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MARCKS
Erich | Alain CHAZETTE | en ligne depuis : Février 2001| © www.1939-45.org & CHAZETTE |
Le General der Artillerie Erich Marcks était l'un des meilleurs généraux de l’armée allemande, il possédait les connaissances techniques de l’officier breveté et la curiosité d’esprit du chercheur. Les experts le jugeaient digne d’occuper les plus hauts postes à responsabilité et de son coté il laissait à ses collaborateurs toute liberté d’opinion. Fils d’historien, Marcks s’adonnait aux arts et aux sciences. Sa plume fut fertile et il donna maintes preuves de ses qualités d’humanité et de son respect pour tout ce qui est historiquement grand, qu'il s’appliqua à préserver en toute occasion au cours de la guerre. Pendant la campagne de France, il fut le chef d’état-major du Generaloberst Georg von Küchler (Chef der Gen.Stab AOK 18 du 25 octobre 1939 au 10 décembre 1940) et sur sa demande il fit préserver de la guerre le joyau moyenâgeux des Flandres, Bruges et 14 jours plus tard le 13 juin 1940 il préserva du bombardement les ponts de Paris, évitant ainsi la destruction du centre ville. A l’automne 1940 on commença à étudier un plan de concentration des troupes en vue d’une éventuelle campagne contre l'U.R.S.S. Le Generalmajor Erich Marcks, chef d’état-major de l’AOK 18, ancien chef d’état-major du General von Kleist commandant le VIII. AK à Breslau et fils du célébre historien qui fut le biographe de Bismarck, fut chargé par le Haut état-major allemand de rédiger une étude sur les futures opérations à l’est. Celle-ci fut aussi hardie que particulière : "tandis qu’un large front resterait immobile entre le golf de Riga et le Dniepr supérieur, un groupement sud, très étoffé, pousserait au travers de l’Ukraine jusqu’au bassin Donetz, se qui contraindrait le gros des forces russes basées en Russie occidentale à livrer bataille à front renversé et ainsi à les repousser contre le front allemand passif". L’offensive partie du bassin du Donetz devait conduire jusqu’à Moscou. Quant à Hitler, il avait en vue autre chose, la destruction simultanée de l’armée et du régime par une succession rapide de coups extrêmement brutaux portés sur un large front. L’étude de Marcks jugée trop simpliste fut abandonnée et le General Paulus fut chargé d’établir un autre projet. Nommé le 10 décembre 1940 comme Kdr de la 101. leicht-Infanterie-Division, qui sera par la suite transformée en 101. Jäger-Division, il participe avec son unité à l’opération « Barbarossa », au sein du LII. AK et cela jusqu’au 26 juin 1941, date où il est grièvement blessé à la fois aux yeux et à la tête. Il est aussi mutilé à la jambe droite. Pour cet acte d’héroïsme mené à la tête de son unité il reçoit le jour même la Ritterkreuz en tant que 328ème récipiendaire. Entre temps il est nommé au grade de Generalleutnant le 01 mars 1941. Après une longue période de convalescence et la pose d’une prothèse, l’OKH lui octroie, à partir du 14 mars 1942, le nouveau commandement de la 337. Infanterie-Division (bodst). Il est dorénavant sous la tutelle du XXXXV. AK installé sur la Loire et dépendant de l’AOK1, puis à partir du mois de juin sous la responsabilité du LXXXIII Felbert. La 337. ID est alors cantonnée pour une courte période en région parisienne puis, en août, elle rejoint la Bretagne et la région de Saint-Malo. Marcks reste à la tête de la division jusqu’au 20 septembre 1942. Malgré le port d’une prothèse, Erich Marcks reste un fervent cavalier. Lors des manoeuvres ou au cours de ses tournées quotidiennes, il se laisse glisser le long des pentes sur son moignon et malheur à qui voudrait l’aider ! Triomphant ainsi de son invalidité, il jouit d’un grand prestige aussi bien auprès du corps des officiers que de la troupe. A partir du 20 septembre 1942, on lui affecte le commandement du LXVI. Reservekorps, formé dans le WK IX de Frankfurt et qui en octobre est dirigé sur Clermont-Ferrand. Au 01 octobre 1942, il est placé en réserve de l’OKW, puis occupe un nouveau mandat comme Kdr du LXXXVII. AK stationnant dans le Nord de la Bretagne. Du 05 novembre 1942 au 01 août 1943, il a sous ses ordres les 346. ID et 343. ID (bodenst). A partir du 01 août 1943 on le désigne responsable du LXXXIV. AK. Il occupe son nouveau PC établit à Saint-Lô en Normandie. Sur place, il s’appuie sur un état-major important soit :
Diverses unités sont rattachées au corps : Korps-Nachrichten-Abteilung 460 (Oberstleutnant Rudolf Dähne du mois d'août 1942 au mois de janvier 1944 remplacé par le Major Heinrich Benzmann), la Nachschub.Tr Kp 84 (Major Oswald Gerke), l’Arko 118 (Oberst Hamann), Ordn.Tr 460, Festungs-Stamm-Abt LXXXIV (Hauptmann Paul Järisch), Festungs-Kommandant Cherbourg (Generalmajor Robert Sattler), Fest-Kdt Jersey (Oberst Siegfried Heine), HKAR 1261 (Oberst Gerhard Triepeld), HKAR 1262 (Major Herbert Otte) et le HKAR 1265 (Oberstleutnant Carl Pedell). Les divisions subordonnées à son commandement sont : la 243. ID occupant la façade ouest du Cotentin, la 709. ID stationnant entre Cherbourg et le Grand Vey, la 352. ID disposée entre Bayeux et Isigny, la 716. ID en place dans la région de Caen, la 319. ID occupant les îles Anglo-normandes et la 30. Schnelle Brigade implantée entre Coutance et Avranche. L’histoire de son décès : Le 12 juin 1944, l’Oberstleutnant von Criegern s'entretient une fois de plus avec Marcks et insiste pour que ce dernier ne s’expose pas aux vues des Jabos qui rodent dans le ciel normand. Car en effet, depuis le débarquement, Erich Marcks se déplace énormément afin de soutenir ses troupes engagées face aux alliés. Dans le cas où le général serait blessé, un changement de commandement serait très lourd de conséquences... Peine perdue, Marcks oppose une fin de non recevoir et part à 09h30 pour sa tournée d'inspections quotidienne. Le général est accompagné par l’Hauptmann Raben et son chauffeur. La voiture quitte bientôt Saint-Lô par la Nationale 800 puis prend la direction de Périers. Afin d’arriver de gagner du temps, Erich Marcks ordonne à son chauffeur de suivre la RN et d'eviter de prendre les petits chemins habituels. A proximité de Hebecrevon, le brouillard matinal se dissipe soudain privant la voiture de Marcks de sa protection. En quelques secondres, des chasseurs-bombardiers piquent sur le véhicule alors que ce dernier s'apprete enfin à gagner une haie dans le but de se camoufler. Trop tard... des claquement des roquettes tirées par un Typhon et plusieurs autres tirs de Jabos déchirent le silence. Un projectile de 20 mm atteint le General Marcks à l’aine droite sectionnant ainsi une artère. Le chauffeur, indemne, ne peut rien faire et l’hémorragie tue Erich Marcks à 09h45 alors qu’il repose dans un fossé près de la route. Ainsi disparut l’un des meilleurs chefs de l’armée allemande. Le LXXXIV. AK perdit son chef vénéré juste une semaine après le début de la bataille de Normandie. Suite à cette tragédie le General der Artillerie Erich Marcks reçu à titre posthume les Eichenlaub en tant que 503ème récipiendaire.
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