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L'année décisive de la Deuxième Guerre Mondiale. L'année au cours de laquelle les puissances de l'Axe vont connaître leurs plus grands triomphes suivis de leurs plus lourds échecs. Sur le front de l'Est, les troupes allemandes, figées par le froid, paraissent un temps ne pas être en mesure de s'opposer à la contre-offensive de l'Armée rouge. Cependant, les Soviétiques manquent encore de formation, de matériel. L'hiver n'est pas non plus sans gêner leurs manuvres. Hitler, à coup de limogeages de généraux, a imposé à la Wehrmacht une résistance sans faille. Sur 1.600 km de front, par des températures oscillant de - 25 °c à - 50°c, les Allemands parviennent à contrer les mouvements adverses. En avril, l'offensive de Staline doit s'arrêter. Le secteur de Moscou a été définitivement dégagé. Les Russes ont progressé de plus de 150 km. 150.000 km² de territoires ont été récupérés. Une cinquantaine de divisions allemandes ont été décimées, obligeant le Führer à rameuter 36 divisions d'Europe de l'Ouest. A Rastenburg, les dirigeants allemands sont contraints d'admettre que Barbarossa a échoué. L'Armée rouge se renforce de jour en jour, en raison de la forte productivité des usines de l'Oural et de l'aide anglo-américaine matérialisée par les convois de Mourmansk. Cela dit, les convois alliés à destination de l'U.R.S.S sont soumis aux constantes attaques de la Kriegsmarine, qui peut compter sur ses bases de Norvège. Les convois PQ-12, PQ-15 et PQ-16 sont malmenés. Le convoi PQ-17, constitué en juin 1942, est anéanti : 23 navires coulés sur 34. Il faudra aux Alliés modifier leurs codes et leurs itinéraires, ainsi que procéder au renforcement des forces de couverture, pour qu'enfin, à la fin de l'année, les convois puissent arriver presque sans encombre dans les ports soviétiques. C'est qu'entre-temps les marines alliées ont fort à faire. L'entrée en guerre des Etats-Unis est une aubaine pour les amiraux allemands, qui vont enfin pouvoir s'en donner à cur joie et transformer l'Atlantique en cimetière naval. En janvier 1942, les U-Boote ont envoyé par le fond 416.000 tonnes de marchandises ; 652.000 tonnes en février ; 795.000 tonnes en mars ; 665.000 tonnes en avril ; 705.000 tonnes en mai, l'apogée étant atteinte en juin : 824.000 tonnes La moyenne mensuelle se maintiendra ensuite à 600.000 tonnes. La tactique des meutes, l'utilisation du code "Requin", non décrypté par les Britanniques, le manque d'expérience des Américains pour la guerre de convois, expliquent ces succès éblouissants. La Grande-Bretagne est-elle condamnée à l'asphyxie ? Elle a déjà fort à faire en Afrique du Nord, où Rommel, après une longue retraite, a reçu des renforts et est reparti à l'attaque depuis le 22 janvier 1942. La Royal Navy subit un revers terrible au même moment, lorsque des hommes-grenouilles italiens infiltrés dans le port d'Alexandrie minent deux cuirassés et un cargo, aggravant ainsi la déconfiture que connaît la Marine de Sa Majesté depuis quelques mois en Méditerranée La VIIIe armée britannique reflue vers l'Egypte. Faute de moyens, Rommel doit attendre le mois de mai pour reprendre son attaque. Le 26, l'Afrika Korps perce les lignes alliées à hauteur de Gazala, vers Tobrouk. En dépit d'une contre-attaque de chars américains, les forces de l'Axe enfoncent le dispositif adverse. Seule la résistance des Français Libres du général Koenig à Bir Hakeim permet d'éviter la destruction totale de l'armée anglaise. Mais elle n'est pas en mesure de sauver le port de Tobrouk, pris d'assaut le 20 juin, conquis le 21. Les généraux britanniques ont souhaité évacuer la ville, Churchill a refusé. Bilan : les Axistes capturent 35.000 hommes, 70 chars, de nombreux stocks de carburant et de munitions Les 4/5e de l'Afrika Korps rouleront en matériel allié. Ce désastre incalculable plonge la Grande-Bretagne dans la stupeur et la consternation. L'Egypte est donnée pour perdue, l'administration anglaise locale a déjà commencé à brûler ses archives, les indépendantistes arabes reprennent du poil de la bête. Rommel a été nommé Maréchal. Mussolini se voit déjà caracoler à Alexandrie sur son cheval blanc. Cette succession de défaites alliées tombe au moment où l'Armée rouge subit désastres sur