VARGAS Getulio Dornelles
Sao Borja 1883 - Rio de Janeiro 1954

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Getulio Dornelles Vargas voit le jour le 19 avril 1883 à Sao Borja, état brésilien du Rio Grande do Sul. Il grandit dans une famille argentée dont de nombreux membres sont actifs en politique. A seize ans, le jeune Getulio prend la décision de s'engager dans l'Exército. Il se ravise puis opte finalement pour un cursus juridique. En 1908, il passe avec succès son diplôme à l'école de Droit de Porto Alegre. Il entre en politique dès 1909 en rejoignant la liste du "Partido Republicano". Il fait campagne sous la bannière du gouverneur Borges de Medeiros. Il est élu en 1913 comme représentant à l'assemblée du Rio Grande do Sul ; poste auquel il est reconduit en 1917. En 1922, il brigue et obtient le mandat de député fédéral du Rio Grande do Sul au sein du Congrès National.

En 1926, Vargas devient ministre de la santé, de l'économie et des finances sous le mandat de Washington Luis Pereira de Souza. Il prend un certain nombre de mesures novatrices dans le Brésil des années 20. On citera notamment : le paiement des jours fériés, une nouvelle réglementation des contrats de travail, l'affranchissement juridique des brésiliennes, la décentralisation des administrations fiscales, etc. Ses positions le rendent très populaires auprès des classes ouvrières qui voient en lui le modernisateur de l'économie nationale. En réalité le jeune ministre ne touche pas ou peu au statut des entreprises. Pire, il limite ses réformes sociales au point que les habitants pauvres des zones rurales n'en profitent pas.

En 1928, il renonce à son poste de ministre, quitte le gouvernement de Washington Luis et devient gouverneur du Rio Grande do Sul. Depuis cette position, il fait campagne pour les élections présidentielles de 1930. Getulio constitue un puissant mouvement d'opposition au gouvernement central qu'il baptise "Aliança Liberal". Vargas s'engage notamment à lutter contre la corruption et les malversations électorales dont souffre le Brésil de manière endémique. Il prône entre autres choses l'instauration du vote à bulletins secrets ainsi que le suffrage universel. Malgré une campagne très active, Vargas est battu. Il accuse ses opposants d'avoir fraudé et demande l'ouverture de plusieurs enquêtes fédérales. Rien n'y fait, ses recours sont tous successivement rejetés.

Bien qu'acceptant a priori sa défaite, il fomente un coup d'état dès le mois d'octobre. Dans le plus pur style Sud-américain, avec l'aide de ses amis nationalistes et des militaires, il parvient à s'emparer des leviers du pouvoir ; le 03 novembre 1930, il destitue Washington Luis. Dans la foulée, Getulio s'auto-proclame président à titre provisoire et refuse bien entendu de réunir l'assemblée comme la constitution l'exige. En 1932, l'Etat de Sao Paulo riposte par le biais de ce que l'on appelle la "Révolution Constitutionnelle". Vargas réprime ce soulèvement avec l'aide des forces fédérales. En politicien habile, il ordonne ensuite la constitution d'une assemblée qui lui offre la légitimité lors de la cession du 17 juillet 1934...

Cependant, l'opposition est de plus en plus active. Getulio Vargas décide de trancher le noeud gordien. Le 10 novembre 1937, à nouveau avec le concours de l'armée, il déclenche une seconde révolution. Gouvernement et assemblées sont dissous. Des opposants sont emprisonnés, les partis politiques sont interdits, la presse est censurée et toutes les élections sont reportées sine die. Vargas proclame officiellement la naissance de "l'Estado Nôvo", sorte de dictature ayant de fortes ressemblances avec celle mise en oeuvre par le Duce en Italie.

"L'Estado Nôvo" est un état corporatiste qui imite dans ses grandes lignes le modèle économique portugais. Vargas encourage le développement industriel lourd et met en place le Conseil National du Pétrole et de la Sidérurgie. La diversification de l'agriculture et un meilleur partage des terres sont aussi au programme. Néanmoins les résultats ne sont guère probants et pour beaucoup, Vargas ne prend que des mesures démagogiques et inefficaces. Sur le plan social, le dictateur poursuit les réformes initiées de 1926 à 1928. Des mesures sont prises et des lois sont promulguées visant à stabiliser le marché du travail, à instaurer le salaire minimum ainsi qu'à mettre en place un embryon de prévoyance sociale. Là aussi le succès n'est pas au rendez-vous.

