Sur le front italien

Fin 1943, la situation en Italie reste indécise et les alliés se heurtent à Kesselring retranché sur la ligne de défense nommée " Gustav " et qui dispose à ce moment de 15 divisions :Les alliés disposant pour eux de 18 divisions. Le débarquement à Anzio opéré par le général Alexander, commandant du XVe groupe d'armée, qui avait pour but de soulager la ligne " Gustav " est un échec (le général Lucas, commandant du 6e corps, préférant consolider sa tête de pont se retrouve en effet encerclé par von Mackensen et sa XIVe Armée). Les routes 6 et 7 menant à Rome restent de la sorte toujours inaccessibles.

Les assauts contre la ligne " Gustav " s'enchaînèrent de janvier à mai 1944 sans bénéfices probants. Le corps expéditionnaire français, au cours de ces attaques, montra une valeur combattante admirable. Le général Monsabert s'empara en janvier de Monna Casale et du Belvedere.

Afin de briser les défenses allemandes, les forces engagées furent réorganisées en vue de l'offensive. La VIIIe armée britannique devait enfoncer le front sur le Mont Cassin (Monte Cassino) et progresser sur Rome le long de la route n°6. La Ve armée américaine devait franchir le Garigliano en coordonnant ses opérations avec le 6e corps débarqué devant Anzio. Leur but était de progresser sur Rome via la route n°7.

Le corps français, relevé en mars de leur position située au nord du Mont Cassin, avait rejoint une position plus au sud sur le Garigliano. Le corps expéditionnaire français (CEF) du maréchal Juin était maintenant formé. Il comprenait la 2e DIM, la 3e DIA, la 4e DMM (général Sevez), la 1re DFL (général Brosset) et deux groupes de tabors marocains (général Guillaume). L'offensive fut lancée dans la nuit du 11 au 12 mai. Le 8e tirailleurs de la 2e division marocaine du général Molle enfonça un coin en s'emparant du Mont Majo, le principal point de défense du système allemand. Le CEF s'engouffra dans la brèche en traversant les monts Aurunci et Ausoni avant de rejoindre la route Arce-Gaete. Ce mouvement rendit possible la jonction entre le 2e corps et le 6e corps américain et permit à la VIIIe armée britannique de se porter sur le Liri.

Ce sont les polonais du général Anders qui prirent d'assaut le Mont Cassin. Le 17 mai, les paras allemand du général Heidrich qui tenait la position sont débordés par les français et opèrent un repli. Le 18, les polonais entraient dans les ruines du monastère préalablement bombardé par les alliés. 4 000 trouvèrent la mort dans cette attaque. La ligne César enfoncée, Rome tombe le 4 juin 1944.

 

Débarquement et bataille en Normandie

Après la débarquement en Italie, il semble évident qu'une autre action est à mener directement proche du Reich allemand afin d'écourter la guerre. Le Mur de l'Atlantique restait à être ouvert. Le choix de la Normandie s'impose assez naturellement : le Pas de Calais, proche des côtes britanniques et de la Ruhr, poumon économique de l'Allemagne est trop puissamment défendue. La Normandie, plus éloignée est plus sûr et possède un " Hinterland " (arrière-pays) naturel se prêtant à ce type d'opération de grande envergure et la nécessité d'un port, en l'occurrence celui de Cherbourg, était une des leçons tirées de l'échec de Dieppe en 1942. L'opération " Fortitude " d'intoxication menée à bien, et l'état allemand convaincu que l'attaque aurait lieu sur le Pas de Calais, " Overlord " pouvait commencer. Après avoir été repoussée pour cause de mauvais temps, l'invasion de la Normandie débuta le 6 juin à 2h00.

3 divisions aéroportées américaines et britanniques sont lancées dans la région de Caen et entre Valogne et Carentan pour assurer un meilleur débarquement des troupes à l'aube. 5 divisions (1 britannique, 1 canadienne, 2 américaines) sont débarquées au matin sur la côte entre l'embouchure de la Dives et jusqu'à celle de la Vire. Les premiers groupes débarqués étaient des commandos dont un constitué de français :celui des fusiliers marins du commandant Kieffer. La préparation d'artillerie fut opérée par les batteries des navires en mer. A la fin du jour J, tous les objectifs n'étaient pas atteints, notamment à Utah Beach où les forces américaines se heurtèrent à une vive résistance. Toutefois, près de 200 000 hommes avaient réussi à débarquer à la suite des troupes d'assaut. La bataille de Normandie pouvait commencer.

L'action de la résistance française a facilité la progression alliée en ralentissant les forces allemandes en provenance du nord et du sud de la France. A cela il faut ajouter l'attitude de l'Etat-major allemand qui considérait cette attaque comme une diversion. Les allemands portèrent leurs efforts sur le côté gauche des alliés, sur la IIe armée britannique qui, le 7 juin, avait pris Bayeux et qui ne pouvait plus progresser efficacement. Le 7e corps américain, quant à lui, continuait son avancée et s'empare de Carentan le 12 juin, de Barneville-sur-Mer le 18, isolant 40 000 allemands dans la péninsule du Cotentin. Valognes tombe le 20 et Cherbourg le 27 mais ses installations resteront inutilisables jusqu'à l'automne et seul le port artificiel mis en place à Arromanches fonctionnera.