désastres. Alors qu'au début du mois de mai Von Manstein nettoie la Crimée de toute présence soviétique, Staline donne au général Timochenko l'ordre de s'emparer de Kharkov. Le général, non sans avoir protesté, s'exécute : il ne faudra pas deux semaines aux Panzers pour encercler ses troupes, mettant hors de combat 1.200 chars et plus de 250.000 hommes Pour achever la litanie des revers, la XIe armée du général Vlassov, enlisée dans les marécages du Volkhov sur le front de Leningrad, sera définitivement anéantie en juillet. Sur une centaine de milliers d'hommes, les Allemands feront 32.000 prisonniers. Le reste pourrira dans les marécages. Vlassov, pour sa part, ulcéré par la politique stalinienne, se mettra au service des nazis. Ces défaites russes servent les plans de Hitler. Ce dernier a en effet d'autres objectifs pour la campagne de 1942. Il lui faut terrasser l'Union soviétique afin d'être en mesure de contrer les Anglo-Saxons, avant que l'effort de guerre des Etats-Unis ne devienne insurmontable. Le Führer a l'idée de lancer l'élite de ses troupes à la conquête du Caucase, pour s'emparer des puits de pétrole. La machine de guerre soviétique tomberait en panne d'essence. Hitler espère ainsi en finir au plus tôt. Il ne compte pas encore sur les armes miracles, bien que les essais des fusées allemandes soient concluants. Il est vrai que le 04 juin 1942, les savants atomistes allemands ont expliqué au Ministre nazi de l'Armement, Albert Speer (qui a remplacé Fritz Todt depuis la mort de ce dernier en début d'année), que la construction d'une bombe atomique n'était pas envisageable. Et pourtant ! Les Américains depuis le 16 décembre 1941, sont engagés dans le Projet "Manhattan" (l'obtention de l'arme nucléaire), quel qu'en soit le coût (il atteindra 2 milliards de dollars). Tous les savants réfugiés dans les pays alliés sont mis à contribution. A Chicago, le scientifique Enrico Fermi construit la première pile atomique de l'Histoire qui produit de l'énergie grâce à la réaction en chaîne. Cette découverte scientifique a révélé la possibilité pour l'homme d'organiser une réaction en chaîne. Et par conséquent, de fabriquer la Bombe. Mais cela, Hitler l'ignore, et il ne verra jamais les résultats de la course à l'armement nucléaire, course perdue par l'Allemagne sans doute parce que ses savants répugnaient à offrir l'arme absolue aux mains du dictateur nazi. En attendant, le plan de campagne allemand pour 1942 est le suivant : effort massif vers le Caucase, avec nécessité de la prise de Stalingrad, ville nichée entre le Don et la Volga, pour couvrir les forces engagées dans le Sud. Les contre-offensives soviétiques du mois de mai ont retardé la date de l'attaque. De même Von Manstein, après son succès à Kertch, a-t-il du au préalable s'emparer de l'inexpugnable Sébastopol. La garnison alignait près de 106.000 hommes protégés par un réseau de 3.600 places fortes et bunkers. Les Germano-Roumains alignaient quant à eux 204.000 hommes (pour toute la Crimée), 670 canons de 76 mm à 420 mm, 655 canons antichars, 720 mortiers, 450 chars. Sans parler des mortiers géants montés sur rails "Karl", "Gamma" et "Dora" Il a fallu un mois de féroces combats aux Axistes pour s'emparer de la ville. Von Manstein, une fois de plus, a triomphé, mais ce succès a été obtenu au prix d'un retard dans la mise à exécution des projets allemands pour le Caucase. Le 28 juin 1942, l'armée allemande passe à l'assaut. Les lignes soviétiques sont éventrées. Mais cette fois, les Russes, parfaitement informés des plans allemands grâce à leurs services d'espionnage, changent de méthode et amorcent des replis continuels de manière à éviter les encerclements recherchés par les généraux allemands. Il est vrai qu'ils n'ont guère les moyens de tenir sur place : Staline croit encore que les Allemands n'ont pas renoncé à Moscou et maintient ses réserves blindées autour de la capitale. Les succès allemands confortent l'optimisme de Hitler. "Les Russes sont finis !" déclare-t-il le 15 juillet. Et le 23, il adresse à ses officiers la directive n° 45 : la 4. Panzer Armee, qui devait appuyer la 6. Armee du général Paulus pour s'emparer de Stalingrad, est envoyée dans le Sud, pour accélérer la chute du Caucase. Conséquence : la 6. Armee, privée de chars et de