RUDIN Ernst
St Gallens 1874 - ???? 1952

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Ernst Rüdin voit le jour à Saint Gallen, en Suisse le 19 avril 1874.

Elève brillant et travailleur, le jeune Rüdin mène ses études de médecine avec succès et passe son doctorat de psychiatrie. Dès 1903, il s'intéresse de très près à la biologie raciale et sociale qui repose sur les théories de l'eugénisme édictées par Galton. Ernst Rüdin décide de constituer avec le docteur en psychiatrie allemand Alfred Plötz le cercle de réflexion et de recherche sur l'hygiène raciale, Gesellschaft für Rassenhygiene. Cet intérêt croissant le conduit rapidement à éditer, les archives de la biologie raciale et sociale.

En juillet 1912, Rüdin est présent au premier congrès portant sur l'eugénisme qui se déroule à Londres. C'est là que sont posées les bases d'une collaboration internationale entre les chercheurs du monde entier en vue d'accroître les avancées scientifiques sur les études raciales.

En 1925, l'on retrouve Rüdin occupant un poste de professeur de psychologie à l'université de Basel. Il dirige parallèlement à sa carrière d'enseignant, l'institut Kaiser Wilhelm - Kaiser-Wilhelm-Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften - sur la généalogie et la démographie ainsi que l'institut de recherche psychiatrique de Munich. Ces deux institutions sont les piliers de la recherche sur l'eugénisme en Allemagne. A vrai dire ils sont reconnus dans le monde entier comme étant les plus rigoureux. Dans ses travaux Rüdin bénéficie du soutien de la puissante et richissime fondation Rockefeller. Le milliardaire américain, passionné par la biologie humaine et l'hygiène raciale, souhaitait soutenir les efforts des chercheurs qui, à ses yeux, luttaient contre une crise sociale de pauvreté, de criminalité et de maladies héréditaires. En 1925, la fondation Rockefeller attribua plus de 2,5 millions de dollars US à Rüdin.

Ernst Rüdin jouit d'une réputation internationale lorsqu'il participe au congrès sur l'hygiène mentale tenu à Washington en 1930. En 1933 sa renommée est sans frontières au point que l'américaine Margaret Sanger lui demande d'écrire un article pour sa revue sur le contrôle des naissances. "Stérilisations eugéniques : Un besoin urgent" paraît donc en avril 1933 et décrit les mesures d'hygiène raciale prise en Allemagne. Toujours en 1933, mais en juin, Leon Whitney, auteur et psychiatre américain, ira jusqu'à louer les mérites des allemands et de leur programme de stérilisations sélectives et de purification raciale.

1933 justement, Avec l'arrivée des nazis au pouvoir, Ernst Rüdin trouve enfin un poste à la hauteur de ses espérances et est nommé par le Ministre de l'Intérieur Wilhelm Frick, responsable des recherches sur l'hygiène raciale pour tout le Reich. Pour mener à bien sa nouvelle tache, Rüdin prend la direction du Deutscher Verband für Psychische Hygiene und Rassenhygiene. Le psychiatre imagine la loi Gesetz zur Verhutung Erbkranken Nachwuchses vom 14. Juli 1933 (loi sur la prévention des désastres héréditaires du 14 juillet 1933) qui est mise en application le 05 janvier 1934. Ce texte prévoit ni plus ni moins la possibilité pour des cours spéciales de demander la stérilisation d'individus définis comme étant "tarés" (Schizophrènes, alcooliques, malades mentaux, aveugles, handicapés physiques...).

Ernst Rüdin cherche à purifier la race allemande ce qui va parfaitement dans le sens des théories raciales nazies. Les Lois de Nuremberg sur l'Honneur et le Sang Allemand promulguées en 1935, sont elles aussi des applications directes des théories eugéniques édictées par Rüdin, qui pose ainsi les fondements théoriques qui donneront lieu à l'aktion T-4 et à la Shoa. Rüdin declarera un jour : "Ce n'est que grâce [au Führer] que notre rêve de plus de trente ans, celui d'appliquer l'hygiène raciale à la société, a pu se réaliser".

A 65 ans, le jour de son anniversaire, Rüdin est décoré sur ordre d'Hitler, de la Goethe-Medaille für Kunst und Wissenschaft (médaille de Goethe pour l'Art et les Sciences). Frick lui fait parvenir un télégramme de félicitations : "Au pionnier de l'hygiène raciale et au méritant protagoniste des mesures d'hygiène raciale du IIIe Reich, j'envoie mes sincères félicitations pour son 65e anniversaire. Que vous puissiez poursuivre vos recherches pour le bénéfice de l'humanité pour de longues années à venir".

En 1944, Rüdin sera décoré une seconde fois et surnommé par le Reichkanzler, "l'éclaireur des champs de l'hérédité raciale". Rüdin, décédera paisiblement en 1952 sans jamais avoir été inquiété...

 

 

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