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LAFFON
Emile | Yannis KADARI | en ligne depuis : Décembre 2000 | © www.1939-45.org |
Emile Laffon naît dans l'Aude en 1907. Le jeune homme est issu d'une famille de notables, comptant plusieurs hommes de lois dont des magistrats et des avocats. Dans un premier temps Emile, au grand dam de son père, oriente ses études vers le domaine scientifique. Doué en mathématiques et en physique, travailleur, il passe avec succès le concours d'entrée de l'école des Mines de Paris. Il s'y taille une réputation de "bosseur" mais ne négligeant pas pour autant les plaisirs simples entre amis. D'aucuns le qualifient alors d'homme de coeur cultivant une charmante ironie. D'autres le trouvent doté d'une élégance morale extraordinaire. Il devient ingénieur mais décide finalement de s'intéresser au droit civil. Il passe ses examens et devient avocat au Barreau de Paris, devenant en 1938 premier secrétaire de la Conférence du Stage. En 1939 il est mobilisé et rejoint l'armée de l'air. Il sert en qualité d'observateur de bombardement. Ses états de service lui valent de recevoir la Croix de Guerre. Démobilisé en 1940, il n'admet la défaite de la France et décide de réagir. Il commence par symboliquement démissionné du Barreau de Paris. Il prend connaissance de l'Appel du 18 juin et cherche à prendre contact avec des organisation de résistants. Délaissant Paris, il part pour le Sud de la France, en zone libre, où il rencontre des hommes prêts à lui faire confiance. Il prend la direction d'une société industrielle à Saint-Etienne, où il rend de nombreux services aux gaullistes. En 1942, le B.C.R.A lui demande de rejoindre Londres pour y prendre une nouvelle fonction. Laffon quitte Saint-Etienne de nuit puis s'évade, traverse les Pyrénées, et atteint Gibraltar d'où il s'envole pour la capitale britannique. Sur place, il est nommé à un haut poste du Commissariat de l'Intérieur. Après l'arrestation de Jean Moulin dit "Max" en 1943, Laffon passe sous les ordres d'André Philip. Ce dernier lui demande de retourner en France afin d'y réorganiser les mouvements de Résistance, fortement ébranlés à la suite de l'affaire de Caluire. Notre homme vit pendant trois mois sous plusieurs identités, risquant sa vie quotidiennement. Brillant et doté d'un remarquable esprit de synthèse, Laffon rejoint Alger puis Londres où il énonce plusieurs mesures à prendre d'urgence afin de renforcer la position des mouvements gaullistes de Résistance en France. Il met aussi en avant quelques idées pour fédérer les mouvements de différentes obédiences politiques. Ses propositions sur l'articulation de l'organisme militaire, des mouvements de Résistance et sur la préparation de la libération sont retenues sans aucune exception. Reste alors à mettre en place sur le terrain, les commissaires de la République et les comités de Libération. Laffon repart en France occupée dès le mois d'octobre 1943 pour mettre en branle toute cette organisation. Toujours sous la menace permanente d'une arrestation, il sillonne le pays et travaille sans relâche en coopération avec le CNR. En février 1944, il doit partir pour la Grande-Bretagne. Les conditions météorologiques sont désastreuses et il doit se résoudre à quitter le continent non pas par avion, mais en bateau. Il embarque à bord du "Jouet des flots", en compagnie de prestigieux camarades, dont Brossolette et Bollaert. Malheureusement le navire fait naufrage au large des côtes françaises. Si Laffon s'en sort, Brossolette et Bollaert sont capturés par la police militaire allemande. Emile est obligé de se cacher jusqu'à la Libération durant l'été 1944. Laffon écrira plusieurs articles au sujet de ses opérations clandestines en France de 1942 à 1944. Début 1945 Emile Laffon est nommé au ministère de l'intérieur, qu'il quitte quelques mois plus tard pour devenir administrateur général de la zone française d'occupation en Allemagne. De 1945 à 1947 il réside à Baden-Baden. Il quitte son poste pour prendre la direction des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais. En 1952, il démissionne de la fonction publique et rejoint le secteur privé où il connaît un succès remarquable. Il accroît encore un peu plus sa charge de travail en multipliant de nouveaux contrats internationaux. Il succombe à une crise cardiaque le 20 août 1958.
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