L'offensive, à partir de ce moment, se ralentit et ce n'est que le 9 juillet que la Haye-du-Puits tombe. Le 19, c'est au tour de St-Lô de connaître la Libération.

Le 8 juillet, les britanniques lancent une forte attaque sur Caen et la ville est prise le 9. Montgomery chercha à exploiter au maximum cette offensive sur l'Orne mais l'attaque au delà ne put aboutir face à des défenses allemandes constituées loin en profondeur. Le 25 juillet était lancée en offensive importante par les alliés. Résultat : prise de Coutances le 29, Avranches et Granville le 31 alors que la IIe armée britannique poussait à la retraite les forces allemandes aux environs de Caumont.

Le 1er août, Patton dépasse la Ire Armée et fonce au sud. Le 8e corps d'armée de Middleton opère alors un mouvement à l'ouest et entre en Bretagne mais les FFI se trouvaient déjà maîtres des zones rurales et comptaient pas moins de 3 000 allemands prisonniers. La IIIe armée progresse le long des vallées de la Sarthe et de la Mayenne. Le 15e corps, quant à lui, s'oriente vers le nord, nord-est.

Le 4 août, Dempsey prend Villers-Bocage et le 7, l'Orne était rejointe au nord de Thury-Harcourt par les britanno-canadiens. Cet état de choses mettait la VIIe armée allemande dans une position difficile, prise en tenaille, elle risquait l'encerclement. Von Kluge, qui avait remplacé von Rundstedt après la prise de Cherbourg, cherche à contre-attaquer et le 7 août il lance 4 divisions blindées entre Mortain et Sourdeval, sur un front d'une dizaine de kilomètres. Toutefois, cet assaut fut brisé en 2 jours.

Le 13 août, la 5e et la 2e DB prennent Argentan. Les canadiens prennent Falaise le 16. Devant le risque grandissant d'encerclement, les restes de l'armée allemande tente alors d'échapper au piège. 70.000 allemands ont été pris, tués ou prisonniers mais de 20 000 à 40 000 soldats de la Wehrmacht s'échappèrent. Von Kluge se suicidera à la suite de cet échec.

 

Débarquement au sud et libération de la France

Dans la nuit du 14 au 15 août, des forces conjointes americano-françaises étaient débarquées sur la Provence. Dans la région de St Raphaël, Ste Maxime et Cavalaire ce sont 3 divisions américaines du 6e corps de la VIIe armée du général Patch qui se jettent dans la bataille le 15 août. Le 16, la Iere armée de De Lattre débarque à St Tropez et Cavalaire (la 3e DIA de Montsabert, la 1ere DFL de Brosset, la 1ere DB de du Vigier constituant le 1e échelon). Le 2e échelon (9e DIC de Magnan, la 2e DIM d Dody, la 4e DMM de Servez, les tabors marocains de Guillaume, la 5e DB de Vernejoul, la bataillon de Gambiez :260 000 hommes, 7 divisions dont 2 blindées) arriva entre le 20 et le 24. La 1ere DFL et la 9e DIC prennent Toulon le 20 sous l'autorité de De Larminat. Avec l'appui des canonniers de la " Lorraine " et de croiseurs, les canons du cap Cepet de Giens et de Porquerolles sont réduits au silence. Hyères tombe le 22 ainsi qu'Aubagne et Grenoble, libérée par les américains et le 28, les allemands se rendent à Marseille. Le 2 septembre, la Ire armée française atteint St Etienne et Lyon suit le mouvement le lendemain.

Model, le successeur de von Kluge renonce à l'idée de poser une ligne de résistance sur la Seine. Les alliés souhaitent contourner Paris pour éviter des combats de rue et foncer au plus vite sur l'Allemagne. A ce moment, la victoire est prévu pour la fin de l'année. La résistance dans Paris décide l'insurrection le 19 août malgré le précédent de Varsovie qui en fait trembler plus d'un. Le 22 la 2e DB de Leclerc est autorisée à entrer dans Paris. Le 23 elle totalise une avancée de 200 km ! qui la porte à Rambouillet. Le 24, l'ordre d'attaque est donné :deux colonnes s'élancent l'une sur Sèvres, et l'autre sur Fresnes. Le 25, la division entre dans Paris et progresse vers le centre. La 4e division américaine apporte son soutien sur Vincennes. Von Choltitz, le commandant du Groß Paris est capturé après avoir refusé d'exécuter les ordres de Hitler de destruction générale de Paris. Le 26 août, De Gaulle défile triomphalement sur les Champs Elysées et échappe à un attentat.

