MONTET dit "MARTELL" Christian
Saint-Etienne 1914 - Ouston 1945

| Yannis KADARI | en ligne depuis : Juillet 2000 | © www.1939-45.org |

Christian Montet voit le jour le 14 mars 1914 à Saint-Etienne dans la Loire. Eléve moyen, le jeune Christian mène ses études sans grande ardeur. Sportif accompli, il pratique avec enthousiasme et devient un athlète qui participe à quelques compétitions. En octobre 1936, à l'âge de 22 ans, Montet décide de s'engager dans l'Armée de l'air pour devenir pilote. Jeune sergent en 1937, pilote talentueux, il est affecté à l'école d'Etampes en juillet 1938 (1ère escadrille). Il y est formé à la voltige aérienne. Breveté moniteur de voltige, l'E-M l'affecte en août 1939 à l'école de l'air de Salon, en Provence.

En septembre 1939, la guerre éclate. En juin 1940, on le retrouve en Afrique du Nord Française, au Maroc, à Casablanca, replié avec l'école de l'Air. Il y reçoit sa feuille de démobilisation. Mais Montet ainsi qu'une dizaine de ses amis pilotes décident de rejoindre la Royal Air Force afin de poursuivre la lutte contre la Luftwaffe et le IIIe Reich.

Un petit groupe se forme en partance pour Gibraltar, via Marseille. Ils réparent puis préparent un vieux navire, le "Saint Pierre" et quittent le Maroc de nuit. Malheureusement, ils affrontent une tempête qui les pousse inexorablement sur les rivages de l'île d'Ibiza dans les Baléares. Arrêtés par les hommes d'une Phalange espagnole, ils sont conduits à Port-Vendres en France pour y être livrés à la Police de Vichy. Jugés ils sont enfermés à Céret puis transférés à la prison militaire de Toulon. Au bout de quelques jours ils sont remis en liberté provisoire.

Que faire ? Pour Montet la réponse est simple, rejoindre à tous prix les Forces Aériennes Françaises Libres de De Gaulle !

Voilà donc notre jeune pilote qui repart, seul cette fois ci, sur les routes de France en direction de l'Espagne. Aidé par un réseau de passeurs ("le réseau Belge"), il franchit pendant l'hiver 1941-42, les Pyrénées et atteint enfin la capitale catalane, Barcelone. Il gagne ensuite Gibraltar et enfin la Grande-Bretagne où il n'arrive que le 09 avril 1942. Dès son incorporation dans les forces de la France Libre, Montet change de nom pour devenir "Martell", brouillant ainsi les pistes pour la Police de Vichy susceptible de s'en prendre à sa famille. Enfin il pourra voler, se battre, se frotter aux "Messer"...

Non ! Les service du renseignement des F.F.L. le récupère. Bien qu'étant officier des F.A.F.L., il mène plusieurs missions en France occupée pour le compte du B.C.R.A. à la condition sine qua non fixé par lui, qu'il puisse voler au plus tôt. Il constitue pour le B.C.R.A. un nouveau réseau d'évasions depuis la France. Son nom ? "Brandy". Décidément "Martell" a le sens des réalités !

Une fois "Brandy" en place et laissé aux bons soins de son frère, "Martell" suit un nouvel entraînement sur Spitifire IX et rejoint enfin en janvier 1943, un groupe de combat F.A.F.L. Le 14 mai 1943, il détruit un FW 190 allemand au dessus de la Belgique (Dixmude). Affecté au Groupe "Alsace", il commande l'escadrille "Strasbourg" en juin 1943. En juillet (le 27) en plein Dogfight, "Martell" ajoute deux autres Focke-Wulf 190 à son tableau de chasse, tandis que ceux de son escadrille en abattent trois autres. Côté Français aucune perte !

SPITFIRE Mk. IX DE CHRISTIAN MONTET - 1945
Profil in "Les pilotes de chasse français" - 2000- © P-A. Tilley - Aéro-Editions

Mais la France est toujours sous la botte des nazis. En 1944, le D-Day se précise, et "Martell" qui commande désormais le Groupe "Alsace" en son entier, a pour mission de détruire des cibles au sol. L'ennemi c'est la DCA allemande, la Flak. "Alsace" se couvre de gloire dans ces missions d'attaque au sol. Le 27 avril 1944, les avions à Croix de Lorraine, détruisent dans la même journée une station radar allemande puis l'état-Major d'une Panzerdivision. Ils sont tous de retour. En juin, le groupe est engagé pour couvrir le débarquement et la pénétration alliée en Normandie. En août 1944, "Martell" ne le commande plus. Son supérieur, le Général Martial Valin, lui a confié une nouvelle mission : Monter un O.T.U. de chasse. Il reste en Grande-Bretagne et s'installe sur la base d'Ouston prenant la tête en janvier 1945 du N° 80 O.T.U. Les jeunes pilotes sortis de l'école commencent à arriver, avides d'apprendre de la part d'un homme d'une telle renommée.

Le 31 août 1945, il décolle pour surveiller les exercices des élèves, lorsque que son moteur donne des signes de dysfonctionnement graves. "Martell" décide malgré les consignes de la Tour, de poser son avion sur la piste et pas dans un champ. En approche de la piste, sa route est barrée par une ligne d'arbres, "Martell" pousse la manette des gaz déjà enclenchée à fond et tire sur le manche mais rien n'y fait... Son appareil s'écrase au sol. Christian "Martell" est très lourdement blessé, il ne survit que quelques minutes, le crâne brisé.

Dans toute sa carriere Christian Montet dit "Martell" a volé 1.583 heures. A sa mort son tableau de chasse s'élevait à 7 victoires confirmées et individuelles, 6 victoires probables. Neuf fois cité à l'ordre de l'armée, "Martell" était décoré de la Légion d'Honneur (officier), de la Croix de la Libération, de la DFC anglaise, de la Silver Star et de l'Air Force Medal.

 

NOTE : Je tiens à remercier C-J Ehrengardt, rédacteur en chef de l'excellente revue Aéro-Journal et coauteur de l'ouvrage "Les pilotes de chasse français 39-45", pour l'aide qu'il m'a apporté dans le cadre de cette biographie.

 

 

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