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TIXIER
Adrien | Yannis KADARI | en ligne depuis : Décembre 2000 | © www.1939-45.org |
Adrien Tixier est né dans le Limousin. Il grandit dans la petite commune rurale de Folles en 1893. Fils de forgeron et d'un mère sans emploi, il travaille dans les champs pour quelques agriculteurs du coin tout en allant à l'école. Il se passionne pour la littérature et notamment les auteurs du 19e siècle. Intelligent, Adrien est remarqué par son instituteur qui parvient à convaincre son père de le laisser poursuivre ses études. C'est ainsi que le jeune Adrien quitte son village et devient élève maître à l'Ecole Normale des instituteurs de Châteauroux. Son comportement est exemplaire. Il montre dans ses études un goût pour le travail sérieux, doublé d'un sens de la méthode et de l'ordre. Il mène ensuite sa carrière de jeune instituteur avec autant d'attention comme le démontre les félicitations régulières qu'il reçoit des inspecteurs d'académie. L'année 1914 amène en Europe la Première Guerre Mondiale. La France mobilise ses "poilus". Adrien Tixier, déclaré apte au combat, rejoint un régiment d'infanterie de ligne. En août 1914, il se bat dans ce que l'on a coutume d'appeler "la bataille des frontières". Gravement blessé par des éclats d'obus, Adrien est évacué vers l'arrière où il doit être amputé du bras gauche. Il est cité à l'Ordre de l'Armée, fait Chevalier de la Légion d'Honneur, et est décoré de la Croix de Guerre et de la médaille militaire. Adrien se remet et achève sa convalescence début 1915. Son statut de blessé de guerre l'autorise à demander une nouvelle période de convalescence, mais Tixier s'y refuse et demande dès 1915 à retrouver ses écoliers. Ce sera chose faîte l'année même. En 1920, Adrien Tixier, qui avait fait la connaissance d'Albert Thomas dans les associations d'anciens combattants de 1914-18, quitte l'éducation nationale est rejoint le Bureau International du Travail à Genève. Il prend un peu plus tard la direction de cet organisme associé à la Société des Nations (SDN). En septembre 1939 la Seconde Guerre Mondiale éclate. Depuis la Suisse Adrien se tient aux nouvelles et organise assez souvent des réunions d'informations au profit des Français vivant à Genève. En juin 1940, Adrien Tixier, toujours à Genève, prend connaissance de la décision du maréchal Pétain de demander l'armistice au IIIe Reich. Cette nouvelle accable encore un peu plus l'ancien combattant qu'est Tixier. Il envoie un télégramme au maréchal Pétain le suppliant de poursuivre la lutte depuis les territoires de l'Empire, aux côtés de Angleterre. Mais bientôt l'armistice est signée et les Allemands s'emparent d'une bonne partie du pays. Pour notre homme vient le temps de prendre une décision : restera-t'il en Suisse ou s'engagera t'il dans la lutte contre l'Allemagne nationale-socialiste ? Dès juillet 1940, Tixier quitte Genève et traverse la France, présentant de faux papiers aux nombreux contrôles de la feldgendarmerie. Au cours de son voyage il prend la mesure du désastre et du désarroi dans lequel le pays se trouve plongé... Un court séjour chez les siens, puis ils quittent l'hexagone. Tixier traverse l'Espagne, le Portugal, puis arrive en Grande-Bretagne par bateau. A Londres, il fait connaissance avec le général de Gaulle qui le charge d'une mission à vocation diplomatique et politique. Tixier quitte alors l'Europe pour les Etats-Unis d'Amérique. Il y devient l'un des représentants de la délégation de la France Libre auprès de l'administration Roosevelt. Si de Gaulle est peu apprécié pat l'hôte de la Maison Blanche, Tixier qui réside alors à Washington passe pour être un interlocuteur valable, intellectuellement honnête et scrupuleux. En 1943, il part pour Alger à la demande de de Gaulle afin d'y prendre le poste de commissaire aux affaires sociales. En 1944, il revient enfin en France après quatre années. Adrien Tixier est nommé Ministre de l'Intérieur en septembre 1944. Sa tache consiste à rétablir au plus vite et au mieux la légalité républicaine dans une France meurtrie et désorganisée. Il est ensuite élu en septembre 1945 conseiller général du canton de Bessines, puis député de Haute-Vienne et président du Conseil Général. Marié, sans enfants, Il décède en 1946 à Limoges où il est inhumé.
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