carburant, va marquer le pas pendant deux semaines. Les embouteillages monstres engendrés par cet ordre portent un coup d'arrêt fatal aux forces allemandes en plein mouvement vers la Volga. De plus, Von Manstein et sa 11. Armee sont envoyés dans le nord, face à Leningrad. Dernière décision du même jour, lourde de conséquences : l'envoi de deux divisions d'élite, la SS Leibstandarte et la GroßDeutschland, en Europe occidentale. Pourquoi une telle décision ? C'est qu'à l'époque, les Alliés ont lancé un vaste plan d'intoxication à destination des forces d'occupation allemandes. Les rumeurs sur une invasion alliée se multiplient. Hitler finira par tomber dans le panneau. Les rumeurs n'étaient à dire vrai pas si infondées. Les Britanniques et les Américains ont mis sur pied divers projets d'offensive contre l'Allemagne nazie. Roosevelt a obtenu à grand peine des Etats-Unis qu'ils se lancent d'abord dans la croisade contre le IIIe Reich. Les Américains envisagent un débarquement massif en Europe occidentale. Les Anglais se récusent : trop risqué. Les Alliés se mettent d'accord : la prochaine action aurait lieu en Afrique du Nord, histoire de tomber dans le dos de Rommel. Et de répondre aux exigences soviétiques de l'ouverture immédiate d'un second front. Les Britanniques doivent également tenir compte des demandes canadiennes d'intervention. Le Premier Ministre canadien, McKenzie King, ne répond pas de sa survie gouvernementale en cas d'inaction des conscrits canadiens. Une opération combinée destinée à montrer que les Alliés pouvaient se permettre de prendre d'assaut le Mur de l'Atlantique alors en pleine ébauche est mise sur pied. Elle consiste en un débarquement de 6.000 Canadiens dans le secteur de Dieppe. L'opération se déclenche le 19 août. Les Allemands, sur les nerfs en raison des multiples rumeurs sur un débarquement allié, ont infiltré la Résistance locale et s'attendent à un "coup de main". Ils parviennent à anéantir les formations canadiennes. Cette défaite alliée tombe alors que les Allemands déclenchent leur assaut contre Stalingrad et sont sur le point de s'emparer de la totalité du Caucase. Faute de troupes, conséquence de l'ordre hitlérien du 23 juillet 1942 qui a divisé ses efforts, la Wehrmacht n'aura ni l'un, ni l'autre. L'armée allemande est arrivée trop loin pour pouvoir continuer. L'exploit sportif des alpinistes allemands qui parviennent, le 21 août 1942, à planter le drapeau à svastika au sommet du mont Elbrouz, le toit du Caucase (5.633 m d'altitude), est un beau cadeau pour la Propagande allemande, mais qui ne saurait dissimuler le fait que les troupes nazies sont dans l'impasse. Bien qu'ayant pris Maïkop le 09 août, le général Kleist ne parviendra pas à s'emparer des puits de pétrole. Bien qu'étant arrivé dans les faubourgs de Stalingrad à la mi-août, le général Paulus ne parviendra jamais à contrôler la totalité de la ville. Stalingrad est d'abord réduite à l'état de ruines par la Luftwaffe, ce qui permet aux combattant soviétiques de se camoufler dans ces bastions improvisés. La 6. Armee de Paulus s'engage dans des combats de rue impitoyables dans lesquels le terme de "Bliztkrieg" perd tout son sens. L'objectif des Allemands est d'atteindre la rive gauche de la Volga, par où transitent les armes et les renforts à destination de la garnison russe. S'ils parviennent à contrôler cette zone, Stalingrad est perdu, et le Caucase du même coup, puisque coupé du reste de l'U.R.S.S. Les Soviétiques l'ont parfaitement compris, et résistent avec acharnement, en recourant à tous les moyens du bord. Les commissaires politiques font régner la terreur sur les arrières. Plus de 13.000 soldats soviétiques seront passés par les armes pour renforcer la discipline. L'un des acolytes personnels du maître du Kremlin, Nikita S. Khrouchtchev, a été envoyé sur place pour faire appliquer l'ordre stalinien n° 227 en date du 28 juillet : "Plus un pas en arrière". La terreur, la propagande, l'appel aux valeurs de la Sainte Russie (Staline a mis un bémol aux persécutions religieuses) ne sont pas sans succès. L'Armée rouge tient le choc. Mais la 6. Armee aggrave sa pression. Stalingrad tombera-t-il ? Pas si sûr. Les généraux soviétiques ont un plan en tête : encercler l'armée allemande par trop engagée dans la