 

Fin de la bataille de France et contre-offensive des Ardennes

La IIe armée britannique libère Bruxelles le 3 septembre et Anvers le 4. Au même moment, la Ire armée américaine prend Liège après avoir franchi la Meuse à Dinant. La VIIe armée américaine, avec la Ire armée française avancent vers Dijon et Besançon. D'âpres combats se déroulèrent pendant 10 jours (du 3 au 13 septembre) au niveau d'Autun. Le 12 septembre s'établissait la jonction entre les forces débarquées en Normandie et celle débarquées en Provence à Montbard. Nancy est libérée le 15 septembre par la IIIe armée. Eisenhower, trop prudent dans sa progression a empêché la guerre de se finir plus tôt.

Le temps perdu dans l'avancée des troupes alliées a été mis à profit par les allemands pour renforcer leurs défenses. Montgomery met alors au point une opération aéroportée qui a pour but de former des têtes de pont au delà des fleuves et des rivières afin de permettre la progression vers la Ruhr de la IIe armée. A Arnehm, la 1re division aéroportée fut isolée et obligée de se rendre au 2e corps de Panzer SS. Montgomery fut contraint de réduire les poches allemandes constituées par son offensive, ce qui fut terminé en novembre.

Le 21 octobre la ligne Siegfried, l'homologue allemande de la ligne Maginot, est atteinte par les américains. Aix-la-Chapelle est libérée le même jour. Metz le 22 bien que certains forts résisteront jusqu'au 13 décembre. Le 14 novembre, De Lattre attaque en direction de la Haute Alsace. Le lendemain la 1re DB atteint le Rhin. Belfort reste toutefois aux mains allemandes. Un mouvement des troupes françaises permet l'encerclement des allemands qui se trouvaient entre Belfort et Mulhouse, les contraignant à la reddition. Le 23 novembre, Leclerc libère Strasbourg, honorant son serment de Koufra.

Toutefois, le 16 décembre 1944, les allemands lancent une contre-offensive avec leurs réserves dans les Ardennes. Progressant sur le nord du Luxembourg et le sud-est de la Belgique, ils atteignent Dinant. Les américains, surpris, reculent. St Vith résistera jusqu'au 22 décembre mais Bastogne tenue par des hommes de la 101e aéroportée tiendront. Les 24 et 25 décembre, les alliés lancent une contre-attaque. Bastogne est dégagée par la 3rd US Army de Patton les 26 et 27. Toutes les poches allemandes de cette offensive seront réduites à la fin janvier 1945.

 

Front de l'Est

L'armée rouge, mieux équipée et un second front ouvert à l'est, reprend l'offensive à l'été 1944 sur quatre fronts. A la moitiè du mois de juillet, les allemands ont été obligés d'évacuer la Biélorussie et la moitié du nord-est de la Pologne. En août, les Etats baltes sont attaqués et Tallin est prise. L'arrivée de Model comme chef du groupe d'armée Centre renforce la résistance allemande. Varsovie, prévoyant une libération très proche, se soulève et le 1er août la quasi-totalité de la ville est aux mains des insurgés de l'Armée secrète du général Bor. Ce soulèvement est écrasé dans le sang par les troupes allemandes. Au même moment, on assiste à un début de fixation des troupes sur la Vistule

Au sud, le 30 août, les champs pétrolifères de Ploesti (Roumanie) sont pris par les soviétiques. Le 31, Bucarest est libérée. La VIe armée allemande encerclée en Bessarabie doit se rendre. Le 11 octobre, Cluj (Transylvanie) est prise par les soviétiques.

 

A l'arrière

Le 22 mars 1944, les allemands attaquent le plateau des Glières où sont regroupés des résistants. Le 26, les hommes du lieutenant Tom Morel sont vaincus. Le 26 avril 1944, Pétain effectue une visite à Paris à l'occasion d'un bombardement de la ville et sur invitation allemande. Ce sera la seule fois, pendant toute l'occupation, que le Maréchal se rendra dans la capitale française. Une foule importante se massera sur son parcours.

Le 10 juin, des hommes du bataillon d'éclairage de la 2. Panzer-Division SS "Das Reich" massacrent les habitants d'Oradour-sur-Glane en Haute-Vienne après avoir pendu 99 civils à Tulle le 08.

Le 13 juin, le premier V1 tombe sur la Grande-Bretagne.

A l'annonce du débarquement en Normandie, le maquis du Vercors passe de 500 à 4.000 hommes. Le 19 juillet 1944, les Allemands passent à l'attaque. Le 23 juillet, le maquis est anéanti et compte 600 morts.

Le 20 juillet 1944, un attentat est commis contre Hitler. Nombre d'officiers importants sont compromis cet événement engendrera une purge au sein du corps des militaires proches de Hitler qui échappe de peu à la mort.

Le 7 septembre, le Maréchal Pétain et son gouvernement s'installent au château de Sigmaringen en Allemagne.

 

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