En 1939, la Seconde Guerre Mondiale éclate. Getulio Vargas profite de la position stratégique du Brésil pour passer des accords avec les Etats-Unis d'Amérique. L'armée brésilienne reçoit des armes selon le principe du "Lend-Lease". Le 28 janvier 1942, le Brésil rompt ses relations diplomatiques avec le IIIe Reich et l'Italie, puis le 22 août, Vargas annonce l'entrée en guerre du pays contre Berlin et Rome. Non seulement la marine et l'aviation mettent en oeuvre des patrouilles pour traquer les U-Boote, mais le président ordonne la constitution d'un corps expéditionnaire terrestre et aérien pour rejoindre les forces alliés en Europe. Les soldats brésiliens se battent avec bravoure en Italie. Cette lutte aux côtés des démocraties occidentales plonge Getulio Vargas dans un profond embarras. Il faut dire que la problématique est de taille ! Comment le Brésil peut-il se battre pour la démocratie alors que la nation est elle-même dirigée par un dictateur ? Cette question ébranle très fortement la position du président. Conscient de ses futures difficultés, Vargas cherche à la fin de l'été 1945 à gagner du temps. Il promet de prochaines élections démocratiques ainsi qu'une nouvelle constitution.

Cependant le 29 octobre 1945 un coup d'état renverse le dictateur. Dans l'euphorie de la victoire sur l'Axe, un irrésistible élan démocratique naît au Brésil. Le général Eurico Gaspar Dutra remplace Vargas et devient président à son tour. Qui se soucie alors du fait que Dutra est un ami intime de Vargas... Si le pays veut en finir une bonne fois avec la dictature, Vargas reste quant à lui très populaire. Ce dernier le sait mieux que quiconque. En effet, malgré ses échecs parfois retentissants, Getulio continue à incarner la modernisation de la nation pour des millions de brésiliens. On n'efface pas des années de propagande en quelques mois. Ainsi se fait-il élire en décembre 1945 au poste de sénateur du Rio Grande do Sul, son état natal.

En 49, Getulio Vargas repart en campagne pour les nouvelles élections présidentielles sous la bannière du Parti Travailliste Brésilien (PTB pour "Partido Trabalhista Brasileiro"). Il se mesure à plusieurs adversaires, dont Eduardo Gomes chef de file de l'UDN et Cristiano Machado leader du PSD.

En 1950, Vargas remporte les élections avec plus d'un million de voix d'avance ! Il retrouve ses fonctions de président le 31 janvier 1951. Néanmoins le Brésil souffre d'une grave crise économique. Le taux d'inflation est galopant et les scandales financiers succèdent aux scandales administratifs. Pour ne rien arranger l'ex-dictateur est confronté à une puissante opposition née de l'atomicité des partis. Ces derniers font, défont et refont leurs alliances au gré des opportunités à saisir. La politique de Getulio Dornelles Vargas reste au point mort. Législativement paralysé, disposant d'une marge de manoeuvre réduite, il ne peut tenir ses promesses électorales. Les classes ouvrière et moyenne lui deviennent ouvertement hostiles. Acculé, Getulio Vargas glisse progressivement vers des positions nationalistes et tente de mettre en place une économie autarcique.

Son objectif est simple : reconstituer l'assise de son pouvoir et donc reconquérir sa popularité. Sa méthode ? Rendre responsable le reste du monde des maux du Brésil. Ainsi, malgré de nombreux avis contraires, il fonde la compagnie d'état Petrobas qui nationalise les puits de pétrole jusqu'alors exploitées par des sociétés étrangères. Il procède de la même manière avec Eletrobras qui devient la compagnie nationale de production électrique. Ces décisions cèlent non seulement l'isolement de Vargas sur l'échiquier politique international mais fragilisent encore un peu plus l'économie brésilienne. Les investisseurs étrangers échaudés et méfiants se retirent en masse. Le Brésil s'enfonce dans le rouge.

Début 1954, une nouvelle crise naît avec la découverte de malversations au sein du Ministre du Travail alors dirigé par un protégé de Vargas, João Goulart. Ce dernier est contraint à la démission. Le 05 août 1954, le Brésil apprend le meurtre d'un major de la Força Aérea Brasileira réputé pour être un opposant de Vargas. A cela, s'ajoute une tentative de meurtre sur la personne du journaliste d'opposition Carlos Lacerda. Les enquêtes établissent de nombreux liens entre les criminels responsables de ces actes et les services de protection rapprochée du Président. Les généraux appellent solennellement Getulio Vargas à la démission. Parallèlement une procédure de destitution est engagée à son encontre. Vargas tente une dernière fois de négocier avec les militaires par le biais de son ministre de la défense. Sans résultat... les officiers restent inflexibles : Vargas doit abandonner le pouvoir.

Incapable de se maintenir, Getulio Dornelles Vargas prend la décision de démissionner. Il se suicide le 24 août 1954 à Rio de Janeiro.

 

 

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