ville. Encore faut-il que la garnison tienne jusqu'à la date prévue. Le durcissement de la résistance soviétique a également une autre cause : la politique d'atrocités allemande. Les SS ont prévu de réduire en esclavage les Slaves pour assurer le triomphe de la race aryenne. Dans le même temps, Hitler ne tient pas à ce que les juifs survivent à la guerre devenue mondiale. Le 20 janvier 1942, conformément à ses instructions reçues du Guide de la Nation allemande, le chef du RSHA, Reinhard Heydrich, et quatorze haut-fonctionnaires représentant les divers ministères et agences gouvernementales concernés se réunissent à Wannsee pour déterminer les modalités de l'extermination de la totalité des juifs d'Europe. Il est d'abord prévu d'éliminer les juifs polonais et les juifs allemands, puis les juifs d'Europe occidentale (France et Pays-Bas). Des camps de la mort dotés de chambres à gaz sont mis sur pied en Pologne : Chelmno est déjà entré en activité en décembre 1941. Les premiers gazages seront effectués à Belzec en mars 1942, à Sobibor en mai, à Treblinka en juillet. Le camp de prisonniers d'Auschwitz est à son tour transformé en camp de la mort la même année. Bien pourvu en voies de communications et en installations homicides, il finira par prendre le pas sur tous les autres camps. Dans toute l'Europe, la traque commence. Déjà fichés, contraints à porter l'étoile jaune, les juifs sont une proie facile pour l'appareil répressif du IIIe Reich. Cela étant dit, les SS doivent parfois composer avec les autorités locales. Ainsi en France : Vichy refuse dans un premier temps de livrer les juifs français. Devant l'insistance des Allemands, qui ont des quotas à respecter, le chef du gouvernement, Pierre Laval, promet de livrer les juifs étrangers, enfants inclus. Le jeudi 16 juillet 1942, la police française arrête 12.884 juifs en région parisienne. La seule déception pour les SS provient du fait que 28.000 juifs devaient être arrêtés Les juifs de la zone dite libre ne sont pas épargnés : arrestations de masse - toujours effectuées par la police française - du 26 au 28 août. 7.000 personnes sont envoyées dans le camp de transit de Drancy, en attendant l'ultime voyage pour la Pologne. Au total, 42.000 juifs seront déportés pour l'année 1942. Ce alors que la communauté juive de Pologne est éradiquée (1.750 000 morts de 1942 à 1943), que les Einsatzgruppen SS usent des camions à gaz homicides en Union soviétique, que les juifs allemands déportés en Lituanie et en Biélorussie à l'hiver 1941 sont supprimés, que les juifs hollandais sont déportés à leur tour Et ainsi de suite. L'Ordre nouveau se met en place, à base de régimes collaborateurs (Pétain en France, Pavelic en Croatie, Quisling en Norvège, Tiso en Slovaquie ) et de renforcement des systèmes répressifs. Le chef du RSHA, Heydrich, est victime d'un attentat de la part de la Résistance tchèque le 27 mai (il mourra le 04 juin). En représailles, les SS massacrent la population mâle le village de Lidice, déportant femmes et enfants dans les camps de concentration. Mais ces représailles n'empêchent nullement la Résistance de se renforcer dans toute l'Europe : réseaux d'espionnage, sabotage, guérilla (majoritairement en Europe de l'Est), etc.. Les Allemands sont contraints de mettre en place des unités anti-partisans en Russie, en Yougoslavie, en Grèce. Les divers partis communistes d'Europe, suite à l'invasion de la Russie, sont entrés en effet dans la lutte armée. Par ailleurs, les Britanniques montent en Europe de l'Ouest des réseaux chargés de désorganiser les arrières des troupes allemandes au jour du Débarquement. De même lancent-ils d'audacieuses opérations commando : saisie d'un radar allemand dernier modèle à Bruneval le 27 février 1942, destruction de la cale de St-Nazaire le 28 mai, destructions de cargos à Bordeaux en décembre Mais partout, les difficultés rencontrées par les divers mouvements de Résistance sont les mêmes : manque d'armes, manque d'unité. En France, Jean Moulin, mandaté par De Gaulle, amorce l'unification des mouvements. Non sans mal. De Gaulle n'a pas encore la légitimité requise. Cette légitimité, Roosevelt la lui refuse. Il a d'abord couvert Pétain, pour empêcher Hitler de se saisir de la flotte française. A présent, il compte sur un général