quelques semaines plus tard dans les forces que le général de Gaulle tente de constituer, sous le matricule FAFL 30.529. Avec un certain nombre de ses camarades, élèves pilotes comme lui, il embarque fin août pour l'opération "Menace", la tentative de débarquement à Dakar. Celle-ci ayant échoué, il se retrouve à Douala au Cameroun. En décembre, inutilisable sur place, le petit groupe d'élèves est renvoyé en Angleterre.

Jacques Joubert des Ouches commence alors un long cycle d'instruction dans les écoles britanniques à l'issu duquel il obtient les galons de sergent et son brevet militaire de pilote d'avion de la Royal Air Force en février 1942. Nommé aspirant il part début mars en O.T.U.

A la mi mai 1942, il est affecté au No. 87 Squadron puis un mois après au No. 232 avec lequel il participe à l'opération "Jubilée" sur Dieppe le 19 août 1942. En septembre 1942, il passe au No. 616 Squadron. Promu sous-lieutenant en décembre puis lieutenant en septembre 1943, il est mis en repos en novembre de la même année.

Il part alors pour l'Algérie, où il retrouve sa mère et son père, ce dernier étant membre du Cabinet du Général Commandant en Chef. Il est ensuite affecté comme moniteur à l'école de chasse de Meknès au Maroc. Il n'y reste que trois jours (!) et se fait affecter dans un groupe de chasse en formation avec des évadés de France par l'Espagne, des pilotes en opérations en A.F.N. ou provenant des écoles du Maroc ou du Canada. Ce groupe est créé à Alger sous le nom de GC II/2 "Berry" et sera intégré dans la Royal Air Force comme No. 345 "French" Squadron après son arrivée en Grande Bretagne en février 1944. Joubert des Ouches embarque alors pour la Grande-Bretagne à bord du S/S "Strathmore". Il ne reverra plus jamais les siens... Des Ouches est placé sous les ordres d'un as de la campagne 1939-40, le capitaine Bernard Accart, promu quelques semaines plus tard commandant et prenant le pseudonyme de commandant Bernard pour éviter des ennuis à sa famille restée en France.

A la fin avril, le groupe devient opérationnel et fait mouvement pour le sud de l'Angleterre. Le lieutenant Jacques Joubert des Ouches, pilote confirmé, participe aux opérations jusqu'à la date fatidique du 06 juin 1944 où il disparaît au retour d'une mission sur les plages du débarquement. Il semble qu'il ait été victime d'ennui de moteur et que, ne pouvant regagner l'Angleterre, il ait sauté de son Spitfire Mk. V (W3843). Son dinghy fut retrouvé vide au large de la pointe de Barfleur.

Le lieutenant Jacques Joubert des Ouches fut fait compagnon de la Libération, à titre posthume par décret du 16 octobre 1945. Croix de guerre avec trois citations, chevalier de la légion d'Honneur et médaille de la Résistance à titre posthume en 1947. Il totalisait au moins 230 heures de vol de guerre réalisée en un peu plus de 170 missions et avait endommagé deux Focke Wulf Fw 190 en combat aérien.

Ironie du sort, le lendemain 07 juin 1944, l'un de ses camarades d'évasion du "Trébouliste", affecté au même Squadron, le sergent Pierre Autret (matricule 30.369) était abattu par la Flak dans la région de Valognes. Son Spitfire Mk. V (BM312) percuta au sol et explosa.

 

NOTE : Je tiens à remercier Monsieur Yves Morieult, auteur d'articles historiques et membre d'honneur de l'amicale des Forces Aériennes Françaises Libres, pour l'aide qu'il m'a apporté dans le cadre de cette biographie. A noter que Monsieur Morieult devrait très prochainement faire paraître un nouvel ouvrage intitulé "Croix de Lorraine dans le ciel de Dieppe". Nous vous tiendrons aux nouvelles !

 

 

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