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MANNERHEIM
Carl Gustaf Emil | Yannis KADARI & Nicolas BERNARD | en ligne depuis : Février 2000| © www.1939-45.org |
Afin éponger ses dettes, Carl Robert Mannerheim vend le superbe manoir de Louhisaari à sa soeur Eva Carolina. La somme perçue ne suffit pas à régler ses créanciers. Acculé, le conte abandonne lâchement sa famille et s'enfuit pour Paris, où il mènera une vie d'artiste s'essayant sans succès à la poésie. Il décédera en 1914... Ce départ fait complètement voler en éclat la famille de Carl Gustaf Emil, qui se disperse ; quatre des huit enfants partent pour la Suède, tandis que les plus jeunes, dont Carl, restent en Finlande avec leur mère. Cette situation tragique n'est bien sur pas sans effets sur l'adolescent qu'est Carl Gustaf Emil. L'enfant, jusqu'alors doux et obéissant, devient turbulent et fait preuve de terrifiants accès de colère. Il se montre violent à plusieurs occasions, ne supportant plus aucune forme d'autorité. En 1881, Madame Mannerheim décède ; Carl Gustaf Emil est alors recueilli par son oncle maternel qui se charge de son éducation. Le jeune Mannerheim, fréquente plusieurs écoles et collèges, dont le collège militaire des Cadets, d'où il est renvoyé pour indiscipline et violence. Il achève néanmoins ses études au lycée religieux de Helsinki, obtenant son certificat des études en 1887. Il passe avec succès son baccalauréat en juin de la même année. Cette réussite et la discipline imposée par son oncle, remettent Mannerheim sur la bonne voie. Il commence enfin à vivre selon son rang fréquentant les salons les plus en vue d'Helsinki. Mannerheim se passionne aussi pour les courses automobiles, l'équitation, les armes anciennes et surtout la chasse. Cette dernière activité le conduira tout au long de sa vie à voyager. Pour trouver ses proies, il ira en Inde, en Algérie, au Maroc et en France. Carl Gustaf Emil chassera aussi en Europe centrale et Orientale, notamment sur les terres prussiennes de Göring. Il s'engage dans l'armée russe en 1887. En formation à l'école de cavalerie de 1887 à 1889, Mannerheim devient jeune officier aux Chevaliers Gardes. Breveté d'état-major, il participe à la guerre russo-japonaise (1904-1905) avant de diriger de 1906 à 1908 une expédition à cheval franco-russe en Asie, de Tachkent à Pékin. En 1910, il devient général de l'armée du Tsar. Au cours de la Première Guerre Mondiale, Mannerheim prend le commandement de la brigade de cavalerie de la garde (1914-1915), puis celui de la 12e division de cavalerie (1915-1917), et enfin le VIe corps de cavalerie (mai 1917). A cette date, la Révolution a frappé en Russie. Mannerheim, pessimiste sur la situation militaire russe, estime que l'occasion doit être saisie de créer un Etat finlandais indépendant. Fin décembre 1917, il regagne son pays et, à la tête des armées blanches (contre-révolutionnaires) parvient à repousser les forces bolcheviques après une brillante campagne militaire au printemps 1918. Se rendant en France et en Grande-Bretagne, il obtient de leur part le soutien diplomatique tant souhaité par le nouvel Etat. Fort de ces succès militaires et diplomatiques, Mannerheim est nommé Régent en novembre 1918, jusqu'à la promulgation de la Constitution en juillet 1919. Le héros national se retire de la politique et s'installe en 1923 dans sa résidence du parc Kaivopuisto. Cependant, il accepte de présider le Conseil de la Défense Nationale de 1931 à 1939. Il devient aussi président de la Croix-Rouge de Finlande (de 1922 à 1951). C'est sous son égide qu'en 1920, la ligue pour la protection de l'enfance finlandaise est fondée. Le 19 mai 1933, il est fait maréchal. Cela lui vaut l'affectueux surnom de Marski (dans l'ancienne hiérarchie suédoise et finlandaise de 1800, on nommait un maréchal de guerre, un Marsk). Lors de la "guerre d'hiver" contre les Soviétiques, Mannerheim dirige les forces armées finlandaises, poste qu'il conservera au cours de la "guerre de continuation" (1941-1944), où il coordonnera ses manoeuvres en liaison avec les Allemands pour reconquérir les territoires annexés par l'U.R.S.S en 1940. Cela étant, le Maréchal s'efforce de mener une guerre "indépendante", limitée à la reconquête de ces territoires, et garde ses distances avec le IIIe Reich. Il protégera aussi les quelques centaines de juifs finnois, dont certains, au grand dam des nazis, occuperont de hauts postes dans la hiérarchie de l'armée finlandaise.
1944.
L'Armée Rouge victorieuse prend l'offensive. L'armée finlandaise
ne tiendra pas longtemps. Mannerheim est nommé Président de la
République en août 1944 pour faciliter les négociations avec Moscou.
L'armistice sera conclu en septembre. Malgré un lourd tribut à
payer, malgré les annexions à supporter, la Finlande, grâce à
Mannerheim, a préservé son indépendance.
Fatigué, malade, Mannerheim abandonne ses fonctions en mars 1946 et se retire en Suisse à l'hôtel de Val-Mont. Il publie ses Mémoires en 1950 ("Mes Mémoires" - Hachette 1952, pour la traduction française) et décède l'année suivante.
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