MAYOL de LUPE Jean
Paris 1873 - Paris 1956

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Jean Mayol de Lupé naît le 21 janvier 1873 à Paris. Issu d'une famille aristocratique, il est le fils du vicomte Henri de Lupé et de Madame de Caracciolo-Girifalco. Il a aussi bien des origines françaises qu'italiennes, puisque sa mère est issue de l'une des plus anciennes familles de l'aristocratie napolitaine. L'enfant fait ses études en internat dans le Poitou à l'abbaye des Bénédictins. Il est ordonné prêtre le 10 juin 1900 et devient chevalier ecclésiastique d'un ordre autant militaire que religieux : l'Ordre de Saint Georges Constantinien.

Lorsque la Grande Guerre éclate, il part se battre comme aumônier militaire au sein de la 1ère division de cavalerie. Fait prisonnier dès le mois de septembre 1914, il reste en captivité pendant deux années avant de bénéficier d'une mesure de clémence de la part des Allemands. Revenu en France en 1916, il reprend sa place d'aumônier au front au tout début de l'année 1917. Mayol de Lupé sert en Champagne, à Verdun et dans la Somme où il est gravement blessé en 1918. Il finit la guerre en convalescence dans un hôpital militaire de Rouen. Au total il est cité à trois reprises à l'Ordre de l'armée et se voit remettre seize décorations aussi bien françaises qu'étrangères. Au yeux de tous, c'est un véritable héros.

Au sortir de la guerre, il décide de rester dans l'armée. Aventurier dans l'âme, de Lupé demande à être affecter à la "coloniale". C'est ainsi qu'il rejoint l'armée d'Orient et sert aussi bien au Liban qu'en Syrie. C'est d'ailleurs en Syrie qu'il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Victime d'une longue maladie, il quitte l'armée en 1927 et retrouve la vie civile. Il bénéficie d'une pension d'invalidité. Homme d'église, aristocrate, héros de la Grande Guerre, lettré et cultivé, il est contacté par le Ministère de l'Education Nationale pour organiser diverses missions culturelles. C'est dans ce cadre qu'il rencontre l'ambassadeur de France en Allemagne, Monsieur Poncet.

Au gré de ses voyages et des réceptions auxquelles il assiste, il fait la connaissance de plusieurs nazis influents. S'il ne semble pas partager totalement leurs idées politiques, il en est malgré tout qui le séduisent. En 1938, De Lupé est convié par les autorités du IIIe Reich au "Parteitag". C'est dans le cadre de cette manifestation qu'il se lie d'amitié avec Otto Abetz, futur ambassadeur des forces d'occupation allemandes auprès de Vichy ainsi qu'avec le professeur nazi Westrick. Toujours en 1938, Mayol de Lupé, considéré comme étant un "élément sur" est contacté par le service de renseignement militaire français afin de mener une mission en Italie : Monseigneur de Lupé doit évaluer l'attitude de Mussolini en cas de guerre franco-allemande. Le rapport détaillé fourni par l'ecclésiastique au 2ème Bureau est formel ! En cas de conflit, le Duce rejoindra son allié allemand et se retournera contre la France.

Lorsqu'en septembre 1939, la seconde guerre mondiale éclate, de Lupé alors âgé de 66 ans se porte volontaire pour partir au feu. Au vue de son dossier médical, la commission d'inspection rejette sa demande. Mayol de Lupé reste à Paris où il se met à la disposition de la défense passive en tant que brancardier. Après la drôle de guerre, les mois de mai et juin 1940 marquent l'effondrement de la France. De Lupé quitte Paris lorsque la capitale est déclarée ville ouverte. L'armistice entraîne l'occupation d'une partie du pays par la Wehrmacht et l'instauration de l'Etat de Vichy dirigé par le maréchal Pétain. De retour à Paris en septembre 1940, Monseigneur de Lupé est conduit à revoir Otto Abetz pour négocier la libération de certaines de ses connaissances.

En 1941, lorsque Berlin passe à l'attaque à l'Est, Vichy autorise la constitution d'un corps de volontaires français contre le bolchevisme. C'est la L.V.F. Abetz accepte de libérer à nouveau quelques amis de Mayol de Lupé à la condition sine qua non que ce dernier serve en qualité d'aumônier dans la L.V.F. De Lupé hésite et prend conseil auprès du Cardinal Sibilia et du Cardinal Suhard. Les deux hommes encouragent Monseigneur à accepter le marché allemand. Inutile d'insister sur le fait que la lutte contre le Bolchevisme entrait pleinement dans les opinions idéologiques de ce "moine-soldat" royaliste. De Lupé répond par l'affirmative à Otto Abtez.

De Lupé sert en U.R.S.S. sous uniforme allemand et n'hésite pas à risquer sa vie pour être au plus près des hommes de la L.V.F. En avril 1942, il écrit une longue lettre au Führer, insistant sur le fait que de nombreuses promesses allemandes ne sont pas tenus; par exemple, chaque engagé volontaire de la L.V.F devait automatiquement déclencher la libération d'un prisonnier de guerre retenu sur le territoire du Grand Reich... il n'en est rien. En janvier 1943, Mayol de Lupé est décoré de la Croix de Fer de 2ème classe et fait pour l'occasion la couverture du célèbre magazine de propagande allemand "Signal".

En 1944, notre homme participe à plusieurs meetings, où il prend la parole à la suite du général Puaud et de Jacques Doriot. Au vélodrome d'hiver, le 21 avril 1944, parlant des volontaires français en U.R.S.S, il déclare à la tribune : "C'est un beau mystère, une chanson de geste, qu'écrivent nos gars à la pointe de leur baïonnette".

Lorsque la 33. Grenadier-Division der Waffen-SS "Charlemagne", composée pour partie d'anciens de la L.V.F, est constituée, Mayol de Lupé décide de rester et de jouer son rôle d'aumônier général. Il part pour le camp de Wildflecken où la division est instruite. Trop âgé pour suivre les SS Français engagés en Poméranie, l'ecclésiastique reste en Allemagne. Il s'installe à Munich attendant la fin de la guerre. En 1945, il est arrêtépar les Américains à la demande des autorités françaises.

Remis aux gendarmes, il rentre en France pour être enfermé à la prison de Fresnes où il côtoie quelques uns de ses anciens camarades de la L.V.F ou de la Charlemagne. C'est un homme brisé et malade qui se présente devant le tribunal. Il est accusé entre autres de collaboration notoire et de port de décorations ennemies. Le verdict tombe : 15 années de réclusion, confiscation de tous ses biens et dégradation nationale. En mai 1951, Jean Mayol de Lupé bénéficie d'une mesure de grâce et est remis en liberté conditionnelle.

Il s'éteint en juin 1956. Sa dépouille fut inhumé au village de Lupé.

 

 

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