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OZAWA
Jisaburo | Nicolas BERNARD | en ligne depuis : Septembre 2001 | © www.1939-45.org |
Né à Kojoegoen Mijaziken en 1886, Jisaburo Ozawa entre dans la Marine vingt ans plus tard. Sorti de l'Ecole supérieure navale en 1916, il se spécialise, comme son homologue Nagumo, dans l'arme de la torpille tout en exerçant le commandement de destroyers, puis de flottilles de contre-torpilleurs. Capitaine de frégate en 1926, capitaine de vaisseau en 1930, commande le croiseur IJN Maya, le cuirassé IJN Haruna, devient contre-amiral en 1936 puis chef d'état-major de la Flotte combinée en 1937, alors que le Japon envahit le reste de la Chine. Ozawa décide de se lancer dans l'aéronavale, devenant commandant de la 1ère escadre aérienne en 1939, puis de la 3e escadre. Il dirige l'Ecole supérieure de la Marine en 1941 et se trouve promu vice-amiral. Sa première heure de gloire survient dans l'Océan indien, en avril 1942. A la tête d'un porte-avions léger, le ijn Ryujo, de six croiseurs et de huit contre-torpilleurs, Ozawa effectue un raid dans le golfe du Bengale. Son escadre coulera 23 bâtiments de commerce d'un déplacement total de 112.312 tonnes ! Suite à ce succès, Ozawa est affecté à l'état-major naval, puis retrouve la direction de la 3e escadre en novembre de la même année. Sa compétence et les disparitions en série des amiraux japonais en 1943-1944 le propulsent à la tête de la 1ère Flotte aéronavale, à la place de Nagumo, en mars 1944. La flotte des porte-avions. Pour beaucoup, il est le digne successeur de Yamamoto. L'historien naval Albert Vuillez a ainsi décrit le personnage : " Ozawa était un petit homme mince, aux traits fins, à l'allure dynamique. Son regard filtrant à travers des paupières plissées éclairait un visage impassible. Une impression de calme imperturbable et de froide détermination se dégageait de sa personne. Il avait le don d'inspirer confiance à ses sous-ordres par le rayonnement de sa propre assurance. " (Albert Vuillez : Tonnerre sur le Pacifique, Livre de Poche, 1973, p. 358). Ozawa aura à diriger une aéronavale japonaise en déclin, mais qu'il a tout de même tendance à surestimer. Les 19 et 20 juin 1944, à la tête de cinq porte-avions et sept cents appareils, il compte bien anéantir la Flotte américaine censée soutenir le débarquement des marines au Mariannes. "Le sort de l'Empire est entre vos mains", lui a déclaré son supérieur, le commandant en chef de la Flotte combinée, l'amiral Toyoda. La chance, toutefois, n'est pas de son côté : deux de ses porte-avions (les IJN Taiyo et IJN Shokaku) sont envoyés par le fond par des sous-marins ennemis. Ses pilotes, inférieurs en nombre et surtout en qualité à leurs homologues américains, sont pratiquement tous éliminés au cours de ce que l'on appellera non sans certain sarcasme le "tir au pigeons des Mariannes". Un troisième porte-avions nippon est coulé à son tour. Ozawa renonce à prolonger l'hécatombe et se replie vers le Japon, sauvé en cela par la prudence de son adversaire Ray Spruance, qui dirige la Flotte américaine du secteur et refuse de le poursuivre. Sitôt de retour au port, Ozawa adresse à Toyoda, une lettre de démission par laquelle il avoue "sa honte d'avoir encore une fois laissé passer l'occasion de conduire le Japon à la victoire", son échec résidant tant dans sa propre incompétence que le manque de formation de ses pilotes. L'offre de démission est refusée. Toyoda a encore une dernière mission à confier à celui qui reste le meilleur tacticien de la Flotte combinée. Il lui confie le commandement d'une flotte-appât de cinq porte-avions dénués d'avions, cette escadre devant attirer les puissantes unités de l'amiral Halsey censées couvrir la flotte de débarquement américaine aux Philippines. Une mission de sacrifice qui doit permettre aux cuirassés et aux croiseurs de l'amiral Kurita de tomber sur cette flotte laissée sans protection - pour l'anéantir. Ozawa parvient à duper Halsey, mais l'amiral Kurita refusera au dernier moment de profiter de l'occasion inespérée qui lui était offerte d'en finir avec la flotte américaine Tous les porte-avions d'Ozawa seront coulés, pour rien. Ozawa, après cette ultime défaite (octobre 1944), devient commandant en chef de la Flotte combinée, en dépit d'une nouvelle offre de démission. Cette Flotte n'est plus que l'ombre d'elle-même. Les rares unités qui ont survécu à la guerre navale sont à cours de carburant et rouillent dans des ports qui seront rasés par les bombardiers américains. La Marine compte désormais sur ses kamikaze pour repousser le débarquement américain au Japon. Les raids nucléaires d'août 1945 et l'invasion soviétique de la Mandchourie aboutissent à la capitulation nippone. Ozawa sera épargné par les condamnations de criminels de guerre et décédera à Tokyo en 1966, vénéré par bien des vétérans de la Marine impériale.
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