évadé d'Allemagne, Henri Giraud. Les Américains s'efforcent de jouer toutes leurs cartes pour assurer le succès du débarquement en Afrique du Nord. Ils négocient avec des officiers français dissidents de l'Armée d'Afrique tout en se montrant prévenants avec Pétain. Et le 08 novembre, les Américains et les Britanniques débarquent enfin en AFN. Par malchance, l'amiral Darlan, l'homme lige de la collaboration militaire franco-allemande, est présent à Alger, au chevet de son fils malade. De sorte que les forces françaises résistent à l'assaut allié. L'armistice est conclu le même jour. Voici les Alliés obligés de composer avec Darlan. Son assassinat dans des circonstances jamais complètement élucidées le 24 décembre 1942 satisfera tout le monde. A commencer par Giraud, investi leader français en Afrique du Nord par les Américains, au grand dam du général De Gaulle. Face au débarquement allié, la réaction allemande est fulgurante : occupation de la Zone libre (qui aura pour conséquence le sabordage de la Flotte française à Toulon), envoi de troupes aéroportées en Tunisie. Il s'agit de venir en aide à Rommel, en retraite depuis l'Egypte. Celui-ci a bien tenté de conquérir l'Egypte à l'été 42, mais a commis une erreur, suite à son triomphe de Tobrouk : avoir incité Hitler à ne pas s'emparer de Malte, s'estimant assez fort pour venir à bout de Britanniques. Conséquence : il serait stoppé par la VIIIe armée britannique du général Auchinleck en juillet 1942 au cours de la première bataille d'El-Alamein. Churchill voulait plus que cela : la destruction de l'Afrika Korps. Il avait destitué Auchinleck, le remplaçant par Wilson à la tête du théâtre méditerranéen et le général Gott à la tête de la VIIIe armée. Gott, victime d'un accident d'avion, avait laissé la place à Montgomery. Qui avait réorganisé ses troupes, de sorte qu'en octobre, lors de sa contre-offensive, les Alliés se battaient à 2 contre 1. L'Afrika Korps et les unités italiennes, pour leur part, étaient par trop affaiblies, combats d'été et Malte obligent. Rommel, épuisé, était reparti en Allemagne. Il serait vite rappelé. Pour cause d'offensive de Montgomery, déclenchée le 23 octobre 1942. L'attaque britannique aboutit le 04 novembre à ce que Rommel, désobéissant aux ordres du Führer, engage le repli de ses forces laminées et épuisées. Ce qui importe pour lui, c'est de rejoindre la poche formée en Tunisie pour évacuer ses troupes. L'Axe est vaincu en Afrique. Il l'est également en Russie. Le 21 novembre 1942, l'Armée rouge effectue une percée au nord et au sud de Stalingrad. L'opération "Uranus" ne vise rien de moins que l'encerclement de la 6. Armee. Les Soviétiques ont attaqué le point faible du front axiste, tenu par les contingents roumains et italiens. Le 23 novembre, l'encerclement est réalisé. Impossible de l'évacuer : un repli aboutirait à la chute de la ville et permettrait aux Soviétiques d'isoler les forces aventurées dans le Caucase. D'ailleurs, Hitler se refuse à accorder tout repli. La Luftwaffe se chargera du ravitaillement aérien, au prix de difficultés infinies (climat, DCA, chasse soviétique). Et Von Manstein, nommé à la tête d'un groupement improvisé, le Groupe d'Armées Don, aura pour mission de sortir Paulus du "chaudron". Ce sera un échec. Paulus refusant par ailleurs de prendre sur lui et d'évacuer la ville. La 6. Armee, usée par les combats de rue, sera progressivement annihilée, par les Soviétiques, par le froid, et par la faim. Les signes de l'Apocalypse sont là. Les Alliés ont amorcé leurs raids de terreur sur les villes allemandes, en commençant par Lübeck, Rostock, et surtout Cologne (opération "Millenium" du 30 mai 1942), victime du raid des "mille bombardiers" (1.047 pour être exacts). En dépit de l'opposition marquée du Clergé et de la plupart des chefs militaires, Churchill et le nouveau chef du Bomber Command, Arthur Harris (nommé à ce poste le 22 février) maintiennent cette politique, qui vise à saper l'économie allemande et plonger le peuple qui a porté Hitler aux nues dans l'effroi le plus total. Au 31 décembre 1942, l'Allemagne a subi des revers éclatants. Comme l'a dit Churchill, "ce n'est peut-être pas le commencement de la fin, mais c'est la fin du commencement".
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