STANGL Franz Paul
Altmunster 1908 - Düsseldorf 1971

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Franz Stangl est Autrichien. Il voit le jour à Altmunster le 26 mars 1908. Dès son plus jeune âge, il est confronté à la violence et à la brutalité de son père, ancien soldat dans la cavalerie impériale. Le jeune garçon fréquente l'école avec parcimonie et finit par la quitter pour suivre un apprentissage professionnel. Il devient tisserand.

En 1931, notre homme décide de s'engager dans les rangs de la police autrichienne. Sérieux dans son travail et doué d'un sens remarquable de l'organisation, il grimpe assez vite les échelons et devient inspecteur dans la police criminelle. Il est affecté dans la police politique, où il est chargé de suivre de près les actions subversives des opposants d'extrême droite, dont les nazis, comme d'extrême gauche.

Avec l'Anschluss en 1938, Strangl prend rapidement du galon. En novembre 1940, il participe à l'Aktion T-4 comme membre de l'équipe de surveillance du centre de mise à mort d'Hartheim. Fort de l'expérience acquise pendant T-4, il part ensuite pour la Pologne où il sert sous les ordres d'Odilo Globocnik. En mars 1942, il est affecté à Sobibor comme commandant de camp. La région faiblement peuplée avait été désigné par l'administration SS pour y construire un camp d'extermination. Les travaux étaient réalisés sous la direction du SS-Obersturmführer Richard Thomalla. Le site retenu était situé sur la ligne de chemin de fer Chelm-Wlodawa. Avant de prendre son commandant, Franz Stangl est envoyé à Belzec par Globocnik afin de profiter de l'expérience de son camarade SS Christian Wirth, dit "Christian le sauvage", un autre ancien de T-4. Les premiers gazages de juifs sont réalisés en avril 1942 à l'aide de monoxyde de carbone. Stangl peut compter sur une vingtaine de SS (dont de nombreux anciens de T-4) et environ une centaine de gardes ukrainiens pour faire fonctionner le camp.

En septembre 1942, notre homme, entre-temps promu au rang de SS-Obersturmführer, prend la tête du camp de Treblinka où il remplace le SS-Obersturmführer Imfried Eberl. Il y est épaulé par un adjoint cruel et terrifiant, le SS Kurt Franz (autre ancien de T-4). Dés son arrivée, et conformément aux directives de Himmler visant à accélérer le "traitement" des juifs du Gouvernement Général (ordre du 19 juillet 1942), Stangl ordonne la construction d'une nouvelle chambre à gaz. En six à huit semaines, des travailleurs esclaves, juifs et ukrainiens pour la plupart, bâtissent un vaste bâtiment contenant dix chambres à gaz. La nouvelle installation permet alors de traiter 4.000 détenus, les anciennes 600... Pour accroître le rendement de son camp, Franz Stangl prend la décision de faire fonctionner toutes les chambres à gaz, les anciennes comme les nouvelles. A l'automne 1943, après la révolte des prisonniers de Treblinka, Franz Stangl et une partie de son staff quittent la Pologne et rejoignent la région de Trieste.

Stangl est momentanément assigné au terrible camp de San Sabba. Toujours sous les ordres de Globocnik, devenu chef suprême de la SS et de la police en Istrie, il ensuite est chargé d'organiser la lutte contre les partisans qui se battent le long de la côte adriatique. L'ancien chef de camp est basé dans la région de Fiume, où il mène une traque sans pitié aussi bien contre les résistants que contre les juifs locaux.

En 1945, à la fin de la guerre, Stangl quitte le Nord de l'Italie pour rentrer en Autriche. Appartenant à la SS, il est arrêté par les troupes américaines du général Patton. Notre homme est emprisonné, mais ses geôliers ne savent rien de sa participation à la Solution Finale. Ce sont les autorités autrichiennes, enquêtant sur l'institut d'Hartheim, qui découvrent pendant l'été 1947 le pot aux roses. Franz Stangl est alors transféré à la prison civile de Linz, attendant d'y être jugé. Cependant, en mai 1948, il parvient à s'échapper et à rejoindre la capitale italienne.

Sur place, il bénéficie de l'aide de monseigneur Alois Hudal (qui permettra à de nombreux nazis de s'enfuir). Ce dernier lui obtient un laissez - passer de la Croix Rouge Internationale. Stangl, qui camoufle sa réelle identité, se réfugie alors en Syrie, à Damas, destination prisée des anciens nazis. Sur place, il travaille comme ingénieur, bientôt rejoint par sa famille. En 1951, les Stangl émigrent au Brésil, autre havre de paix pour les nazis en fuite. Cette fois-ci, l'ancien chef de camp s'installe sous sa réelle identité et va même jusqu'à s'inscrire au consulat d'Autriche local ! appuyé par les très influents réseaux nazis d'Amérique Latine, Franz Stangl trouve du travail à l'usine Volkswagen de Sao Paulo. Néanmoins, petit à petit la rumeur enfle autour de la présence au Brésil d'un SS qui serait responsable de milliers de morts. Stangl est identifié. La traque débute en 1961. Le SS est finalement interpellé par la police brésilienne le 28 février 1967 puis est extradé dès le mois de juin vers la République Fédérale d'Allemagne.

Son procès se tient à Dusseldorf, l'homme est accusé de la mort de plus de 900.000 personnes, juives dans leur immense majorité. Au cours des audiences, le SS déclare : "J'ai ma conscience pour moi. J'ai simplement rempli mon devoir". Le verdict tombe le 22 décembre 1970 : perpétuité. Stangl achèvera sa vie derrière les barreaux. Il décède d'un arrêt cardiaque le 28 juin 1971, à l'âge de 63 ans.

 

 

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